La Senne va être rouverte dans le parc Maximilien

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La Ville de Bruxelles, la Région et l'IBGE veulent totalement repenser le parc Maximilien et ses abords. La Senne devrait y être rouverte sur 700 mètres. On parle également de nouveaux commerces et d'un nouvel espace de co-working, entre autres.

Le parc Maximilien et ses abords vont être entièrement redessinés. Cette zone du nord de Bruxelles est à ce point sujette aux polémiques que les autorités ont donné au projet le nom de code "Max sur Senne" pour noyer le poisson. Mais il s’agit bien de repenser entièrement le parc et ses larges abords.

Le quartier nord élargi de Bruxelles fait, depuis des années déjà, l’objet d’un profond changement. Par morceaux. "Et il va connaître le plus grand réaménagement de son espace public depuis la tristement célèbre bruxellisation des années 60", promet déjà dans l’appel à projets officiel lancé par ses services le maître architecte bruxellois. Kristiaan Borret supervisera – lui ou son successeur – le dossier piloté par l’IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement), dont le siège se trouve à un jet de pierre de la zone concernée.

Celle-ci – dont le parc Maximilien est l’épicentre à plus d’un titre – s’étend de la petite ceinture jusqu’au bassin Beco, en passant par la barre de logements du Foyer Laekenois. Elle compte près de 10 hectares d’espace public, équitablement partagés entre Ville de Bruxelles et Région. Une petite partie appartient à l’État fédéral, mais fait actuellement l’objet d’un transfert de droits réels vers la Région. On notera également qu’un PAD (Plan d’aménagement directeur) baptisé Max-Vergote est en phase d’élaboration.

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Un projet transversal

Les bâtiments du parc sont tous situés sur des terrains appartenant à la Ville, responsable de la gestion de l’ensemble, à l’exception du Parc Port et de la Ferme – celle-ci est gérée par une ASBL. Quant à la gestion future du parc repensé, elle est actuellement sujette à négociation entre la Ville et Bruxelles Environnement. Un agrandissement par phases de la zone concernée est aussi au programme, de la zone Sainctelette à la chaussée d’Anvers.

"La mission (lancée lundi, NDLR) combine volontairement un grand nombre de questions et d’enjeux de taille afin de créer un projet urbain cohérent et unique: un espace ouvert, continu et fort, avec une identité claire et une grande perméabilité. Exactement le contraire de ce qu’est devenu cet espace public aujourd’hui!", motive Kristiaan Borret.

Un parc plus grand? Cela reste à définir en fonction des projets proposés suite à l’appel.
Pascal Smet
Secrétaire d’État à l’Urbanisme

De son côté, le cabinet du secrétaire d’État bruxellois à l’Urbanisme Pascal Smet (s.pa) indique qu’il s’agit d’une première étape dans la mue complète du quartier. Le travail sera résolument transversal, avec tous les services compétents mis dès le départ autour de la table: Bruxelles Environnement, Bruxelles Mobilité, Perspective… Sans oublier la Ville de Bruxelles, qui aura bien évidemment son mot à dire pour ce qui est du parc Maximilien et de sa ferme pédagogique.

"On veut offrir une nouvelle jeunesse au parc Maximilien et un espace vert plus qualitatif pour le quartier. Un parc plus grand? Cela reste à définir, en fonction des projets proposés suite à l’appel", répond le porte-parole du ministre. "Ce qui est important pour nous, c’est que le quartier conserve sa destination sociale. Il y a énormément de logements sociaux dans ce quartier et le futur de celui-ci doit se dessiner avec ses habitants", ajoute-t-on du côté du bourgmestre bruxellois Philippe Close (PS), globalement favorable au projet régional.

10 hectares remembrés et la Senne rouverte

Parmi les enjeux importants de la mission lancée ce lundi, qui s’inscrit dans le cadre du contrat de rénovation urbaine (CRU) Citroën-Vergote, les responsables pointent notamment la réouverture et la renaturalisation de la Senne sur 700 mètres dans le parc Maximilien entièrement réaménagé et un nouveau bâtiment pour l’intégration de la ferme existante à proximité des tours WTC 1 et 2 bientôt reconstruites (projet ZIN de Befimmo).

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"La façade orientée vers le parc sera en d’autres termes activée notamment par les adresses: un commerce au coin du boulevard Simon Bolivar, l’accès aux appartements, l’entrée nocturne publique du centre sportif partagé du gouvernement flamand, puis, sur le coin orienté vers le quartier, un pavillon de co-working réparti sur six étages. Le côté du boulevard Simon Bolivar et le rond-point sont également fortement activés par l’introduction de commerces plus petits et d’un immense jardin d’hiver/serre dont les hautes façades peuvent être ouvertes", peut-on déjà lire dans les annexes jointes au marché public.

Justement, le réaménagement du boulevard Bolivar et du carrefour des Armateurs, nœud gordien de la mobilité locale, sera également une charnière du programme. Sans oublier, bien sûr, la liaison avec la future trouée transversale créée par la passerelle voisine, récemment rebaptisée pont Suzan Daniel. "Une mission complexe, tant d’un point de vue technique qu’urbain et paysager", prévient déjà l’appel à projet.

Participation citoyenne

15 millions
d'euros
Le budget global pour la réalisation complète des travaux avoisine 15 millions d’euros hors TVA, sans inclure le volet "consultation de la population".

Voilà pour le descriptif du périmètre et les enjeux. Mais la mission a également été confiée à Bruxelles Environnement (IBGE) de consulter par étapes la population, "l’objectif étant de construire un parc de qualité pour tous, sans distinction d’origine, de statut ou de culture".

Pour des raisons d’expertise technique, une partie de la maîtrise d’ouvrage concernant les voiries (1,7 ha) est déléguée à Bruxelles Mobilité, et ce des études d’exécution jusqu’au contrôle du chantier final.

Au stade actuel, Bruxelles Environnement, porteur de projet à part entière, qui suivra la procédure jusqu’à la demande de permis, est à la recherche d’une équipe pluridisciplinaire pour l’étude et la conception de ce vaste espace public stratégique, dans une logique de participation aux enjeux régionaux.

Le budget global pour la réalisation complète des travaux avoisine 15 millions d’euros hors TVA, sans inclure le volet "consultation de la population".

Dans le programme détaillé de l’appel à marché public – plus exactement libellé comme un appel à demandes de participation –, il est également stipulé en toutes lettres que la Ville de Bruxelles "assistera au comité de pilotage du projet" sous tous ses aspects (conception et participation citoyenne).

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