Le centre de crise bruxellois est enfin opérationnel

La Crisis control room compte deux murs d'images: l'un de 16 écrans, l'autre de dix. ©Kristof Vadino

Inauguré ce mardi, le centre de crise régional sera utilisé pour la coordination et la gestion d'événements et de crises sur l'ensemble du territoire bruxellois.

Cela sent encore la peinture fraîche dans les escaliers qui mènent aux étages situés au sous-sol. Le bunker a été conçu de façon à nous faire oublier que l'on se trouve dans un lieu démuni de fenêtre. Un puits de lumière artificielle donne, durant la journée, l'illusion de bénéficier des rayons du soleil. "Nous avons travaillé sur l'ergonomie des lieux car certaines personnes pourraient se retrouver ici pendant plusieurs jours. Cela leur permettra de garder des repères jour-nuit. Il y a aussi de petites salles de repos et une kitchenette", indique Yves Bastaerts, directeur général adjoint de Bruxelles Prévention et Sécurité (BPS), l'organisme d'intérêt public à la manœuvre dans le projet de centre de crise régional.

Améliorer la collaboration

Après deux ans de travaux, la Région bruxelloise tient enfin son nouveau quartier général en matière de sécurité. Doté des dernières technologies de pointe, celui-ci a été mis sur pied afin d'améliorer la collaboration entre tous les opérateurs actifs sur le terrain, parmi lesquels la police fédérale et les zones locales, le Siamu, le parquet, la Sûreté de l'État, l'Ocam et les services de sécurité de la Stib. Ce n'est donc plus au PC Gold au Heysel mais dans le nouveau centre de crise régional du centre-ville que se réuniront tous ces acteurs pour gérer des événements planifiés comme les grandes manifestations ainsi que les événements sportifs et culturels. Comme son nom l'indique, ce sont aussi des situations d'urgence et de crise de moyenne et grande ampleur qui seront gérées entre ces murs. On songe évidemment aux attentats du 22 mars 2016, mais il pourrait tout aussi bien s'agir d'un grave incendie ou d'une inondation importante. En principe, c'est à l'occasion d'un sommet européen que le centre de crise régional sera véritablement étrenné au début du mois d'octobre.

La salle principale est dotée d'une immense "table stratégique". Petite coquetterie technologique: des écrans escamotables surgissent sur commande de la fameuse table... La Crisis control room compte également deux murs d'images, l'un de 16 écrans et l'autre de 10, soit un total de 32 millions de pixels. La création d’une plateforme de vidéo-protection au sein de BPS permet de visionner les images des caméras ANPR de la Low Emission Zone (LEZ), des zones de la police et celles de la Stib . Soit au total plus de 5.000 caméras de vidéosurveillance réparties sur le territoire régional. Pour les images enregistrées, la recherche d'une cible sera facilitée par la technologie. "Il est possible de mettre des filtres. On peut par exemple jouer sur la vitesse de déplacement d'une personne et sur les couleurs des vêtements qu'elle portait. Au lieu de se taper quatre heures de vidéo, on regarde juste les séquences sélectionnées automatiquement selon ces critères", explique Christian Banken, chargé de mission "transformation digitale".

"Cela aurait été utile au moment des attentats quand l'homme au chapeau (Mohamed Abrini, NDLR) a fait tout son périple de Zaventem à Bruxelles. Il a fallu regarder des heures d'images avec des zones blanches...", illustre Rudi Vervoort (PS), qui se souvient aussi des ratés du réseau Astrid le 22 mars 2016. "Sans incriminer personne, on ne connaîtra pas ce problème ici. En matière de technologie de télécommunications, on sera tout à fait safe."

"On ne l'a pas fait pour le symbole! Mais c'est vrai que la fusion des zones, c'est un peu obsessionnel chez certains, et qu'un outil comme le centre de crise est la meilleure réponse politique que l'on puisse donner."
Rudi Vervoort (PS)
Ministre-président bruxellois

Déjà sous la précédente législature, le ministre-président bruxellois était en charge de la coordination de la sécurité, compétence héritée lors de la sixième réforme de l’État. Après la création de l'OIP Bruxelles Prévention et Sécurité, la finalisation du centre de crise régional constitue sa seconde grande réalisation en la matière. Dans l'éternel débat sur la fusion des zones de police, Bruxelles aura une nouvelle carte à brandir. "On ne l'a pas fait pour le symbole! Mais c'est vrai que la fusion, c'est un peu obsessionnel chez certains, et qu'un outil comme le centre de crise est la meilleure réponse politique que l'on puisse donner", admet Rudi Vervoort.

Encore des zones à convaincre

Mais avant de pouvoir vanter les mérites du renforcement de la coordination bruxelloise, il reste du pain sur la planche en matière d'adhésion des localités. Au-dessus du centre de crise, un centre de communication censé réunir les dispatchings des six zones de police est en cours d'aménagement. Mais à ce stade, seules les zones Polbru et Marlow ont donné leur feu vert pour l'intégrer sur une base volontaire. Et en ce qui concerne le partenariat avec la plateforme intégrée de vidéosurveillance, on compte encore deux zones de police récalcitrantes qui ne fournissent pas leurs images, à savoir Montgomery et Nord.

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