L'ULB veut développer les partenariats public-privé

©France Dubois

L’Université libre de Bruxelles a élaboré un plan stratégique afin d’affronter les défis à l’horizon 2030. Pour le président de son conseil d’administration, Pierre Gurdjian, l’ULB doit dépasser son modèle de financement actuel. Le développement des partenariats public-privé est encouragé.

L’Université libre de Bruxelles vient de publier son tout premier plan stratégique. Élaboré pendant 30 mois par les acteurs de l’institution, mais aussi des parties prenantes externes, ce document doit lui permettre de "pouvoir se projeter dans un monde qui change en étant un acteur de son destin plutôt qu’en subissant les évolutions", commente le président du conseil d’administration de l’université, Pierre Gurdjian.

Financement

Parmi les nombreux défis identifiés dans ce texte de près de 50 pages figure la délicate question des ressources financières.

Pour rappel, en Fédération Wallonie-Bruxelles, le financement des universités est essentiellement public. À en croire une récente étude de l’UNamur, il est nettement inférieur par étudiant à celui dans les régions limitrophes. De moins de 8.000 euros (courants) par jeune en FWB, il atteint environ 10.000 euros en Flandre et en Allemagne, tandis qu’il dépasse les 14.000 euros aux Pays-Bas.

"Le modèle de financement des universités ne permet pas d’assurer leur pérennité."
Pierre Gurdjian
Président du CA de l’ULB

Les dirigeants de l’ULB, dont le budget est financé à près de 80% par la FWB et le Fédéral, n’entendent toutefois pas se laisser décourager par cette réalité.

"Nous avons de grandes ambitions en termes de développement de l’université. Aujourd’hui, force est de constater que le modèle de financement en Belgique, et plus particulièrement en communauté française, ne permet pas d’assurer leur pérennité", pose M. Gurdjian.

Tout en mettant l’accent sur le besoin criant d’un refinancement de l’enseignement supérieur, le plan stratégique exhorte l’université àne pas rester passive face à ses besoins propres. Le développement de sources alternatives de financement y est présenté comme "indispensable" afin de lui permettre d’assurer ses missions et de soutenir la comparaison avec les universités européennes.

"Nous avons toute une série de collaborations qui se passent de façon équilibrée et cela montre que c’est un vecteur de croissance important".
Pierre Gurdjian

Mais où trouver des fonds supplémentaires? La poursuite de l’ouverture de l’université aux partenariats public-privé, dans un cadre contrôlé, est l’une des pistes envisagées. "Il faut juste créer un mode de collaboration respectant les spécificités des différents partenaires. Il est très important pour l’ULB de préserver sa liberté académique, qui est son socle fondamental, mais cela n’empêche pas du tout la possibilité de travailler avec d’autres acteurs, qu’ils soient publics, associatifs ou privés", affirme M. Gurdjian.

"Nous avons toute une série de collaborations qui se passent de façon équilibrée et cela montre que c’est un vecteur de croissance important", ajoute-t-il.

La mobilisation en nombre des anciens étudiants, tout comme la mise en place de campagnes ciblées de levée de fonds autour d’enjeux sociétaux, constituent d’autres pistes de financement que l’université entend étudier dans les prochaines années.

Synergie avec la VUB

Outre cet aspect financier, le plan stratégique de l’ULB aborde une série de thématiques allant de la recherche à l ‘enseignement, en passant par la numérisation ou le développement de partenariats. Dans ce cadre, l’université bruxelloise affirme entre autres sa volonté de réussir le développement de CIVIS, une collaboration transnationale d’universités civiles européennes.

La VUB? "Il n’est pas impossible qu’on puisse imaginer dans le futur un rapprochement institutionnel, bien que ce soit évidemment compliqué dans le cadre de la Belgique."
Pierre Gurdjian

À Bruxelles, où elle entend poursuivre la consolidation de son ancrage, l’université francophone continuera par ailleurs à collaborer intensément avec la VUB. Actuellement, les deux institutions travaillent ensemble de façon "tout à fait naturelle" autour d’un portefeuille de quelque 70 projets.

"Il n’est pas impossible qu’on puisse imaginer dans le futur un rapprochement institutionnel, bien que ce soit évidemment compliqué dans le cadre de la Belgique", explique M. Gurdjian. "Pour nous, ce n’est pas tant le cadre qui importe, mais plutôt notre capacité à collaborer de façon pratique sur des sujets", précise-t-il.

Destinées à servir de cadre de référence à l’ULB durant la prochaine décennie, les différentes orientations contenues dans CAP 2030 seront traduites en plans d’actions détaillés. Plusieurs d’entre eux, comprenant un plan de développement immobilier et un plan climat, ont d’ores et déjà été approuvés par le conseil d’administration de l’université.

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