Le MR propose un plan Airbag pour les indépendants bruxellois

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Le député MR bruxellois David Weytsman propose de mettre sur pied une prime de transition pour aider les indépendants complémentaires à passer en activité principale, à l’image du plan Airbag wallon.

Mathieu est électricien, et travaille comme salarié pour un entrepreneur. Il a aussi quelques clients en tant qu’indépendant à titre complémentaire. Il voudrait se lancer en solo. Le hic, c’est que ses lois sociales vont exploser. Comme indépendant complémentaire, il payait un pourcentage de 21% en fonction de ses revenus, il devra s’acquitter d’un minimum de 700 euros par trimestre, quelles que soient ses rentrées. Et il devra investir: matériel, camionnette… Changer de statut, c’est prendre un risque financier.

" Actuellement, peu d’indépendants osent prendre ce risque, constate le député MR bruxellois David Weytsman. Or, passer du statut d’indépendant complémentaire à celui d’indépendant à titre principal, c’est enclencher un cercle vertueux pour l’emploi: l’indépendant qui abandonne son job de salarié libère un emploi, crée son propre job, génère des biens et services et crée de la richesse, et si son activité fonctionne bien, il peut même créer à son tour de l’emploi en engageant du personnel."

David Weytsman voudrait booster ce passage en donnant un coup de pouce financier aux indépendants qui aimeraient se lancer. D’après l’Union des classes moyennes (UCM), seulement 15% des 250.000 indépendants à titre complémentaires disent vouloir sauter le pas vers l’activité principale. Les enquêtes menées par le SNI montrent de leur côté que 23% envisageraient de le faire. Des taux assez bas, qui témoignent d'une réelle frilosité.

Le député MR a donc déposé la semaine dernière une proposition d’ordonnance au parlement bruxellois pour instaurer une "prime de transition", à l’image de ce qui a été fait en Wallonie avec le plan Airbag.

Weytsman ne copie pas à la lettre près le plan wallon. La prime de transition serait un peu plus élevée qu’au sud du pays: 15.000 euros, contre 12.500 euros en Wallonie (octroyé en plusieurs tranches). "Les analyses faites du plan Airbag wallon ont montré que beaucoup d’indépendants trouvaient la prime insuffisante, explique Weytsman. Et à Bruxelles, les activités qui pourraient se développer nécessitent généralement un certain investissement."

Cette prime échelonnée permettrait à l’indépendant de sauter le pas en ayant un petit capital de départ pour supporter la transition. Pour en bénéficier, il devra répondre à certains critères et suivre un processus de sélection auprès d’une commission consultative composée de représentants des fédérations patronales, des syndicats et de l’enseignement supérieur, et ce afin de limiter les risques d’échec.

"On veut cibler les métiers en pénurie, dans le secteur de la construction, du commerce ou des soins de santé par exemple "
David Weytsman
Député MR au parlement bruxellois

Le candidat devra notamment prouver l’existence d’un marché potentiel permettant la viabilité et le développement de son projet. Il devra aussi démontrer qu’il a suivi une formation en gestion d’entreprise ou avoir bénéficié d’un accompagnement à l’autocréation d’emploi. "On veut cibler les métiers en pénurie, dans le secteur de la construction, du commerce ou des soins de santé par exemple", explique le député bruxellois.

Avec cette proposition, David Weytsman espère pouvoir aider entre 500 et 1.000 indépendants par an à passer la frontière entre l’activité complémentaire et principale. Un objectif ambitieux lorsque l’on sait que le plan Airbag wallon, lui, aide environ 300 indépendants par an, d’après l’UCM. Le député propose que le dispositif soit évalué (notamment sur l’aspect création d’emplois) après 6 mois.

L'Airbag wallon en retard

Au sud du pays, le plan Airbag a failli passer à la trappe lorsque la socialiste Eliane Tillieux était à la tête du cabinet de l’emploi, par manque de moyens budgétaires. Il a finalement été maintenu, avec un budget de 4,4 millions d’euros pour 2018, mais souffre d’un retard dans l’approbation des dossiers au sein du Comité de sélection.

En 2017, l’arriéré s’élevait à 175 dossiers, un retard que le ministre de l’emploi MR Pierre-Yves Jeholet espère voir résorbé pour le mois d’août prochain.

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