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La question du voile ne fait pas (encore) flancher le gouvernement bruxellois

Faut-il interjeter ou pas appel de la décision concernant le port du voile à la Stib? Le gouvernement bruxellois ne se presse pas pour trancher cette question. ©Photo News

Le président de DéFI a laissé entendre que son parti pourrait quitter la majorité régionale si la Stib est privée de son appel. Malgré tout, les membres du gouvernement bruxellois ont débattu "sereinement" de la question ce jeudi.

Sur les ondes de la Première ce mercredi matin, le ministre-président bruxellois a enfin pris la parole sur le dossier qui agite le monde politique: le voile dans la fonction publique. Rudi Vervoort (PS) ne s'est pas pour autant montré très loquace. Sous prétexte que son parti n'a pas encore tranché la question, le socialiste a refusé de livrer son avis personnel. "Si la question n'a pas été inscrite dans l'accord de majorité, ce n'est pas par distraction", a-t-il notamment déclaré. En clair, si la majorité n'avait pas vu de possibilités de consensus à l'issue des élections de 2019, il y a peu de chance qu'elle en trouve davantage maintenant. Et Rudi Vervoort de renvoyer le débat de la neutralité des services publics au parlement.

"Si la question n'a pas été inscrite dans l'accord de majorité, ce n'est pas par distraction."
Rudi Vervoort (PS)
Ministre-président bruxellois

À peu près à la même heure, le président de DéFI, François De Smet, indiquait au micro de Bel RTL que son parti reconsidérerait sa participation au gouvernement bruxellois s'il n'y a pas d'impulsion politique contre la décision du comité de gestion de la Stib de ne pas aller en appel de sa condamnation pour discrimination.

Débat serein

La concomitance des déclarations a donné l'impression qu'on se dirigeait vers un clash majeur au gouvernement bruxellois, voire une crise politique. Quelques heures plus tard, les membres de la majorité étaient donc attendus par une poignée de journalistes à la sortie de leur réunion hebdomadaire. Verdict: l'exécutif régional a décidé de profiter du temps qui lui est imparti pour examiner ce dossier délicat. Tous les partenaires interrogés ont évoqué un climat serein, des discussions apaisées, à l'écoute des uns et des autres dans le but d'arriver à un consensus...

Tous les partenaires interrogés ont évoqué un climat serein, des discussions apaisées, à l'écoute des uns et des autres dans le but d'arriver à un consensus...

Mais comment explique-t-on un tel décalage entre l'attitude très détendue voire flegmatique des membres du gouvernement bruxellois et le tumulte extérieur? Les ministres régionaux s'expriment de façon pondérée sur cette question alors que cela s'échauffe dans les états-majors des partis et sur les réseaux sociaux.

Passage en force

Préoccupés par la gestion de la crise, les membres de l'exécutif ne tenaient pas à se pencher maintenant sur la question de signes convictionnels dans la fonction publique. On doit cette saga à une surenchère des cadres bruxellois socialistes et écologistes. C'est tout d'abord Groen qui a politisé le dossier en contraignant la direction de la Stib, désireuse d'aller en appel du jugement, à amener le dossier sur la table du comité de gestion.

Afin d'éviter un vote, le président du CA Merlijn Erbuer (Groen) a ensuite proposé un compromis consistant à interjeter appel tout en révisant le règlement interne de la Stib. Sans succès. Frustrés de ne pas pouvoir mettre le dossier du voile à l'agenda politique par ailleurs, les cadres écologistes n'ont pas résisté à la tentation de passer en force. Ahmed Laaouej, qui n'a toujours pas amorcé la reflexion promise en interne sur ce sujet depuis son élection à la présidence de la Fédération bruxelloise du PS, a aussi préféré agir par cette voie détournée.

C'était sans compter sur la réaction du commissaire de gouvernement Open Vld qui a surpris tout le monde en suspendant la décision du comité de gestion, sous prétexte que celle-ci porte atteinte aux intérêts de la Stib. Reste maintenant deux inconnues: le gouvernement bruxellois sera-t-il en mesure d'apporter un consensus suffisant avant le 21 juin, date butoir pour introduire un recours? Et si ce n'est pas le cas, le président des amarantes qui affirme ne pas être du genre à lancer des oukases facilement mettra-t-il ses menaces à exécution? Des questions qui ne minaient pas la majorité bruxelloise ce jeudi.

Le résumé

  • Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) voudrait renvoyer la question de la neutralité des services publics au parlement.
  • Mais le président de DéFI, François De Smet, a annoncé que son parti reconsidérerait sa participation au gouvernement bruxellois si la Stib ne peut pas interjeter appel.
  • Concomitantes, ces déclarations pouvaient laisser présager une crise politique.
  • Réuni ce jeudi, l'exécutif régional a simplement déclaré vouloir prendre le temps qui lui est imparti pour tenter de trouver un consensus.

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