Le Parlement bruxellois s'installera dans l'ancien bâtiment de Belgacom

Seul l'intérieur de l'ancien hôtel téléphonique, situé près du Sablon, fera l'objet de travaux de rénovation. ©Immobel

Le Parlement bruxellois doit délocaliser une partie de ses services. Son choix s'est porté sur l'ancien hôtel téléphonique de la rue de la Paille.

Suite à un appel d'offres lancé l'été dernier, c'est finalement sur l'ancien hôtel téléphonique de Belgacom, sis rue de la Paille et intégré dans un projet mixte de redéveloppement porté par Immobel, que le choix du Parlement bruxellois s'est porté. À cette nuance près que ce n'est pas Immobel, mais l'Institut des experts-comptables, lui aussi à la recherche d'une nouvelle adresse, qui a répondu à cet appel à marché public; et que ce déménagement conjoint reste conditionné à l'octroi d'un permis de bâtir toujours pendant à l'heure actuelle.

Pour éclaircir ce nouvel épisode lié à la saga de la transformation par Immobel de l'îlot Lebeau, qui ne cesse de susciter des réactions dans le quartier du Sablon, nous avons questionné tant le futur occupant que le propriétaire des murs retenus.

"Rester propriétaire de nos murs"

Rachid Madrane (PS), le président du Parlement bruxellois, motive le choix des parlementaires: "Quand je suis devenu président, on m'a signalé qu’on était à l'étroit dans les bâtiments, ce qui est dû en partie à la fragmentation du paysage politique. On a de plus en plus de groupes politiques différents et chacun a besoin de locaux, de salles de réunion et d'un peu de discrétion. Actuellement, nous louons ailleurs des locaux pour la N-VA, le cdH et Dier Animal. Mais je pense préférable, pour une institution publique, de posséder ses propres bâtiments", motive le président.

"Nous souhaitons acquérir cet espace distinct conjointement avec l'Institut national des experts-comptables."
Rachid Madrane
Président du Parlement bruxellois

Raison pour laquelle le bureau du Parlement bruxellois a lancé un appel d'offres auquel tous les propriétaires du quartier – ou presque – ont répondu. "Nous avons visité sept ou huit lieux", poursuit Rachid Madrane. "Nous avons été un moment intéressés par le bâtiment de la Fédération de la Construction, qui se trouve juste en face du Parlement. Mais la partie proposée n'était pas adaptée au travail des députés et il y avait beaucoup de travaux à faire. Finalement, notre choix s'est donc porté sur l'ancien bâtiment de Belgacom sis dans la rue de la Paille", explique-t-il.

Quand on lui fait remarquer que les quelque 2.800 m² visés font partie d'un projet immobilier mixte, complexe, actuellement porté par le promoteur Immobel, celui-ci parle de dossier distinct. "Nous gardons la fonction initiale de bureaux, sans modifier ni la structure, ni la façade, ni l'esthétique du bâtiment. Et nous souhaitons acquérir cet espace distinct conjointement (50/50) avec l'Institut national des experts-comptables, qui cherchait lui aussi un nouveau siège et nous a suggéré de faire une proposition couplée. Nous attendons maintenant de voir si cette offre sera acceptée. Nous disposerions de trois étages chacun. Au rez-de-chaussée, un auditoire serait disponible aux deux co-acquéreurs", détaille le président, qui ajoute ne pas encore savoir si le futur bâtiment abritera les députés et leurs collaborateurs ou les services administratifs du Parlement.

Nouvelle demande de permis

Du côté d'Immobel, propriétaire depuis 2014 déjà de l'îlot baptisé Belgacom, on indique que, contrairement aux rumeurs, l'avis de prospection immobilière lancé par le Parlement bruxellois durant l'été 2020 portait bien sur un bâtiment existant, à rénover ou à transformer et tablait sur 2.000 à 2.500 m² de bureaux à acheter, dans un rayon de maximum 1.000 mètres autour du siège actuel du Parlement.

"Seuls des travaux de rénovation intérieurs seront réalisés, de manière à remettre les lieux aux normes standard actuelles du marché de bureaux."
Guillaume Gosse
Immobel

Guillaume Gosse, le développeur en charge du projet, confirme d'ailleurs qu'Immobel n'a pas soumis d'offre au Parlement: "L'Institut national des Conseillers fiscaux et Experts-comptables (ICE) avait déjà mis au point avec Immobel un pré-accord détaillé pour l'acquisition en état de future rénovation de l'immeuble de bureaux sis au croisement de la rue de la Paille et de la rue de Ruysbroeck, Immobel intervenant en qualité de fournisseur-vendeur du bâtiment rénové".  

Dans le projet initial porté par Immobel et vilipendé par les riverains, le bâtiment Belgacom (Ruysbroeck) était passablement rehaussé et affecté au logement. ©Immobel

Le responsable du projet précise par ailleurs que la demande de permis d'urbanisme introduite par Immobel en 2019 n'est plus d'actualité. "Comme l'a spécifié l'avis de la Commission de concertation de janvier dernier, vu le récent arrêt de la Cour constitutionnelle, une nouvelle demande de permis doit être introduite pour ce projet de manière à se conformer aux anciens seuils de parkings applicables concernant les mécanismes d'évaluation des incidences. Cette nouvelle demande est en cours de préparation et sera introduite prochainement", précise-t-il.

Rénovation intérieure

Dans le cadre de cette nouvelle demande, vu l'avis de la CRMS (Commission royale des monuments et sites) et le souhait marqué des riverains, qui ont tous insisté sur la qualité architecturale du bâtiment visé, celui-ci sera conservé et maintenu dans son affectation existante de bureau, plutôt que – comme prévu auparavant – démoli, rehaussé et transformé en logements. "Seuls des travaux de rénovation intérieurs seront réalisés, de manière à remettre les lieux aux normes standard actuelles du marché de bureaux", précise encore le responsable.

Dans la nouvelle demande de permis, le gabarit et la façade du bâtiment visé seront conservés. ©Immobel

Le bâtiment Ruysbroeck, déjà affecté au bureau, ne faisant désormais l'objet que d'une rénovation standard dans le cadre de la demande de permis à réintroduire, les murs visés par l'ICE et le Parlement répondent donc de facto à la définition de bien existant (achevé, à transformer ou à rénover) telle que ciblée par les conditions établies par l'appel à marché public. "La proposition faite par l'ICE au Parlement rentre donc totalement dans les conditions de la prospection immobilière lancée par le Parlement", insiste Guillaume Gosse.

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