Le MR bruxellois part en team building

©Thierry du Bois

On a retrouvé la septième compagnie. Cornaqués par leur chef de file au Parlement, Vincent De Wolf, les libéraux bruxellois passent à l’offensive. Ils partent ce vendredi, en minibus, à Bruges, pour une mise au vert de deux jours – sous la supervision du grand gourou ès communication de la Toison d’Or, Olivier Alsteens. "On ne va pas rigoler, c’est du vrai team building", prévient Vincent De Wolf.

Et en guise de mise en jambe, avec Armand De Decker, Willem Draps et Marion Lemesre, ces bleus-là sortent la kalachnikov – façon de parler. "On a trop souvent été les pare-feu du MR pour ce qui se passe au Fédéral, on veut sortir de cette logique et faire nos propositions, même si cette majorité (PS, FDF, cdH) est nulle", lance De Wolf. D’où la constitution d’un shadow-cabinet pour marquer le gouvernement à la culotte. C’est dans les cartons.

Mais, déjà, les esprits s’échauffent quand le sujet des FDF s’invite à table. "Des voleurs! éructe De Wolf. C’est scandaleux ce qu’ils essayent de faire en récupérant le libéralisme social. Ce sont des imposteurs: c’est Louis Michel qui est à l’origine du libéralisme social. Et c’est moi, qui suis à la gauche de mon parti qui vous le dis! Il y en a marre de ces attaques des FDF, ils sont sans arrêt dans la vengeance."

Armand De Decker prolonge: "C’est un parti de vieux, il n’y a plus un seul jeune au sein des FDF, de toute façon, ils vont disparaître." Willem Draps: "C’est un parti qui ne fait que renier sa parole."

Vincent De Wolf reprend la main et emmène ses députés deux jours durant à Bruges pour une mise au vert.

Attention, chaud devant!

Ah, bon? Et le MR avec la N-VA? "Rien à voir! intervient De Wolf. On est très clair: nous ne la croyons pas et nous avons vu qu’il était possible de mettre le communautaire de côté." N’en jetez plus: "On voit bien cette fraction des FDF entre Maingain et Gosuin d’un côté, qui sont pieds et poings liés avec le PS, et de l’autre côté, Bernard Clerfayt qui fait de l’opposition a son propre gouvernement. ça ne tient plus la route du tout, leur truc."

Et voilà une rasade pour le cdH, elle est signée Marion Lemesre: "Le cdH, c’est le pneu crevé de cet attelage."

Draps: "On n’en parle même plus tellement ils sont à plat ventre devant le Parti socialiste."

"Enfin, ponctue Armand De Decker, il faut qu’on fasse gaffe, parce qu’à force d’être si nuls, ils vont finir par nous envoyer Laurette Onkelinx, elle va débarquer à Bruxelles."

De Wolf: "Mais qu’elle vienne Laurette de Lasne, franchement, aucun problème, on va enfin s’amuser."

De Wolf : "Les FDF, ce sont des imposteurs! Le libéralisme social, c'est nous" ©Thierry du Bois
De Decker : "Ce gouvernement est si nul qu'ils vont devoir envoyer Onkelinx" ©BELGA
Lemesre : "Le cdH, c'est le pneu crevé de ce gouvernement bruxellois" ©BELGA
Draps: 'L'immobilisme de Vervoort est complètement irresponsable" ©BELGA

De Decker: "C’est vrai que dans tous les départements ministériels où elle est passée, ça a été la catastrophe…"

Lemesre (en majorité avec le PS à la Ville de Bruxelles) tempère: "Avec Yvan Mayeur, ça se passe très bien…"

De Decker: "Oui, on a quand même dû le calmer après sa gestion catastrophique de la manifestation du 6 novembre dernier où il a laissé tout faire aux dockers anversois. C’était d’un laxisme affligeant."

Enfin, "les flics sont mal formés, l’école de police est à la ramasse", enchaîne De Wolf. "Je plaide pour qu’on puisse recréer une école des cadets", souffle Lemesre.

Dans le dossier Uber, "la majorité est complètement paralysée par les divisions internes, entre PS et sp.A. Pascal Smet m’a reçu, il est constructif et il veut avancer, admet De Wolf. Mais il est complètement coincé par le conservatisme des socialistes qui bloquent toute avancée dans ce dossier sensible." "Un tel immobilisme de la part de Vervoort est complètement irresponsable", juge Willem Draps.

Au séminaire brugeois, il y aura donc du pain sur la planche, entre révision de la com’, dossiers mobilité et exode rural, on évoquera aussi "les dérapages de Rudi Vervoort" qui utilise son strapontin de ministre-président pour s’adresser directement aux chefs de corps de la zone de police. "C’est clairement faire sortir les policiers de leur statut en leur demandant de jouer un rôle politique", soupire De Decker. "Et puis cette majorité nous chipe nos propositions sans arrêt", soulève De Wolf.

"Laurette de Lasne? Franchement, elle peut venir à Bruxelles, je l’attends."
Vincent De Wolf

Et la troupe bleue ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Entre Bruges, des visites d’hôpitaux bruxellois, un déjeuner avec Didier Reynders pour parler de Beliris et un petit voyage d’étude à Lyon. "Mais attention, pas pour goûter à la gastronomie locale", avertit De Wolf. Là, le chef de file bruxelloise se lève de table et glisse a Willem Draps: "Allez les gars, on se voit demain avec votre valise."

Draps: "Il n’y a pas tellement de choses à prendre on ne dort qu’une seule nuit.".

Rendez-vous à Bruges.

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