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Le MR freine l'extension du pass sanitaire à Bruxelles

Le gouvernement bruxellois voudrait étendre le covid safe ticket à l'horeca si la situation épidémiologique ne s'améliore pas dans le courant du mois de septembre. ©Hans Lucas via AFP

Pour instaurer un pass sanitaire dans l'horeca et les salles de sport, le gouvernement bruxellois a besoin du feu vert des autres entités fédérées afin de modifier l'accord de coopération.

Le point n'était pas formellement à l'ordre du jour du gouvernement bruxellois ce jeudi, mais les membres de l'équipage Vervoort ont tout de même discuté de l'éventuelle extension du covid safe ticket (CST). Dans l'optique de prévenir les contaminations et d'éviter de nouvelles fermetures de secteurs, le recours à cet outil fait désormais consensus, avec des balises. Pas question, par exemple, d'imposer un CST dans les commerces ou les transports publics. L'imposer aux mineurs de moins de 16 ans n'est pas non plus souhaitable, a fait savoir la frange écologiste en réunion.

Rien n'est tranché à ce stade, mais le pass sanitaire serait en principe utilisé dans les restaurants, cafés et salles de sport. Déjà en place dans le secteur événementiel, le CST pourrait être étendu en rabaissant la jauge. Il est question de l'activer si la situation vaccinale et épidémiologique n'évolue pas positivement dans le courant du mois de septembre, mais aucun seuil précis n'a pour l'heure été déterminé.

Lister les secteurs

Les Bruxellois sont d'accord entre eux, c'est un préalable indispensable, mais pas suffisant pour permettre l'extension du pass sanitaire dans la capitale. En effet, une modification de l'accord de coopération instaurant le CST est nécessaire. Il faut intégrer au texte existant la possibilité pour les gouvernements des entités fédérées de prévoir le CST pour des activités autres que des événements, dans le cas où la situation épidémiologique ou le taux de vaccination le requiert. Sur le principe, toutes les entités ont marqué leur accord, mais des discussions sont toujours en cours pour établir la liste des secteurs concernés.

Et cela traîne trop aux yeux des Bruxellois qui soupçonnent l'existence d'une stratégie de blocage, voire de sabotage, de la part d'autres entités. Pas de la Flandre qui n'a émis aucune réticence vis-à-vis de la régionalisation d'une telle mesure. Pas non plus du niveau fédéral. Préoccupé par la situation bruxelloise, le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) a même fait savoir, lors d'une rencontre avec Rudi Vervoort (PS) et Alain Maron (Ecolo) ce jeudi matin, qu'il voulait que les choses avancent à Bruxelles. Pas question dès lors de priver la Région d'un outil jugé utile, à condition qu'il ne s'agisse pas d'une mesure de façade. Traduction : il faudra être en capacité d'instaurer des contrôles et de faire en sorte que le CST soit un outil transitoire pour atteindre un meilleur taux de vaccination.

Libéraux pas chauds

C'est au sud du pays que des réticences sont émises, et plus précisément du côté du MR qui est opposé depuis le départ à ce dispositif perçu comme une restriction des libertés. Les libéraux interrogés nous assurent qu'ils ne bloqueront pas Bruxelles dans ce processus, mais qu'il faut veiller à ce que la mesure reste proportionnelle et n'impacte pas des établissements sous tutelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

"Est-ce qu’on veut vraiment sortir l’arme nucléaire du pass sur l’ensemble du territoire parce que 12 communes n'ont pas le taux de vaccination suffisant et parce que le gouvernement bruxellois n’a pas fait ses devoirs de vacances ?"
David Leisterh
Président du MR bruxellois

Sur LN24, le ministre wallon des Finances et du Budget Jean-Luc Crucke plaidait justement ce jeudi matin pour la vaccination obligatoire à Bruxelles "plutôt que de pourrir la vie des gens jusqu'à ce qu'ils aillent se faire vacciner". La veille sur la RTBF, le président du MR bruxellois David Leisterh déclarait que le pass sanitaire n'est pas la panacée : "Est-ce qu’on veut vraiment sortir l’arme nucléaire du pass sur l’ensemble du territoire parce que 12 communes n'ont pas le taux de vaccination suffisant et parce que le gouvernement bruxellois n’a pas fait ses devoirs de vacances ?"

Même si le MR n'est pas au pouvoir en Région bruxelloise, il a le pouvoir de priver celle-ci d'un nouvel outil dans la lutte contre la pandémie. On touche peut-être ici aux limites du fédéralisme de coopération.

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