La façade du n°300 de l'avenue de Tervueren s'est écroulée durant la nuit

Depuis mardi après-midi, la donne a déjà changé sur le chantier du Chien Vert, avenue de Tervueren. Et pas tout à fait comme on l’aurait voulu dans le chef des entreprises concernées et des porteurs de projet. Parallèlement, les rumeurs se propagent en tous sens, via médias et réseaux sociaux croisés. Certains prétextent même que cette démolition était voulue. Le promoteur jure le contraire.

Depuis 24 heures et les menaces d'effondrement constatées dans le bâtiment en chantier situé à hauteur du n°300 de l'avenue de Tervueren, les rumeurs se propagent comme la poussière, via médias et réseaux sociaux croisés. Contacté, un promoteur immobilier nous avoue ne pas comprendre comment les entreprises responsables ont laissé démonter la toiture, qui assurait sans doute la rigidité de l’ensemble du bâti. Pour couper court aux avis de tous bords, nous sommes descendus sur les lieux. Et double surprise: la partie gauche de l’immeuble, toujours stable hier soir, est entièrement effondrée et l'un des promoteurs du projet se trouve sur le seuil empoussiéré.

Il raconte: “Hier soir, après avoir évacué le chantier suite aux problèmes de stabilité constatés et à l’étançonnage défectueux, après avoir procédé à la sécurisation du site en concertation avec la commune, on a finalement opté pour la destruction sous contrôle, histoire de ne pas perturber le trafic et la vie du voisinage pour une durée indéterminée. Mais quand nous avons entamé la démolition partielle, toute la partie avant-gauche du gros-oeuvre de l’édifice, pourtant en béton armé, s’est effondrée comme un immense château de cartes. On a donc déblayé le plus gros rapidement. Et sur le coup de 22 heures, tout le périmètre était à nouveau ouvert à la circulation et les voisins ont pu rentrer chez eux sans danger. C’était le but premier, même si, évidemment, nous ne nous attendions pas à ce scénario...”, explique John-John Goossens (Dare 2 Build) qui, en association avec Verstraete Development, copilote le projet immobilier.

Plan A: reconstruire à l'identique

Lui est son partenaire de toujours Vincent Andre n’en sont pas à leur premier chantier d’envergure. Mais ici, l’aventure prend une tournure passablement imprévisible, qu’il faut gérer au mieux dans l’urgence. “J’ai déjà vécu des jours meilleurs, mais des pires également. L’essentiel, c’est qu’il n’y a que des dégâts matériels. Les rumeurs et les élucubrations en tout genre vont bon train, mais j’ai vraiment d’autres chats à fouetter pour l’instant. Et je le répète: nous avons déjà vendu 40% des 42 appartements prévus à terme dans le complexe résidentiel. Notre objectif reste donc de mener à terme le projet dans le cadre du permis obtenu, en reconstruisant au plus vite à l’identique, si possible, les murs et les plateaux effondrés. Notre chance dans cette mauvaise histoire, c’est que les murs restés debout n’ont pas bougé d’un centimètre et que toute la structure qui n’est pas tombée est intacte. A ce stade, l'option de tout raser et tout reconstruire 'from scratch' n'est donc pas sur la table. Et on espère vraiment pouvoir rapidement la mettre de côté”, insiste le promoteur, que nous rencontrons, fatigué, mais confiant, dans le petit comptoir de vente qui jouxte la rue Paul Wemaere.

Depuis le lever du jour, il enchaîne les réunions non-stop. D’abord, avec tous les intervenants sur le chantier pour gérer l’urgence et replanifier un nouveau calendrier en tenant compte des travaux de reconstruction imprévus. Mais surtout avec les experts qui doivent déterminer les causes de cet effondrement et, si possible, déterminer des responsabilités pour faire fonctionner les assurances. “Je voulais les rencontrer le plus rapidement possible pour deux raisons: la première, pour faire constater, par un organisme indépendant et extérieur, que toutes les règles de sécurité, d’ingénierie, de stabilité, de suivi de chantier avaient été scrupuleusement respectées – ce qui a déjà été confirmé; ensuite que la partie qui reste debout est entièrement 'sécure', du 7e étage au 2e sous-sol. Je viens également de m’entretenir avec Benoît Cerexhe, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre, qui vient de quitter cette table. J'espère l'avoir rassuré pour la suite. Je tiens d’ailleurs à saluer la collaboration remarquable des services communaux depuis hier après-midi. Nous avons convenu à présent de nous adresser aux premiers concernés pour les rassurer et les tenir au courant, sans rien cacher de ce que nous savons: les riverains, dont nous avons empoisonné le quotidien depuis 24 heures, et les futurs occupants. C’est le minimum. Après, on essaiera de dormir. Mais nous ne prenons rien à la légère. Et c’est normal”, assure John-John Goossens. Ce dernier nous confirme également qu’à ce stade de l’expertise externe, la cause de l’effondrement et les responsabilités n’ont pas été déterminées. Les assurances attendront.

Un homme l’apostrophe et demande ce qui s’est passé. Un autre s’arrête en voiture et, par la fenêtre entr’ouverte, lui souhaite bon courage. Il en aura besoin: la journée sera encore longue, quelles que soient les nouvelles qu’il faudra partager avec la presse, qui frappe à la porte. Heureusement, le soleil et le ciel azur rendent les images moins pénibles et les dégâts plus supportables.

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