La Banque nationale lance un mégaprojet immobilier

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La BNB mettra bientôt en vente, au cœur de Bruxelles, l’immeuble où est logée son imprimerie. La première étape d’un projet immobilier de grande ampleur avec, à la clé, de plantureuses plus-values pour l’État et les petits actionnaires de la banque.

Les grands espaces de bureaux dont dispose la Banque nationale de Belgique (BNB) autour de son majestueux siège du boulevard de Berlaimont, à Bruxelles, vont connaître d’importants changements au cours des prochaines années. La première opération consistera à vendre l’immeuble où elle imprime des billets de banque. Au début de 2020, la BNB cessera en effet ses activités d’imprimerie faute de pouvoir les rentabiliser suffisamment. Cet arrêt sera compensé par une joint-venture conclue avec les banques centrales du Portugal et d’Autriche.

La BNB va donc céder, d’une part, les équipements d’imprimerie qui, vu leur caractère sensible, ne peuvent être vendus qu’à d’autres banques centrales, et, d’autre part, l’immeuble de quelque 20.000 m². La procédure de cession est en cours, a-t-on appris. Le porte-parole de la BNB, Geert Sciot, a confirmé nos informations.

"Nous ne disposons pas en interne d’une expertise suffisante."
Geert Sciot
Porte-parole de la BNB

Pour mener à bien ces différentes opérations, la BNB fera appel aux services d’un consultant. "Nous ne disposons pas en interne d’une expertise suffisante", fait remarquer Geert Sciot. Selon nos informations, le spécialiste bruxellois de l’immobilier d’entreprise, Freestone, tient la corde. Mais la BNB précise que sa décision n’a pas encore été prise.

Pouvoir acquérir un bâtiment d’une telle ampleur – et d’une telle facture (des œuvres de l’architecte Marcel Van Goethem) sans pour autant être protégé – à deux pas de la gare Centrale et de la Grand-Place est une occasion qui se présente rarement sur le marché immobilier. Le prix d’achat pourrait donc être très élevé.

Les projets immobiliers de la BNB ne s’arrêtent pas là. À Zellik, elle construit un nouveau cash center et un complexe de coffres où le processus logistique de mise en circulation des billets de banque sera automatisé en grande partie. Actuellement, ces opérations sont encore effectuées au siège, mais les exigences à respecter en termes d’accessibilité et de sécurité les rendent de plus en plus compliquées.

En 2023, la BNB lancera une rénovation en profondeur de son siège bruxellois et adaptera ses méthodes de travail, notamment en aménageant des bureaux paysagers.

Une fois que le bâtiment sera terminé à Zellik, sans doute en 2023, la BNB lancera une rénovation en profondeur de son siège bruxellois et adaptera ses méthodes de travail, notamment en aménageant des bureaux paysagers. Ce projet devrait durer de cinq à six ans. Durant cette période, le personnel sera hébergé à un autre endroit que la BNB recherche déjà activement. "Nous avons reçu quelques offres. La décision devrait tomber bientôt", précise encore Geert Sciot.

Après la transformation du siège, la BNB cédera également son immeuble de l’autre côté du boulevard de Berlaimont, BNB2 dans le jargon de la banque. Cette opération devrait avoir lieu aux alentours de 2028. Un bâtiment de la rue de la Chancellerie, qui est encore loué en partie actuellement, ne sera donc également plus nécessaire.

"Tous ces projets menés au centre de Bruxelles nous mèneront à ne plus posséder que quelque 87.000 m², contre plus de 200.000 m² actuellement", souligne Geert Sciot. "Nous pouvons réduire notre voilure en raison des restructurations, de la diminution des effectifs et de l’évolution de nos activités ". La BNB, qui employait encore environ 3.000 travailleurs il y a deux décennies, se dirige vers un personnel réduit à 1.700 à 1.800 collaborateurs. Et tout le monde ne pourra plus prétendre à avoir son propre bureau.

1.700
La BNB, qui employait encore environ 3.000 travailleurs il y a deux décennies, se dirige vers un personnel réduit à 1.700 à 1.800 collaborateurs.

À terme, il ne restera donc que le siège en tant que tel, le cash center à Zellik et le musée de la rue Montagne aux Herbes potagères. De tous les sièges régionaux, il ne subsiste déjà plus que l’immeuble à Courtrai. Plus personne n’y travaille. Mais la BNB le conserve comme éventuel lieu de repli. Les immeubles à Liège et à Hasselt ont déjà changé de propriétaire. En 2014, la succursale à Anvers a été cédée en vente publique pour 7 millions d’euros.

Le bâtiment BNB2 est trois fois plus grand que l’imprimerie et tout aussi bien situé. La vente de cet immeuble devra donc rapporter encore plus à la BNB. Jusqu’à présent, la banque n’a redistribué à ses actionnaires qu’une partie limitée des plus-values réalisées sur la vente de son immobilier. Va-t-elle changer cette politique à l’avenir? La BNB ne dévoile pas ses cartes. "Nous ne pouvons pas encore nous prononcer à ce sujet", répond Geert Sciot en rappelant que la BNB est une société cotée.

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