La pratique du vélo croît à Bruxelles, mais ne décolle pas...

Brussels Studies a tenté de quantifier la pratique du vélo dans la capitale et son évolution récente. ©Photo News

Brussels Studies s'est penché sur les diverses sources permettant de quantifier la pratique du vélo à Bruxelles, avant la crise du coronavirus. L'usage du deux-roues progresse, certes, mais sa part modale reste très modeste en comparaison d'autres villes.

Après avoir été reléguée à l'arrière-plan par l'automobile dans la seconde moitié du 20e siècle, la bicyclette fera-t-elle son grand retour comme véhicule utilitaire dans le monde de l'après-covid? Une interrogation à laquelle Brussels Studies ne répond pas, cherchant plutôt à quantifier l'usage du vélo et son évolution en Région bruxelloise dans une fact sheet publiée la veille de la journée mondiale du vélo.

La revue scientifique pour les recherches sur Bruxelles fait le point sur les différentes sources et approches qui permettent de chiffrer l'usage du deux-roues. Grâce aux comptages effectués par l'ASBL Pro Vélo depuis 1999, on sait par exemple que la hausse de cyclistes durant les heures de pointe est constante, avec une accélération depuis 2013. Le nombre de cyclistes a en effet plus que doublé entre 2013 et 2019, passant de quelques 16.000 à plus de 36.000, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 14%.

Mais ces chiffres reflètent-ils une vraie progression du vélo comme mode de déplacement ou un accroissement du nombre total de déplacements en heure de pointe? Les comptages ne suffisent pas pour le dire. Pour connaître la part modale du vélo, il faut rapporter le nombre de trajets effectués en deux-roues à l'ensemble des déplacements réalisés, tous modes confondus. En se basant sur les enquêtes de mobilité Mobel, Beldam et Monitor, on constate une tendance à la hausse de la part modale du vélo qui passe de 1,2% en 1999 à 3,5% en 2010 pour atteindre 4,6% en 2017 uniquement pour ce qui est des déplacements internes à la Région bruxelloise. Cette part modale augmente légèrement si l'on a recours à la méthode dite des parts de citations qui rapporte le nombre de déplacements où le vélo est utilisé, même en combinaison avec d’autres modes, à l’ensemble des déplacements réalisés.

Les parts modales ne suffisent toutefois pas à représenter de manière précise la diffusion de la pratique au sein de la population. Pour cela, les auteurs ont jugé pertinent de représenter la pratique cycliste aussi en relation directe aux personnes. Et de souligner que près de 14% des Bruxellois pratiquaient le vélo au moins une fois par semaine en 2010.

Conclusions: si les différentes enquêtes disponibles convergent pour confirmer une hausse des déplacements domicile-travail à vélo, les données fiables manquent encore pour quantifier la part modale du vélo tous motifs de déplacements confondus. Enfin, on constate bien un retour de la petite reine à Bruxelles mais sa pratique reste modeste en comparaison d'Anvers ou Gand ou d'autres capitales comme Copenhague ou Amsterdam qui affichent une part modale avoisinant 30%.

Vous pouvez retrouver l'étude complète sur le site de www.brusselsstudies.be

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés