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Le marché immobilier locatif bruxellois en berne

Les communes accueillant habituellement les expatriés sont particulièrement touchées. ©BELGAIMAGE

Le marché locatif à Bruxelles souffre du manque d'expatriés, moins mobiles à la suite de la pandémie de Covid-19. Certains biens affichent même des loyers en baisse.

Le secteur est unanime: l'immobilier locatif bruxellois est à la peine. L'offre dépasse la demande, faute au manque de mobilité des expatriés lié à la crise sanitaire mondiale.

"La pandémie a fait chuter le marché des expatriés à Bruxelles. Il est réduit de moitié", chiffre le CEO de Trevi, Eric Verlinden. "Il y a beaucoup moins de mouvement, beaucoup moins d'expatriés, donc le marché locatif est plus compliqué qu'avant la pandémie", confirme Jonathan Pham, fondateur de We Invest.

"On s'est retrouvé avec pléthore de biens vides car il n'y avait pas de visite."
Aymeric Francqui
Patron de Latour & Petit

"Entre novembre et mars, c'était l'enfer. Notre activité a baissé de 60% sur le marché locatif, surtout pour les expatriés, puisque les frontières étaient fermées. On s'est retrouvé avec pléthore de biens vides car il n'y avait pas de visite", détaille le patron de Latour & Petit, Aymeric Francqui.

Impact sur les biens haut-de-gamme

Ce vide laissé par les expatriés a impacté un segment en particulier, celui du haut-de-gamme dans les communes du sud-est de la capitale, habituellement prisées par cette population de travailleurs.

"Le marché des expatriés est réduit de moitié."
Eric Verlinden
CEO de Trevi

"Ce sont des clients qui louent essentiellement des biens dont le loyer depasse 1.000 euros par mois", indique Eric Verlinden. "Habituellement, ces unités, dont les loyers dépassent 1.000 euros, se louent facilement dans les quartiers d'expatriés, mais une récession se fait sentir", appuie Sylvain Couchant du réseau Century 21.

Les communes concernées sont surtout Etterbeek, Ixelles et Uccle, ainsi que le quartier Schuman. "Elles subissent une pression plus importante car ce sont des communes qui accueillent habituellement beaucoup d'expatriés", détaille, de son côté, Emmanuel Deboulle d'ERA Real Estate. Les studios, notamment, souvent loués par ces travailleurs internationaux, "ont beaucoup souffert", ajoute-t-il.

-10%
décote des loyers
Les loyers bruxellois haut-de-gamme affichent une décote de l'ordre de 10%.

Des loyers en baisse

Ce manque de "clients" couplé à une offre de logements tout aussi abondante que les années précédentes met les prix des loyers sous pression. Ils tendent à diminuer depuis quelques mois pour l'immobilier bruxellois haut-de-gamme. "Ce qui se louait 1.000 euros précédemment se loue plutôt à 950 euros aujourd'hui", chiffre Emmanuel Deboulle.

"Au lieu de louer un bien 1.000 euros, les propriétaires le louent désormais 900 euros. La décote sur les loyers est de l'ordre de 10%", affirme le CEO de Trevi. Il poursuit: "Les propriétaires ont rapidement adapté leur prix à la demande, le marché est assez élastique, ce qui permet de ne pas faire augmenter le vide locatif."

"Pour les biens concernés, les prix ont diminé de 50 à 100 euros", appuie Sylvain Couchant, "mais ce qui n'est pas le cas pour les logements d'entrée et de moyenne-gamme, dont les prix sont moins élevés. Ceux-ci sont restés stables. Le phénomène concerne les unités plus chères vu l'abondance de l'offre".

"On observe une pression sur les loyers."
Emmanuel Deboulle
Business development manager FR chez ERA Real Estate

Les agents assistent même à "un shopping locatif de la part des expatriés puisqu'il y a beaucoup de choix sur le marché. Ils annulent leur location car ils ont finalement trouvé mieux ailleurs. Ce sont toujours les biens les plus qualitatifs qui l'emportent", explique Aymeric Francqui.

Vers une lente reprise

La possibilité de voyager et la reprise du trafic aérien depuis quelques semaines permettent au secteur de sortir tout doucement la tête de l'eau. "Le marché commence à repartir, le mois de juin a bien repris, mais ce n'est pas encore la panacée", affirme le patron de Latour & Petit. Pour Trevi, il faudra encore quelques mois avant de retrouver un marché stable: "La décote va s'atténuer au fur et à mesure des prochains mois grâce à la reprise du trafic aérien et à la reprise économique. Mais la situation reviendra à la normale plutôt courant 2022."

Le résumé

  • La pandémie de Covid-19 a "immobilisé" bon nombre d'expatriés, qui n'ont pas pu rejoindre bruxelles en 2020-2021.
  • En leur absence, le marché immobilier locatif bruxellois souffre.
  • L'offre dépasse la demande, poussant les prix à la baisse, particulièrement pour le segment haut-de-gamme dans les communes prisées par les expatriés.

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