La prime à l'embauche Phoenix fait ses premiers adeptes

Le ministre bruxellois de l'Emploi Bernard Clerfayt (DéFI) entouré de Cynthia Ilunga, office manager chez Pregiotek, et Nicolas Di Giorgio, CEO de cette PME, active dans le domaine de l'IT. ©doc

La nouvelle prime Phoenix a pour objectif de rendre les Bruxellois plus attractifs aux yeux des employeurs lors de la reprise d'activités. Ceux-ci bénéficient d'une réduction de la charge salariale pendant six mois.

Derniers arrivés, premiers partis: c'est souvent ce qui passe en cas de licenciements économiques. C'est en tout cas ce qui est arrivé à Cynthia Ilunga dans le courant de l'année 2020. Détentrice d'un bachelier en gestion des ressources humaines, elle a perdu son emploi en pleine crise du Covid-19. "Pendant les six mois de ma recherche, il y avait très peu d'offres d'emplois. Quand j'ai reçu l'information relative à la prime Phoenix, cela m'a redonné de l'espoir. Je me suis dit que face à la peur d'un employeur d'engager quelqu'un en pleine crise, j'avais un atout à faire valoir. J'ai imprimé une attestation d'Actiris à présenter lors de mon entretien", témoigne la jeune femme de 25 ans.

Cynthia Ilunga rentrait parfaitement dans les conditions de la nouvelle prime Phoenix destinée aux néo-chômeurs, à savoir les personnes ayant perdu leur job durant la crise sanitaire ou les jeunes diplômés qui ne bénéficient pas d'un rythme d'embauche normal à la sortie de leurs études. Depuis le 1er janvier, tous les Bruxellois inscrits chez Actiris après le 1er avril 2020 sont porteurs d'une prime d'un montant de 800 euros par mois pendant un semestre. À condition d'être diplômés au maximum du secondaire et d'être engagés pour une durée de six mois minimum ou en CDI. Pour les moins de 30 ans ayant au minimum un bachelier, le montant s'élève à 500 euros par mois pour la même période.

C'est ce dispositif qui aurait fini de convaincre le CEO de Pregiotek, une PME active dans le domaine de l'IT, de recruter Cynthia Ilunga le 1er février dernier. "Dans le numérique, on ne peut pas être innovant si on ne va pas de l'avant et si on ne continue pas d'engager les meilleurs talents. Mais au moment de mettre en place notre plan stratégique en janvier, il y avait quand même de l'hésitation. On est solides mais il y avait quand même eu un ralentissement dans les secteurs où l'on fait de la consultance. Mais la prime donnait l'oxygène nécessaire pour se décider à engager", explique Nicola Di Giorgio. Pendant six mois, ce chef d'entreprise bénéficiera donc d'une réduction de la charge salariale de 500 euros par mois.

Un usage encore restreint

Vraisemblablement ravis, ce patron et sa nouvelle employée sont une parfaite illustration de l'usage de la prime Phoenix que le cabinet du ministre bruxellois de l'Emploi souhaite promouvoir. "En Région bruxelloise, un emploi sur deux est occupé par des navetteurs. On veut que la reprise d'activités soit l'occasion d'augmenter la fraction des emplois occupés par les Bruxellois. En six mois, cette prime donne l'occasion pour une nouvelle recrue de faire ses preuves et à l'employeur de déployer son activité. C'est du win-win-win", déclare Bernard Clerfayt (DéFI).

"En Région bruxelloise, un emploi sur deux est occupé par des navetteurs. On voudrait que la reprise d'activités soit l'occasion d'augmenter la fraction des emplois occupés par les Bruxellois."
Bernard Clerfayt (DéFI)
Ministre bruxellois de l'Emploi

En deux mois d'application, 195 primes Phoenix ont été validées. Avec une parité de genre parmi les bénéficiaires dont un quart disposent d'un bachelier ou d'un master. "Nous visons une ampleur plus grande. Les chiffres du chômage n'ont pas augmenté aussi vite que prévu, en raison des mesures prises par l'État fédéral comme le moratoire sur les faillites", explique Bernard Clerfayt qui rappelle que le budget de 30 millions d'euros réservé pour cette mesure en 2021 pourrait bénéficier à environ 6.000 chercheurs d'emplois, selon la répartition du type de primes (500 ou 800 euros).

Un budget de 15 millions d'euros est envisagé pour le premier semestre de 2022, mais il faudra d'abord mesurer l'efficacité de la mesure, précise le ministre amarante.

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