La troisième vague d'aides bruxelloises ciblera l'événementiel

©saskia vanderstichele

La Région bruxelloise finalise une mesure de soutien ciblée et d'envergure à destination du secteur événementiel, en ce compris les sous-traitants.

"Comme l'a dit la Première ministre Sophie Wilmès, nous sommes en train de passer d'une gestion de crise durant laquelle on a pris des mesures d'urgence à une période de gestion de risques où il va y avoir des règles sanitaires plus stables. Ce qui va nous permettre de pouvoir mieux identifier les secteurs qui seront toujours touchés", introduit Barbara Trachte (Ecolo). L'heure est donc propice tant au bilan qu'à l'analyse plus prospective des mesures de soutien à l'économie bruxelloise.

Pour ce qui est du bilan de la gestion de crise, la secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique souligne l'efficacité de l'administration dans le versement des primes uniques. "Une semaine après la clôture des demandes, celles-ci étaient toutes honorées." Au total, 90 millions ont été alloués pour la prime de 4.000 euros destinée aux entreprises dont la fermeture était rendue obligatoire par le Conseil national de sécurité. À cela s'ajoutent 35 millions pour la prime de 2.000 euros réservée aux toutes petites structures (moins de 5 ETP) en difficulté.

Les établissements Horeca employant au moins dix ETP ont aussi pu se tourner vers finance.brussels qui avait reçu la mission de soutenir leurs demandes de crédits ainsi que celles de leurs fournisseurs. À ce stade, 31 prêts pour un montant total de 10,3 millions d'euros ont été accordés. "Et les demandes continuent d'affluer", affirme Barbara Trachte. Elle signale également le succès de Recover, des microcrédits (maximum 15.000 euros) à taux réduits destinés à soutenir la trésorerie des très petites sociétés et des indépendants. La première enveloppe d'un million et demi d'euros qui y était consacrée est épuisée. "Nous avons prévu une rallonge car c'est demandé et utile."

Une prime adaptée aux pertes

Mais pour l'opposition libérale, Bruxelles n'est pas assez généreuse. Dans la DH, Alexia Bertrand (MR) a mis en avant l'exemple d'un indépendant gestionnaire d'une société de spectacles qui recevra deux fois plus d'aides s'il est installé en Wallonie plutôt que dans la Région-Capitale. "Si on fait le rétroacte, on constate qu'on n'a jamais attendu le MR pour faire ce qu'on avait à faire. Ils disaient qu'il fallait recapitaliser finance.brussels quand on était en train de le faire. Il y a chaque fois une simultanéité, ce qui est logique. Très touché, le secteur événementiel se fait entendre", réagit l'écologiste, qui fait ainsi savoir qu'elle est sur la balle.

Une aide "ciblée et d'envergure" à destination du secteur évenementiel au sens large sera en effet sur la table du gouvernement bruxellois jeudi prochain. "Cela concernera l'ensemble du secteur qui se fédère aujourd'hui et qui est en train de définir tous les métiers qu'il recouvre, sous-traitants compris. Nous les avons rencontrés au cours de l'été pour réfléchir à la mesure la plus appropriée et la plus fine. Cela sera une aide sur le modèle des primes mais que l'on modalisera en fonction de la perte réelle de chiffre d'affaires, car les différences sont énormes entre un organisateur de gros événements et un photographe par exemple. On atteindra certainement des échelles similaires à la Wallonie au niveau des montants."

"La principale demande du secteur événementiel, c'est de pouvoir travailler. Ils ont plein d'idées pour le faire dans le respect des règles sanitaires. C'est comme pour le secteur de la culture, il faut leur faire confiance."
Barbara Trachte
Secrétaire d'État bruxelloise à la Transition économique

En outre, Barbara Trachte réclame la tenue de la CIM (conférence interministérielle) Économie afin de pouvoir faire connaître les protocoles proposés par le secteur événementiel et plaider auprès du Celeval pour des mesures plus cohérentes sur le long terme. "La principale demande du secteur événementiel, c'est de pouvoir travailler. Ils ont plein d'idées pour le faire dans le respect des règles sanitaires. C'est comme pour le secteur de la culture, il faut leur faire confiance. Une fois les règles sanitaires établies, on pourra identifier ceux qui sont toujours entravés et décider de mesures économiques de plus long terme, cohérentes entre niveaux de pouvoir et avec un effet démultiplicateur."

Dans ses cartons, une aide relative aux loyers commerciaux est en cours de finalisation. Tout comme les prêts Proxi qui permettront de stimuler le prêt de particuliers vers les petites et moyennes entreprises avant la fin de l'année. "Une mesure prévue avant la crise mais que l'on a adoptée en urgence car c'est une corde en plus à notre arc pour en sortir. Alors qu'Amazon est en train d'engager à tour de bras, la crise économique met en danger les projets de petite envergure. La transition écologique passera par le renforcement de l'économie locale, par tout ce qui rapproche la production de la consommation en créant de l'emploi et en réduisant l'empreinte écologique. On en est encore plus convaincu qu'avant."

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