Le Centre de congrès de Néo2 construit d'ici 2023

©CFE/CofinimmoAteliers Jean Nouvel

Avec la présentation ce vendredi du nouveau centre de conventions et de l’hôtel adjacent, autorités bruxelloises et lauréats du concours bouclent les deux premières procédures cadrant – depuis près de dix ans déjà - leur ambitieux projet de reconfiguration du plateau du Heysel.

Il y avait du beau linge dans les salons VIP du palais 12 du Heysel pour accueillir Jean Nouvel en personne ce vendredi sur le coup de 13 heures. A commencer par le couple public porteur du projet, le ministre-président Rudi Vervoort et le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close. L’architecte français venait présenter dans le détail son projet, lauréat du concours NEO 2 et baptisé "The Brussels Pavilion Gardens".

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Pour rappel, le maître d’ouvrage public – Ville de Bruxelles et Région – propriétaire du gigantesque foncier visé (70 hectares urbains) avait opté, il y a 5 ans déjà, pour une mise en concurrence par dialogue compétitif  des candidats (consortiums) ayant répondu à un avis de marché européen pour remplir le cahier des charges de ce second volet plus corporate, centré sur un centre de conventions de 49.000 m² (répartis sur 6 niveaux) et un hôtel 4 étoiles de 250 chambres (15.000 m²), qu’il fallait en outre pouvoir financer sur le long terme et gérer.

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Comme déjà annoncé il y a deux mois, le conseil d’administration de NEO scrl (qui réunit Ville et Région) a attribué ce marché public au consortium formé par les sociétés belges CFE et Cofinimmo, dont le projet est dessiné par les Ateliers d’architecture Jean Nouvel (associé à MDW Architecture).

Locomotive internationale

"Pour la 8e année consécutive, l’Union des Associations Internationales hisse Bruxelles au rang de leader européen en matière d’organisation de congrès financés par des organisations internationales. Et au niveau mondial, nous pouvons nous féliciter d’occuper la deuxième place, juste après Singapour", a rappelé Rudi Vervoort (PS) pour motiver l’urgence à doter la capitale d’infrastructures répondant à la demande effective et porteuse pour Bruxelles.

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Présentant Jean Nouvel, le ministre-président n’a pas hésité à ajouter que, si sa Torre Agbar est devenue l’un des marqueurs indéniables de la skyline barcelonaise, le centre de congrès aurait, lui-aussi, vocation à devenir l’un des futurs monuments de l’architecture européenne.  

Pour sa part, Philippe Close (PS) n’a pas caché son enthousiasme de voir l’architecte français mondialement reconnu avoir emporté le morceau, en entamant son mot d’accueil par un cinglant "Enfin !". "Le Centre de conventions - avec ses 5.000 places en plénière - et le Palais 12 seront une merveilleuse opportunité pour que Bruxelles rayonne internationalement et pour que sa population puisse bénéficier de ce développement économique indispensable", a-t-il martelé, en chiffrant à 150 millions d’euros le budget global du projet et à 3.000 minimum les emplois créés à terme sur le plateau du Heysel. "Avec NEO, Bruxelles assume enfin pleinement son identité porteuse de grande capitale internationale et conviviale", a-t-il ajouté.   

Second candidat "bêtement" évincé. Crédible?

Lors de la présentation du projet lauréat, personne n’a fait allusion au second consortium retenu et évincé au terme d’un processus de dialogue compétitif long et coûteux, qui a occupé les équipes concernées durant plus de quatre ans. Le bruit courait que l’entreprise de construction Willemen n’avait pu fournir au moment opportun les pièces probantes confirmant que le consortium offrait les garanties financières imposées dans l’avis de marché. Le maître d’ouvrage public, NEO scrl, n’aurait donc eu d’autre choix que de disqualifier le consortium en lice pour des raisons purement administratives. Mais selon une source officielle se référant au procès-verbal motivant l’attribution du marché, le projet porté par l’équipe composée de Willemen, De Nul, De Waele, CIT Blaton et dessiné par les architectes danois Henning Larsen (associés à A2RC) était simplement moins bon selon les critères évalués.

©Atelier Jean Nouvel / MDW Architecture

"Il est vrai que, même si cette équipe l’avait finalement emporté, les documents financiers requis n’étaient, c’est vrai, pas en ordre", ajoutait cette source. D’autres sources proches du dossier évoquent des divergences de vue récurrentes de certains partenaires sur la capacité financière du consortium. Personne ne souhaitant prendre un risque financier démesuré, le second consortium aurait progressivement jeté le gant. A contrario, dans le consortium gagnant, c’est Cofinimmo qui s’est engagé à valoriser l’actif hôtelier. Une première sur ce segment pour la SIR cotée belge dont le nouveau CEO, Jean-Pierre Hanin, a confirmé être en tractations avancées avec le groupe hôtelier NH pour le contrat de gestion des murs à long terme.

Certificat d’urbanisme imminent pour NEO 1

A la veille d’une double échéance électorale, les maîtres d’ouvrage publics communaux et régionaux peuvent donc annoncer de concert avoir bouclé le long et complexe processus d’attribution de ces deux marchés de taille intrinsèquement liés. NEO 1 et NEO 2 poursuivront donc désormais le long processus administratif semé d’embûches et de recours pour se concrétiser, de concert l’espèrent les porteurs de projet publics et privés, à l’horizon 2023.

©Atelier Jean Nouvel / MDW Architecture

A ce propos, une nouvelle de taille a filtré en marge de la présentation de NEO 2: le certificat d’urbanisme cadrant NEO 1 sera délivré avant la fin du mois de septembre ; et les demandes de permis seront déposées dans la foulée, au plus tard en janvier 2019. Pour rappel, le contrat (avis de marché) cadrant cette première phase de développement de taille a été signé il y a plus de quatre ans déjà avec le consortium piloté par Unibail-Rodamco, Besix… et à nouveau CFE, qui fera le pont entre les deux projets. NEO 1 englobe la construction d’un centre commercial baptisé Mall of Europe, de 750 logements phasés dans le temps et de nombreux espaces verts, de loisirs et de sports, le tout dessiné par l’architecte français - lui aussi - Jean-Paul Viguier (associé à Art&Build).

→ Dernièrement, la réaffectation possible du stade Roi Baudouin, remise au milieu du jeu de quilles suite à l’abandon du projet d’Eurostadium développé sur le parking C, était venue compliquer la mise en œuvre de ce contrat gigantesque dont le budget dépasse le globalement le milliard d’euros. Interrogé sur le dossier du stade, Philippe Close et Rudi Vervoort ont botté en touche, donnant à penser que NEO pouvait sortir de terre sans attendre qu’on statue sur l’avenir du veil anneau obsolète, pourtant quasi collé au futur centre de conventions.

©Atelier Jean Nouvel / MDW Architecture

Dans l’intervalle, comme l’a rappelé l’échevin de l’Urbanisme Coomans de Brachène, un nouveau parc sportif de 27 hectares avec un stade de rugby de 5.500 places (semi-couvert), deux terrains de hockey et une piste d’athlétisme sera sorti de terre. Le dossier sera tout prochainement à l’enquête publique et les premiers développements sont prévus, en quatre phases de travaux étalées sur deux ans, à partir de 2019

 

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