La Ville de Bruxelles débourse 7,5 millions d'euros pour racheter la Maison de Verre

Le siège de l'URBSFA, alias la "Maison de Verre", bientôt propriété de la Ville de Bruxelles. ©BELGA

Double tir cadré pour l’Union belge de football lundi soir au Conseil communal de la Ville de Bruxelles. Elle revend au prix fort son siège du boulevard Houba de Strooper et obtient une concession de 30 ans dans le Stade Roi Baudouin pour 1 euro symbolique.

Pour motiver le rachat au prix fort – 7,5 millions d'euros – du siège actuel de l'Union Royale Belge des Sociétés de Football – Association (URBSFA), le Collège de la Ville de Bruxelles, dans son projet d’arrêté soumis au vote du Conseil communal lundi dernier, stipule que ce montant, en ligne avec l'expertise demandée par ses soins au géomètre-expert Alexis Wolf, "se justifie par la valeur de convenance que représente le bien pour la Ville dans le cadre du développement du Plateau du Heysel", projet prioritaire à ses yeux. En effet, "cet immeuble possède une importance stratégique pour la réalisation, par la Ville, des projets de réaménagement de tout le quartier" est-il mentionné dans le projet d'arrêté entériné.

Selon l’opposition MR, le montant validé, et honoré sur le budget extraordinaire de la Ville, serait démesuré pour une "passoire énergétique obsolète et condamnée à être purement et simplement rasée par son nouveau propriétaire public".

"Tout ce que nous finalisons aujourd'hui a été initié par mon prédécesseur", réagit Benoît Hellings aux attaques du MR. ©Photo News

Pour l'échevin des Sports Benoît Hellings (Ecolo), c'est sous son prédécesseur MR, Geoffroy Coomans de Brachène, que le projet de développer sur la zone sud du Heysel un nouveau "Parc des Sports" a été validé, avec la contrainte de remembrer le terrain dont l'Union belge est pleinement propriétaire. "Et, dans la foulée, il faudra encore négocier le déménagement du Coib, non loin de là", ajoute l'intéressé, qui se défend au passage d'avoir abandonné les plans validés par la majorité communale précédente. "Sur les plans que j’ai montrés hier, j'ai précisé que cette piste d'athlétisme était toujours au programme. Comme précédemment annoncé, ce futur parc des sports sera financé avec l'argent dégagé par NEO 1, si celui-ci voit le jour, bien sûr… Et nous allons tout prochainement introduire une demande de permis modificatif, qui sera finalisée au terme d'un processus de participation entamé le 12 novembre avec tous les clubs sportifs concernés sur le périmètre visé, dont notamment l'Excelsior, mais aussi avec les riverains. Cela n’a jamais été fait par mon prédécesseur!", réagit Benoît Hellings. 

Les premières esquisses du futur Parc des Sports, le long de l'avenue Houba de Strooper. ©Omgeving & Ass.

Un loyer au rabais, vraiment?

Non contente de "payer cher et vilain un immeuble voué à être détruit à moyen  terme" selon les termes de l'opposition, la Ville, décidément très motivée par le ballon rond lundi soir, a également soumis au vote du même Conseil un second projet d'arrêté. Celui-ci cadre la location (concession domaniale) par la même Union belge d'un espace de bureaux de 300 mètres carrés logé dans le stade Roi Baudouin, et plus précisément en lieu et place du musée créé par la Ville, il y a une quinzaine d’années, à l'initiative de Georges Dallemagne (cdH). Ce qui a particulièrement fait tiquer l'opposition MR dans cet arrêté validé lui aussi par la majorité, c'est, outre le fait de sacrifier le musée, le montant du loyer consenti par la Ville, jusqu'en 2051, fixé à un euro symbolique.

"Les matches des Diables rouges sont la principale rentrée dégagée sur le périmètre du stade par la Ville."
Benoît Hellings
Échevin de la ville de Bruxelles chargé du Climat et des Sports

Du côté du Collège, on défend qu'il était utile de permettre à l'URBSFA "de garder un pied-à-terre sur le territoire bruxellois et de maintenir un partenariat privilégié avec la Ville, notamment pour l'organisation de ses matches de renommée nationale et internationale au sein du complexe sportif Stade Roi Baudouin".
Du côté de l'opposition, on rétorque que rien ne motivait qu'un pouvoir public fasse l'aumône à une fédération sportive qui ne manque pas de moyens, et à laquelle on a déjà fait pas mal de largesses, en lui "donnant gracieusement accès au stade et au terrain, propriété publique". Pour l'échevin des sports, c’est "n’importe quoi! Les matches des Diables rouges sont la principale rentrée dégagée sur le périmètre du stade par la Ville. Par exemple, le dernier match joué à huis clos, devant 4.300 personnes, a rapporté 25.000 euros. Et en période normale, hors crise sanitaire, le montant négocié se situe entre 100.000 et 120.000 euros par match. On est donc loin d’une occupation gracieuse…", réagit Benoît Hellings.

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