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La fréquentation de la Stib atteint 80% pour la première fois depuis le début de la crise

©Dieter Telemans

Le patron de la Stib Brieuc de Meeûs estime que la croissance de l'offre de transport permettra de combler d'ici à 2023 la baisse de fréquentation causée par le télétravail structurel.

C'est la première fois depuis le premier confinement de mars 2020: le taux de fréquentation de la Stib a légèrement dépassé la barre des 80% le week-end dernier. En semaine, le réseau de surface affiche désormais un taux de 77% tandis que celui-ci atteint 74% pour le réseau souterrain. "Durant toute la pandémie, on a observé un taux un peu plus élevé le samedi parce que les gens sortaient", affirme Brieuc de Meeûs.

Le patron des transports publics bruxellois estime à environ 12% la part de fréquentation en moins causée par le télétravail structurel. "Pour le reste, il y a aussi des navetteurs qui ont repris le chemin du travail, mais en voiture. Les données TomTom démontrent en effet un taux d'embouteillage équivalent à la période pré-covid, voire plus élevé. Mais ce transfert qui nécessite de réapprivoiser notre réseau va se faire!"

"La croissance de l'offre de transport va combler la baisse entraînée par le télétravail."
Brieuc de Meeûs
Directeur-général de la Stib

Brieuc de Meeûs vise toujours un retour à la normale fin de l'année 2023. "Nous n'allons pas atteindre les 475 millions de voyages annuels prévus en 2024, mais on dépassera les 430 millions de 2019, j'en suis certain. La croissance de l'offre de transport va combler la baisse entraînée par le télétravail."

Le réseau de la Stib continue en effet d'être renforcé. Les fréquences déjà en vigueur sur les lignes 1-5, soit un métro toutes les deux minutes trente en heure de pointe, seront d'application sur les lignes 2-6 à partir du 8 novembre. Ce qui équivaut à proposer 3.000 places en plus par heure dans chaque sens. Côté tram, le prolongement de la ligne 9 vers le Heysel sera une réalité à partir du 15 décembre. "Pour le tram de Neder-over-Heembeek, on finalise les procédures administratives. Si tout va bien, on commencera les travaux au second semestre 2022. C'est une belle ligne qui va relier ce quartier décentralisé au centre-ville."

Succès du sans contact

La Stib évolue aussi du côté des titres de transport. Prudents depuis la crise, les usagers se tournent davantage vers des abonnements mensuels qu'annuels. La carte 100 voyages, valable 90 jours, n'a pas encore trouvé son public, avec seulement 600 titres vendus entre février et juin. "70% des usagers la consomment à une vitesse trop faible. C'est un produit qu'on a testé pendant la crise, mais qui n'intéresse pas le marché. On doit encore décider si on l'arrête."

Brieuc de Meeûs souligne en revanche le succès du paiement sans contact qui représentait 30% des transactions pour des titres 1 voyage à la fin août. "L'usager valide son voyage avec sa carte bancaire à chaque montée, mais à la fin de la journée on décompte uniquement le montant d'un ticket 1 jour si c'est plus avantageux. On est en train de changer notre back office pour la gestion des ventes, ce qui permettra à terme de calculer automatiquement la formule la plus avantageuse par mois."

+9%
La hausse des ventes des abonnements scolaires par rapport à l'année 2019.

Le passage de l'abonnement scolaire de 50 à 12 euros par an a eu son petit effet avec une hausse des ventes de 9% par rapport à 2019. Le manque à gagner sera compensé par la Région bruxelloise à hauteur de 3,3 millions d'euros. Pour la première année complète visant tous les jeunes de 12 à 24 ans en 2022, la facture grimpera à 13,9 millions d'euros.

En parlant finances... La Stib a pu compter sur ses réserves pour compenser 90 millions de recettes en moins en 2020. Quid en 2021? "Le second semestre était meilleur que le premier, mais on va quand même essuyer des pertes. Le chiffrage qui dépend de nos ventes et du comportement des gens est compliqué. Mais cela ne sera pas la même formule cette année, car nos réserves ont des limites. Nous sommes en train d'examiner plusieurs pistes avec les réviseurs. Ce qui est sûr, c'est que la Stib n'a aucun problème de cash!"

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