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Le Conseil d'État torpille à nouveau le projet NEO

©BELGA

Le Conseil d'Etat annule une nouvelle fois le Plan d'affectation du sol nécessaire au projet NEO I. Il concernait notamment une réaffectation du plateau du Heysel afin d'y permettre la réalisation de plusieurs projets majeurs, comme la construction d'un centre commercial de 72.000 m².

C'était attendu, c'est confirmé. La Chambre flamande du Conseil d’Etat a de nouveau annulé le Plan régional d'affectation du sol établi par la Région bruxelloise pour NEO 1. L’arrêt suit intégralement, mais dans un délai particulièrement long, l’avis rendu par l’Auditeur il y a déjà trois mois.

En novembre dernier, les socialistes à la tête de la Région et de la Ville de Bruxelles affichaient en choeur leur volonté d'avancer dans ce dossier emblématique. Mais ils savaient qu'une annulation était fort probable.

Pour rappel, NEO est le nom de code du mégaprojet de réaménagement du Heysel. NEO 1 consiste en la réalisation du plus grand centre commercial de Belgique (72.000 m²), près de 700 logements, un complexe de cinémas et une zone de loisirs, le tout autour du Stade Roi Baudouin.

Le chantier était censé débuter en 2020, mais de multiples recours ont ralenti le projet. Longtemps, le futur permis d'urbanisme a été suspendu à l'autorisation préalable d'une modification du Plan régional d'affectation du sol (PRAS). La Région a lancé sur la zone concernée un plan d'aménagement directeur (PAD) permettant de contourner l'étape du PRAS.  

Problème de mobilité

Par un arrêt en décembre 2015, le Conseil d'État avait annulé une première fois la modification du plan pour le site du Heysel. En cause: l'accès des visiteurs au site. Les plans initiaux consistaient à relier le Ring au parking commercial via une liaison routière. Problème: la Flandre a refusé la construction d'un tunnel reliant le site à l'autoroute via le sous-sol du parking C. Pour tenter de contourner le problème, les autorités bruxelloises ont proposé d'autres liaisons, notamment l'un passant en surface devant les palais des expositions et filant vers l'A12.

Dans une nouvelle version du PRAS, soumise le 15 septembre 2017, le gouvernement bruxellois avait maintenu son scénario et réaffecté le plateau du Heysel de la même manière. Par son arrêt daté de ce vendredi 6 mars, le Conseil d'État annule donc cette deuxième mouture, constatant que "ce problème de mobilité, qui a été identifié lors de l'élaboration du plan, n'a pas été résolu dans le plan". 

Henri Dineur, le CEO d'EXCS, la structure qui coordonnne le projet NEO, s’attendait à une telle décision. "On attendait même impatiemment cet arrêt - aux relents particulièrement politiques - pour pouvoir avancer avec notre nouveau plan de contournement qui évite de passer en territoire flamand et permet de rejoindre directement l’A12, ce qui permet de répondre sur le fond aux motivations de cet arrêt", note le patron d'EXCS. 

Du côté du cabinet du ministre-président de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort, on indique que la teneur de l’arrêt sera analysée dans les jours qui viennent. La Région, la Ville de Bruxelles et leurs différents partenaires poursuivent par ailleurs la réflexion stratégique et réglementaire visant à établir un nouveau cadre. Cette réflexion "intègre une solution globale en matière de mobilité", précise-t-on encore au cabinet Vervoort.  

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