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L'immobilisme bruxellois met les nerfs des chauffeurs LVC à l'épreuve

Bruxelles a déjà connu plusieurs manifestations de chauffeurs LVC cette année. ©Photo News

Qu’en est-il du Plan taxis promis avant les congés d’été par Rudi Vervoort? Les plateformes s’impatientent et rappellent cet engagement du gouvernement bruxellois.

Le gouvernement bruxellois avait promis un Plan taxis pour les vacances d’été. Or le dernier conseil des ministres se tient ce jeudi et on ne détecte toujours aucune fumée blanche. Contraints de travailler dans un flou juridique complet et mis sous pression par la menace de sanctions, les chauffeurs des applications partagées comme Uber et Heetch sont à bout.

"On promet aux chauffeurs une réforme, mais nous sommes le 14 juillet et on ne voit toujours rien venir."
Laurent Slits
CEO d'Uber Belgique

"On promet aux chauffeurs une réforme, mais nous sommes le 14 juillet et on ne voit toujours rien venir. Au lieu de cela, les chauffeurs sont contrôlés, reçoivent des avertissements, des convocations auprès de Bruxelles-Mobilité et même des amendes", s’inquiète Laurent Slits, CEO d'Uber Belgique. "Comment travailler dans de telles conditions alors que les gens commencent à retourner au travail et que tout est en train de rouvrir progressivement?"

Guerre de tranchées

Depuis 2014, les compagnies de taxis et les applications comme Uber et Heetch se livrent une guerre de tranchées, avec la Région bruxelloise comme arbitre. Un rôle d’autant plus difficile à assumer pour l’exécutif qu’il est profondément divisé sur le dossier. La ligne de fracture traverse en particulier le camp socialiste avec d’un côté la fédération bruxelloise emmenée par Ahmed Laaouej qui défend les taxis et de l’autre Pascal Smet dont les tentatives de réformes ont échoué.

La réforme du secteur avait pourtant été inscrite dans l’accord de gouvernement de 2014, puis dans celui de 2019. Un coup d’accélérateur est venu le 15 janvier 2021, lorsque la Cour d'appel de Bruxelles a estimé que l'application Uber X violait la règlementation bruxelloise applicable aux taxis.

Le 1er mars, Bruxelles-Mobilité a envoyé une note aux sociétés de LVC (location de voiture avec chauffeur), rappelant l'interdiction de l’utilisation d’un smartphone pour les voitures de location. Cette interdiction est apparue tellement grotesque qu’elle a fait les titres des journaux étrangers. C’est d’ailleurs ce qui a poussé les chauffeurs LVC à manifester leur exaspération dans les rues de la capitale le 28 mai.

En réponse, le ministre-président Rudi Vervoort (PS) a promis de venir avant les vacances d’été avec un Plan taxis moderne et complet. On attend toujours…

"Le niveau de stress et de lassitude est très important. Jusqu’ici, les chauffeurs n’ont été reçus que lorsqu’ils manifestent."
Laurent Slits
CEO d'Uber Belgique

Laurent Slits : "Aujourd’hui, on est toujours dans le flou complet. Ce n’est pas à la justice, mais au gouvernement bruxellois de se saisir du dossier. Et il a tous les éléments en main pour avancer, y compris une étude de Deloitte qu'il a lui-même commanditée."

La société de consultance a en effet finalisé en février 2020 une étude qui pose les jalons d’une réforme globale du secteur, avec notamment un statut unique et des règles communes à appliquer pour tous les types de transport rémunéré de personnes.

Pas encore d’actions en vue

À ce stade, il n’est pas encore question de lancer des actions. "Ce n’est pas prévu. Cependant, les chauffeurs sont soumis à une pression extrêmement grande", prévient Laurent Slits. "Le niveau de stress et de lassitude est très important. Jusqu’ici, les chauffeurs n’ont été reçus que lorsqu’ils manifestent."

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