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La gestion de la dette bruxelloise est soutenable, selon Sven Gatz

Le ministre bruxellois du Budget Sven Gatz s'est retrouvé sur le devant de la scène médiatique, à la suite d'un rapport très critique de la Cour des comptes sur la gestion comptable bruxelloise. ©Photo News

Sous le feu des critiques, le ministre bruxellois du Budget Sven Gatz assure que des solutions sont sur la table pour améliorer la gestion budgétaire.

Le grand argentier bruxellois, aka le ministre régional du Budget Sven Gatz (Open Vld), s'est retrouvé récemment sur le devant de la scène médiatique. Pour des raisons peu enviables. Généralement ignoré par la presse, le rapport très critique de la Cour des comptes sur le compte 2020 de la Région bruxelloise a été largement diffusé. Ensuite, la question de la dette croissante de la Région-Capitale a été remise sur le tapis lors de la présentation du budget 2022.

Le libéral revient sur ces éléments. Tout d'abord, sur le compte 2020, et cette erreur de comptabilité ayant consisté à l'enregistrement de billets de trésorerie pour un mauvais montant: 777 milliers d’euros au lieu de 777 millions d’euros. "C'est une faute que je ne veux certainement pas minimiser. Mais il faut préciser que cela n'a eu strictement aucun impact sur le bilan."

"Des investissements réalisés dans l'informatique vont permettre de remédier à la plupart des observations de la Cour des comptes."
Sven Gatz (Open Vld)
Ministre bruxellois du Budget

Bruxelles Fiscalité

Mais la cause principale de l'abstention de la Cour sur le compte 2020 se trouvait surtout du côté de Bruxelles Fiscalité, l'organisme n’ayant pas pu produire de réconciliation complète entre son rapportage à la comptabilité et les données de ses systèmes de gestion des dossiers fiscaux. "Des investissements réalisés dans l'informatique vont permettre de remédier à la plupart des observations de la Cour en renforçant la fiabilité des données échangées entre les administrations", assure Sven Gatz.

Car, croyez-le ou non, quand le gouvernement bruxellois a décidé lors de la précédente législature de sortir Bruxelles Fiscalité de l'administration centrale pour gagner en efficacité, le nouvel organisme a choisi de développer son propre système IT, provoquant des problèmes d'intégration au niveau informatique...

Selon le directeur de l'agence régionale de la dette, Dominique Outers, le coût de la dette va baisser dans les quatre prochaines années, en se maintenant sous les 1,6% du budget jusqu'en 2025 inclus.

Outre l'automatisation des flux d'informations, le ministre du Budget cite d'autres actions telles qu'un dialogue plus soutenu avec la Cour des comptes, un double contrôle des données comptables des services régionaux, la révision de l'ordonnance organique de 2006 qui n'avait pas anticipé la multiplication des structures en Région bruxelloise.

À ce sujet, Sven Gatz rappelle que le projet Optiris mené actuellement par les patrons du SPRB pourrait déboucher sur une forme de centralisation/mutualisation de certains services présents dans chaque organisme tels que les RH, les finances, l'informatique... "Mais cela ne m'aidera pas pour cette législature", précise-t-il.

Baisse du coût de la dette

En ce qui concerne la dette directe de la Région bruxelloise, le libéral s'appuie sur le rapport de l'agence régionale de la dette qui certifie que sa gestion est soutenable. Selon son directeur, Dominique Outers, le coût de la dette va baisser dans les quatre prochaines années, en se maintenant sous les 1,6% du budget jusqu'en 2025 inclus.

10,38 milliards
d'euros
L'encours de la dette directe s'élèvera à 10,382 milliards fin 2024.

Même dans les scénarios les plus négatifs comprenant, par exemple, une hausse des taux d'intérêt et une dégradation de la notation des finances publiques bruxelloises, l'effet boule de neige est évité, car la hausse du poids de la dette reste bien en deçà de l'augmentation des recettes régionales.

L'encours de la dette directe qui s'élèvera à 7,598 milliards d'euros fin 2021 atteindra toutefois un niveau de 10,382 milliards fin 2024. Celle-ci va donc être multipliée par 3,27 en sept ans: 3,365 milliards fin 2018 et 11,01 milliards fin 2025. "Normalement, on compare la dette au PIB. À Bruxelles, cela représente 10% contre 100% à l'échelle de la Belgique", relativise Sven Gatz.

Ce dernier assume la stratégie consistant à s'endetter pour effectuer d'importants investissements dans la mobilité, osant même le parallèle avec la politique menée outre-Atlantique par Joe Biden qui a annoncé des plans d'investissements massifs grâce à des taux d'intérêt historiquement bas. "Mais à partir de 2024, il faudra arrêter avec cette technique et trouver une autre solution pour financer la construction du métro. Par exemple, en allouant l'entièreté de l'enveloppe Beliris à ce projet. Ce fonds fédéral est en principe dédié uniquement aux grands projets."

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