La validation des compétences, "un sésame pour l'emploi"

L'usine bruxelloise de Lipton a fermé ses portes le 31 décembre dernier. Plus de 80% des travailleurs ont opté pour la validation de leurs compétences. ©Emy Elleboog

Une quarantaine de travailleurs de l'usine Lipton de Forest, fermée en décembre, ont déjà pu faire reconnaître leurs savoir-faire et obtenir des titres de compétences. Ceux-ci ont permis à une vingtaine d'entre eux de décrocher un nouveau job.

En mars 2019, la multinationale Unilever annonçait la fermeture de son usine Lipton de Forest en fin d'année. Pour la plupart des travailleurs du site, c'était la douche froide. Sans diplôme, leurs perspectives d'avenir paraissaient bien sombres. La validation des compétences, un mécanisme d'aide au retour à l'emploi, a toutefois permis à plusieurs d'entre eux de rebondir.

Mais en quoi consiste ce système? Bien que de nombreux travailleurs d'Unilever aient acquis des compétences professionnelles sur leur lieu de travail, tous n'avaient pas nécessairement de diplôme ou de certificat leur permettant de les faire valoir sur le marché de l'emploi. Grâce à la validation de leurs compétences, autrement dit en passant des tests, ils ont pu démontrer leurs savoirs et savoir-faire acquis en dehors des filières de formation classique.

Tests en entreprises

22
Travailleurs
Vingt-deux travailleurs de Lipton Forest ont déjà retrouvé un emploi grâce à leurs titres de compétence.

Pas moins de 104 travailleurs du site d'Unilever, soit plus de 80%, ont décidé de prendre part à ces programmes lancés en décembre. Les mises en situation professionnelle, organisées sur le site même de Lipton, ont déjà permis à plus de 45 d'entre eux d'obtenir un ou plusieurs titres de compétence. "Depuis peu, nous avons développé des épreuves de validation au sein même de l'entreprise, un dispositif récent pour lequel les sociétés peuvent bénéficier d'un subside régional pour compenser les coûts d'organisation et de non-productivité du personnel mobilisé", explique le ministre bruxellois de l'Emploi, Bernard Clerfayt (DéFI).

Grâce à ces titres, 22 travailleurs ont retrouvé un emploi et 4 ont entamé des formations de longue durée. C'est notamment le cas de Youssef, qui en avait décroché trois et qui vient d'être embauché en tant que magasinier dans une entreprise de Zaventem. Si le scénario idéal est bien évidemment d'obtenir un nouveau job, ces titres permettent aussi de se lancer dans de nouvelles formations en bénéficiant de certaines dispenses.

"Un véritable sésame pour l'emploi."
Valérie Glatigny
Ministre francophone de la Promotion sociale

Compte tenu de la fermeture récente de Lipton, Bernard Clerfayt estime que ces premiers résultats sont "plutôt positifs". Une opinion que ne contestent pas ses homologues wallonne Christie Morreale (PS) et de la Fédération Wallonie Bruxelles, Valérie Glatigny (MR). "Ceux qui ont raté le premier train de la formation doivent absolument pouvoir prendre le suivant", a commenté la ministre Glatigny. Avec un taux de réussite qui avoisine les 77%, la validation des compétences constitue un "véritable sésame pour l'emploi", a-t-elle insisté. Pour l'année 2020, 566.000 euros y seront consacrés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Encouragée lors de fermetures et de restructurations, la validation des compétences a aussi tout son sens dans les entreprises en bonne santé, a souligné Séverine Deneubourg pour le consortium qui gère le mécanisme.

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