La reconversion des prisons de Forest et Saint-Gilles est imminente

Le patrimoine bâti des prisons de Saint-Gilles et Forest mérite d'être en partie protégé lors de sa reconversion. ©MSA

Une étude de faisabilité a confirmé, dès 2014, le potentiel de réaménagement des prisons de Saint-Gilles, Forest et Berkendael. Au cœur du tissu urbain, ces trois sites contigus ont le potentiel d’un nouveau quartier urbain.

Le chantier de la nouvelle prison de Haren ayant enfin trouvé son rythme de croisière, le ministre de la Justice Van Quickenborne (Open Vld) a confirmé il y a un mois déjà vouloir entamer l'évacuation des trois prisons bruxelloises - obsolètes et saturées - dès l’an prochain. La nouvelle prison enfin mise en service - avec 5 ans de retard -,  les sites urbains concernés, à cheval sur les communes de Saint-Gilles et Forest, pourraient alors progressivement être reconvertis en logements, écoles, services et commerces.

Du côté de l’association momentanée réunissant autour du bureau MSA Idea Consult, V+, Orgin et Aries Consultants, les commanditaires de l’étude de faisabilité menée il y a 7 ans déjà sur les quelque 8 hectares urbains concernés à l'initiative de la Région bruxelloise, on ne cache plus son impatience de voir enfin le dossier sortir des limbes.

"L’objectif était - est toujours, on l’espère ! - d’envisager le réaménagement de ces trois sites en quartier urbain, tout en valorisant leurs éléments d’intérêt patrimonial", rappelle l’architecte-urbaniste bruxellois Benoît Moritz (MSA)

Ce dernier précise que les sites concernés sont heureusement affectés en Zone d’équipements d’intérêt collectif ou de service public. "Cette affectation ouvre la possibilité d’une reconversion vers des équipements publics ou vers du logement et du commerce de proximité. Moyennant un PAD (Plan d'aménagement directeur) comparable à celui approuvé récemment pour USquare (casernes d’Ixelles), cette zone pourrait s’ouvrir à d’autres programmes davantage adaptés", précise-t-il. À l’image de ce qui a été fait pour le site USquare, la mise en œuvre d’un masterplan pourrait alors incomber à un futur acteur public régional et/ou fédéral porteur du foncier, sans doute la SAU (Société d'aménagement urbain) ou citydev.brussels.

Pour l’architecte-urbaniste, le pire scénario serait de reproduire celui qui a prévalu pour la Cité Administrative de l’État, c’est-à-dire un programme dans lequel les sites seraient vendus sans concertation préalable minimale avec la Région. "Une collaboration Fédéral-Région doit au minimum garantir que la réaffectation suivra le cadre des principes urbanistiques, programmatiques et patrimoniaux définis par notre étude", risque Benoît Moritz.

Selon Rudi Vervoort, la Région a toujours fait savoir que l’acquisition de ce site emblématique pour Bruxelles était une belle opportunité, notamment pour développer des logements publics. "Il revient toutefois au Fédéral de clarifier ses intentions quant à la vente et, surtout, d’évaluer la valeur du site en fonction du cadre urbanistique fixé", précise prudemment le ministre-président.

Un potentiel foncier unique

Pris ensemble dans leur contiguïté, les trois sites libérés offrent une opportunité foncière rarissime pour les pouvoirs publics régionaux. ©MSA

Pris ensemble dans leur contiguïté, les trois sites libérés représentent en effet une opportunité foncière rarissime pour les pouvoirs publics régionaux. Localisés au cœur d’un tissu urbain dense, ils offrent, selon l’étude de faisabilité réalisée par perspective.brussels en concertation avec l’État fédéral, toujours propriétaire des lieux, un terreau unique pour accueillir un millier de logements abordables et plusieurs écoles. Mais il s’agira aussi et avant tout d’ouvrir les vastes espaces urbains concernés et de les rendre poreux en respectant la géométrie historique des parcelles traversées.

La prison de Saint-Gilles, rouverte sur les quartiers avoisinants et en partie conservée. ©MSA

Je te tiens, tu me tiens...

Demeure un bémol de taille au niveau de l’opérationnalisation des projets et des multiples scénarios imaginés quant à la mixité des fonctions urbaines réparties sur le site, avec des densités variables de logements à l'hectare. Des pistes ont été émises par rapport aux actions à mener par la Région d’ici à la libération des prisons. Mais compte tenu des incertitudes concernant le calendrier de déménagement des sites et la volonté de l’État de transférer le foncier concerné à la Région ou de le conserver en tout ou partie pour étendre l’école européenne de Berkendael, il n’a pas encore été possible jusqu'ici de fixer de manière précise le timing et les modalités de fabrication des projets.

Du côté du ministre-président, on dit avoir pris acte du calendrier annoncé pour la libération des lieux. Mais on tempère: "La précipitation n’est pas de mise et nous continuerons de privilégier la concertation avec le Fédéral. Le cadre est posé, nos attentes et ambitions sont affichées, les enjeux de protection patrimoniale sont actés." Dont... acte.

Reste que, passé la posture, il est urgent que les principaux intéressés remettent rapidement le dossier sur la table. Initialement, ce déménagement des prisons était planifié pour 2018 au plus tard.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés