La Commission européenne va quitter la moitié de ses bâtiments

La Commission européenne va réduire le nombre de bâtiments qu'elle occupe pour s'adapter aux nouvelles habitudes de travail et réduire son empreinte carbone. ©Photo News

D'ici 2030, la Commission européenne projette de passer de 50 à 25 bâtiments en Région bruxelloise. Elle n'aura plus d'implantations en dehors du quartier européen et de Rogier.

La volonté de la Commission européenne de rationaliser son portefeuille immobilier à Bruxelles n'est pas neuve. En 2007, déjà, il était question de concentrer l'activité autour de Schuman et sur trois autres sites maximum, notamment en regroupant les services dans un nombre inférieur de bâtiments plus vastes. Une stratégie qui n'a pas pu être pleinement implémentée jusqu'ici, notamment en raison des lenteurs urbanistiques de la Région bruxelloise.

Le plan d'aménagement directeur (PAD), loi qui doit permettre de construire des immeubles plus hauts et de renforcer la mixité de fonctions dans le quartier européen, n'a ainsi toujours pas été adopté. Loin d'être abandonnée, cette stratégie de rationalisation semble, au contraire, connaître une accélération puisque la Commission planifie désormais d'abandonner tous ses sites satellites d'ici à 2030.

Télétravail

Cette accélération, on la doit vraisemblablement à la crise du Covid: depuis mars 2020, la majorité des employés de la Commission européenne travaillent à leur domicile. Dans la nouvelle stratégie de ressources humaines, qui n'est pas encore finalisée, il est question de poursuivre le télétravail massif au-delà de la crise sanitaire, avec au moins deux jours en présentiel par semaine.

Finis les bureaux attitrés, les employés rejoindront des espaces partagés et modulables. Comme bon nombre d'entreprises, la Commission opte donc pour le "flex desk". À ce stade, il est prévu de supprimer 20% des postes de travail.

La gestion des bâtiments pour la prochaine décennie repose sur trois axes: une réduction de l'empreinte carbone, une optimalisation de l'espace et le regroupement des différentes DG dans des pôles thématiques.

Recentralisation

Cette nouvelle façon d'organiser le travail va de pair avec la nouvelle politique de gestion des bâtiments développée par l'Office pour les infrastructures et la logistique (OIB) pour la prochaine décennie. Celle-ci repose sur trois axes: une réduction de l'empreinte carbone, une optimalisation de l'espace et le regroupement des différentes DG dans des pôles thématiques.

580.000
mètres carrés
Actuellement établie sur une surface totale de 780.000 m² en Région bruxelloise, la Commission européenne entend réduire cette surface à 580.000 m² d'ici à 2030.

Concrètement, il s'agit de concentrer tous les pôles autour de l'axe Loi et aux abords du Cinquantenaire, et d'abandonner tous les autres sites: Genève, Beaulieu et Champ de Mars. En dehors du quartier européen, seul Rogier serait maintenu et développé pour accueillir l'ensemble des agences exécutives.

Dès 2021

Selon nos informations, la Commission amorcera le regroupement des pôles dans le quartier européen dès 2021, ce qui implique de délaisser la plupart des bâtiments du site Beaulieu à Auderghem, où les contrats de bail arrivent à échéance. Les trois bâtiments de la rue de Genève à Evere seront tous désertés dans les années à venir. À partir de 2025, la Commission européenne remettra également sur le marché immobilier toute une série de biens situés sur l'axe Loi.

L'objectif de cette politique immobilière 2021-2030 est de passer de plus d'une cinquantaine de bâtiments à seulement 25 en Région bruxelloise, en une décennie. La surface totale occupée par la Commission européenne passera alors de 780.000 m² à 580.000 m². Concernant les économies réalisées, l'OIB ne dispose à ce jour que d'une estimation assez large, comprise entre 280 et 440 millions d'euros.

"La Commission s'efforce de mettre en place une administration verte, numérique et moderne offrant au personnel un bon environnement de travail."
Un porte-parole de la Commission européenne

"Plans indicatifs"

Contactée, la Commission européenne n'a pas confirmé cette volonté de réduire de moitié le nombre de buildings occupés, ni de quitter ses implantations satellites à l'horizon 2030. "La Commission adapte constamment sa politique immobilière aux nouvelles réalités et besoins. La Commission s'efforce de mettre en place une administration verte, numérique et moderne offrant au personnel un bon environnement de travail. La politique immobilière prendra en compte l'impact Covid avec une utilisation plus large et plus généralisée du télétravail et les objectifs du Green Deal européen afin de réduire son empreinte carbone", commente un porte-parole.

Il précise que la politique immobilière sera déployée sur 10 ans (au rythme de l'échéance des baux ou de l’achat de nouveaux bâtiments) et que les plans sont indicatifs et sujets à d'éventuels ajustements ou modifications en fonction de la réaction du marché immobilier.

"Une réunion avec le commissaire européen en charge de cette matière est programmée avec le ministre-président bruxellois, le commissaire à l'Europe de la Région bruxelloise et moi-même dans les semaines à venir."
Pascal Smet
Secrétaire d'État bruxellois chargé des Relations européennes.

Dialogue avec les autorités bruxelloises

Pas d'affolement perceptible du côté bruxellois, où l'équipe de Rudi Vervoort (PS) ne souhaite pas commenter un plan qui n'a pas encore fait l'objet d'une décision. Pascal Smet (one.brussels) affirme toutefois être en dialogue permanent avec la Commission.

"Nous sommes parfaitement au courant de leurs intentions. Une réunion avec le commissaire européen en charge de cette matière est programmée avec le ministre-président bruxellois, le commissaire à l'Europe de la Région bruxelloise et moi-même dans les semaines à venir", déclare le secrétaire d'État bruxellois en charge des Relations européennes.

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