La Région bruxelloise doit impérativement être refinancée

Charles Picqué, Ministre-Président de la Région bruxelloise

Malgré une légère embellie, son budget 2011 affiche un déficit de 313 millions d’euros. Intenable à terme.

Un déficit de 313 millions d’euros: c’est le résultat obtenu par le gouvernement bruxellois pour son budget 2011. Ce chiffre est similaire à celui comptabilisé pour 2010. Il dépasse le déficit autorisé de 254 millions, tel qu’il avait été convenu avec les différents niveaux de pouvoir en janvier 2010 dans le cadre du "programme de stabilité" belge. Mais, souligne-t-on au sein du gouvernement Picqué, un effort bruxellois supplémentaire était conditionné à un refinancement de la Région. Or, celui-ci reste un mirage… 

La Région bruxelloise reste dans une situation financière particulièrement dangereuse pour sa survie même.  Le déficit de 313 millions d’euros n’a pas l’air immense en soi. Pourtant, il représente plus de 10 % du budget régional! Autrement dit, la Région fait face à un très gros problème structurel et fonce droit dans le mur. L’objectif officiel de la majorité, à savoir un retour à l’équilibre budgétaire en 2014, semble un vœu pieux. "Nous ne pourrons pas continuer comme ça des années. A terme, notre capacité d’emprunt sera en danger. Nos investissements se réduiront, ce qui mettra en péril la vocation internationale de Bruxelles et les politiques menées en faveur des habitants", a reconnu le ministre-président bruxellois Charles Picqué (PS).

impossible de faire mieux

La Belgique, dans son ensemble, doit économiser 22 milliards d’euros d’ici 2015 pour équilibrer ses finances publiques. Le message envoyé par la Région bruxelloise est donc très clair: non seulement il est impossible pour elle de participer davantage à cet assainissement, mais son refinancement est nécessaire. "Il ne serait pas responsable de contraindre plus nos politiques et de limiter le déficit sans un financement adéquat par le fédéral et en faisant porter le poids de nouvelles économies par les Bruxellois.  Nous n’accepterons jamais de faire peser sur la population bruxelloise le sous-financement injuste de leur Région. N’oublions pas que nous produisons des richesses qui profitent à tout le pays", a souligné Picqué. Le sous-financement de la Région bruxelloise a été estimé par plusieurs études à au moins 500 millions d’euros. 

note de wever

Dans la capitale, on garde les yeux rivés sur les négociations fédérales et surtout sur la réforme annoncée de la loi de financement. La note de "compromis" de Bart De Wever prévoyait certes de renflouer partiellement la Région bruxelloise. Mais ce "bonus", en soi insuffisant (300 millions), était "avalé" par le nouveau mécanisme de financement des entités fédérées. A terme, le modèle De Wever aggraverait des finances bruxelloises déjà exsangues…

austérité en 2011

En attendant un hypothétique refinancement, l’exercice 2011 n’échappe pas à l’austérité. "Tous les départements ont dû réduire la voilure en reportant certains projets", a souligné Picqué. "C’est un budget prudent et raisonnable, qui maintient les politiques fondamentales pour les Bruxellois", a-t-il ajouté. "Il n’y aura pas de hausse de la fiscalité", a épinglé le ministre du Budget, Jean-Luc Vanraes (Open VLD).

Tout n’est pourtant pas noir dans la capitale. La tâche du gouvernement régional a été quelque peu facilitée par la hausse attendue de ses recettes.  Le budget des Voies et Moyens est estimé à 2,4 milliards, en augmentation de 124 millions par rapport au budget initial 2010. 

La raison? Principalement la reprise du marché immobilier. Ce qui se traduit par de meilleures perceptions en droits d’enregistrement notamment. Contrairement aux deux autres Régions, Bruxelles est particulièrement sensible à la conjoncture économique: ses recettes propres pèsent environ 55 % dans son budget. Une bonne gestion de la dette contribue également à soulager les finances régionales. 

Le budget 2011 de la Région capitale est aussi une bonne nouvelle par son existence même. Il est le fruit d’un accord politique entre Francophones et Flamands. Par les temps qui courent, ce n’est pas anodin… "Quand l’environnement institutionnel est périlleux, les Bruxellois peuvent se serrer les coudes", s’est félicité Picqué.

Selon le ministre de l'Emploi, Benoît Cerexhe, Actiris verra ses moyens renforcés à concurrence de 3 millions, notamment pour l'accompagnement des jeunes demandeurs d'emploi qui devront s'engager dans un contrat de projet professionnel, et pour finaliser sa décentralisation en ouvrant de nouvelles antennes à Watermael-Boitsfort et à Koekelberg.


Les nouveaux moyens iront aussi au développement des chèques-langues, à la création d'un centre de références dédié aux métiers de la Ville, au financement d'un nouvel appel à projets pour moderniser les équipements des écoles techniques et professionnelles de la capitale, ainsi qu'aux partenaires d'Actris qui collaborent à ses programmes.


Dans le même temps, pour "booster" la formation des jeunes sortant de l'école, la Région bruxelloise augmentera de 4 millions d'euros sa dotation à la Commission communautaire française dont dépend l'opérateur Bruxelles Formation.


Selon le secrétaire d'Etat Emir Kir, en charge de cette compétence, la mise en oeuvre progressive de l'obligation de Contrat de Projet Professionnel pour les jeunes âgées de 18 à 25 ans devrait amener 1800 jeunes à demander une formation en 2011.


Ce montant transféré de 4 millions d'euros sera également affecté dans une moindre mesure à la politique d'aide aux personnes handicapées et à l'enseignement dépendant de la CoCof.

 

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