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Le MR prédit l'échec de la zone 30 généralisée à Bruxelles

©Photo News

Les ambitions du gouvernement bruxellois en matière de mobilité ne sont pas reprises dans le budget, déplore l’opposition libérale qui demande un pas en arrière sur la gratuité de la Stib.

Le gouvernement bruxellois consacrera 1,274 milliard d’euros à la mobilité en 2020, soit 21% du budget régional. Mais pour l’opposition MR, il s’agit d’un budget de rattrapage insuffisant pour parer au sous-investissement chronique des précédents gouvernements et répondre aux enjeux de congestion, de qualité de l’air et de sécurité routière. "Du propre aveu de l’ancien ministre-président Charles Picqué, la mobilité n’a jamais été une priorité politique en Région bruxelloise, amorce le député David Weytsman. Le manque d’investissement dans les infrastructures s’est déroulé à tous les niveaux en Belgique mais le Fédéral et la Région wallonne ont identifié les investissements de rattrapage. À Bruxelles, seuls les tunnels font depuis peu l’objet d’un monitoring et d’un plan d’investissement clair. Nous n’avons aucune évaluation des investissements réalisés dans les voiries, les trottoirs, les pistes cyclables et le transport public. Et on doute que ce budget de rattrapage soit suffisant pour rénover l’entièreté des offres."

"Il ne faut pas mentir aux gens. La gratuité de la Stib se fera au détriment des travailleurs et des investissements."
David Weytsman
Député bruxellois

Exemple avec la Stib dont la dotation augmente, certes, mais pas suffisamment pour répondre aux besoins, assurent les libéraux. La Cour des comptes note, en effet, que la dotation de fonctionnement général ne tient pas compte ni de l’accroissement des barèmes liés à l’accord interprofessionnel, ni des engagements de personnel en 2019 ni de la hausse du prix de l’électricité. Quant à la dotation relative au développement de l’offre, elle permettra de financer les mesures du contrat de service public qu’à concurrence de 6,5 millions sur les 13 prévus. La Cour constate encore que le total des crédits de liquidation relatifs aux programmes d’investissement est inférieur de 89 millions d’euros aux dépenses prévues au programme pluriannuel d’investissements pour 2020.

"Et la hausse de 8,2% des recettes de la Stib est une estimation qui repose sur l’hypothèse d’une augmentation de 3% du nombre de voyageurs et d’une adaptation tarifaire qui n’est même pas assumée par le conseil d’administration", s’insurge David Weystman qui épingle également l’absence de financement, à hauteur de 30 millions, de la gratuité pour les jeunes de moins de 25 ans et les seniors de plus de 65 ans, une mesure promise par le gouvernement de Rudi Vervoort (PS). "On leur demande de faire un pas en arrière concernant la gratuité même si c’est leur seule nouvelle mesure. C’est de la folie furieuse au regard du problème budgétaire. Il ne faut pas mentir aux gens, la gratuité se fera au détriment des travailleurs et des besoins en investissements."

"En heure de pointe, les bus roulent à 14,8 km/h et les trams font du 15,3 km/h, des vitesses extrêmement basses, presque risibles."
Anne-Charlotte d’Ursel
Députée bruxelloise

La priorité, aux yeux de l’opposition MR, c’est l’amélioration du service. "Or, peu de nouveaux projets sont budgétisés. Rien sur la prolongation du métro vers Grand-Bigard ou le sud de Bruxelles. Rien sur l’engagement du gouvernement à étendre l’offre du métro en soirée et le week-end." La parlementaire Anne-Charlotte d’Ursel pointe quant à elle les budgets insuffisants pour améliorer la vitesse commerciale du transport de surface. "En heure de pointe, les bus roulent à 14,8 km/h et les trams font du 15,3 km/h, des vitesses extrêmement basses, presque risibles. Mais les investissements prévus en 2020 pour le programme Avanti accordant une priorité aux carrefours pour les véhicules de transport public ne témoignent pas d’une politique volontariste."

Les points noirs oubliés

À partir du 1er janvier 2021, le 30 km/heure deviendra la règle sur tout le territoire de la Région, à l’exception des grands axes. Une ambition du gouvernement qui ne se traduit pas dans les chiffres selon les libéraux qui ne pointent pas de hausse suffisante pour les aménagements ni pour le soutien aux zones de police. "Nous sommes favorables aux zones 30 dans les quartiers résidentiels. Mais sans aménagements ni contrôle, l’échec de ce projet est garanti. Les radars, c’est prouvé, ne suffisent pas à modifier les comportements des automobilistes", souligne Anne-Charlotte d’Ursel qui s’étonne du statu quo concernant les montants alloués à la sécurisation des abords d’écoles.

"Quand on connaît les points noirs où intervenir rapidement pour éviter des morts, ne pas réagir me semble dingue!"
David Weystman

Mais au rayon sécurité routière, ce qui choque davantage David Weystman c’est l’absence de programmation concernant les fameuses ZACA, les zones à concentration d’accidents déjà identifiées par le précédent go uvernement en 2015. "Seules huit des 30 ZACA prioritaires ont été réaménagées et rien n’est clairement prévu dans la note d’orientation pour 2020. Quand on connaît les points noirs où intervenir rapidement pour éviter des morts, ne pas réagir me semble dingue!"

En vrac, le duo libéral énumère une série de projets qui ne se traduisent pas au niveau budgétaire, de la fiscalité automobile plus verte à la réforme du transport rémunéré de personnes qui doit venir mettre un terme à une situation de concurrence déloyale entre taxis et chauffeurs Uber en passant par la création d’une gare routière sur le site Erasme. Sans oublier les parkings de dissuasion pour lesquels le budget est fortement raboté l’an prochain.

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