L'Ecolo Marie Nagy paie cher ses positions sur la laïcité

Marie Nagy ©doc rv

Marie Nagy, en froid avec son parti notamment après la publication d'une carte blanche sur la laïcité, a été démise de ses fonctions de cheffe de file des écologistes à Bruxelles.

Marie Nagy a été démise de ses fonctions de cheffe de file des écologistes à Bruxelles.

Au coeur du problème, la position d’Ecolo sur la neutralité religieuse. "La violence m’a surpris", revient Marie Nagy, visiblement émue au lendemain de l’annonce de son éviction en tant que cheffe de groupe de la section bruxellois des écologistes.

Une décision prise jeudi soir à 9 votes pour et 2 contre (ainsi qu’une abstention) et qui est, en façade du moins, motivée par la publication d’une carte blanche dans les colonnes du Soir. La conseillère communale à la Ville de Bruxelles y pointe ses craintes de voir le parti devenir le porte-drapeau d’un retour du religieux. Il est notamment question dans son argumentaire d’une interview de l’eurodéputé Philippe Lamberts dans laquelle celui-ci revient sur sa foi. Marie Nagy se demande aussi dans son billet si on ne on disqualifie pas délibérément la laïcité "en lui imputant une volonté de discriminer la communauté musulmane."

Il ressort de mails internes que l’Echo a pu consulter que les tensions étaient déjà vives au sein de la section locale, et ne portaient pas uniquement sur des questions de vision en matière de neutralité religieuse mais étaient également liées à des tensions interpersonnelles. Dans l’acte d’éviction, il est notamment fait mention d’un processus de médiation "mené depuis plusieurs mois", et que l’ex-cheffe de groupe aurait, selon la locale, voulu torpiller en publiant sa carte blanche.

Formalisme

Amère, la conseillère dit avoir demandé depuis près de 6 mois un débat au sein du parti sur la sa ligne en matière de neutralité. Chose que dément sa co-présidente de parti Zakia Khattabi: "On a débattu en bureau politique sur l’inscription de la laïcité dans la constitution.

Marie n’est pas venu à ce débat", conteste-t-elle, arguant qu’aucune demande émanant de la conseillère communale n’était jamais arrivée sur le bureau du conseil de fédération.

Marie Nagy s’étonne devant autant de formalisme, alors qu’elle avait soumis une demande abordant notamment ce point dans un e-mail envoyé mi-janvier aux membres du bureau de la locale de Bruxelles, au secrétariat régional et aux co-présidents. Voilà qui commence à bien faire, pour Zakia Khattabi, qui tient à tuer dans l’oeuf toute polémique sur la place de la neutralité au sein du parti.

"On a avec nous des laïcs et des athées des plus hardcore et militants, si je puis-dire, ainsi que des croyants profonds. Mais à aucun moment ça n’a été déterminant dans les prises de décisions politiques du parti"
Zakia Khattabi

"Moi je demande qu’elle me mette sur la table des positionnements dans des dossiers où l’on peut soupçonner Ecolo d’avoir pris des positionnements qui sont religieux." Reste que Marie Nagy n’est en tout cas pas la première à crier au manque de clarté en la matière. En janvier, le conseiller à la Ville Michaël François avait lui quitté Ecolo, dénonçant un "angélisme" sur des questions connexes.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés