Le porte-parole d'Yvan Mayeur était... salarié de Gial

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Les événements se bousculent dans le scandale de l'ASBL Gial. Alors que l'on apprenait ce matin que l'ancien directeur-général, Yves Vander Auwera, affirme avoir été remercié en 2016 après avoir posé des questions sur la légalité du contrat de consultance de l'expert Michel Leroy, payé 1.000 euros par jour, on apprend aujourd'hui que le porte-parole d'Yvan Mayeur était un salarié de l'ASBL.

Il y a quelques jours, on vous parlait de cette nouvelle bombe, révélée par le Vif, qui a éclaté à la Ville de Bruxelles. Un consultant de l’ASBL Gial, qui gère l’informatique de la commune, a perçu 1.000 euros par jour pendant 18 ans via sa société. Sans marché public.

→ Lire le témoignage de l'ancien directeur-général, Yves Vander Auwera: "J'ai soulevé des questions à ce sujet. Peu après j'étais mis à la porte"

Aujourd'hui, c'est au tour de la RTBF de lever le voile sur un nouvel élément lié à l'ASBL Gial. Cette fois, on apprend que le porte-parole de l'ancien bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur, était... salarié de Gial. "Il était rémunéré par l'ASBL mais ne travaillait pas directement pour l'ASBL, ni dans ses locaux mais à l'hôtel de Ville de Bruxelles", indique la RTBF.

Quoi qu'il en soit, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a demandé au fisc d'enquêter sur les comptes de l'ASBL. Son parti a également demandé officiellement la démission de Karine Lalieux (PS), présidente de l'ASBL au moment de la signature du contrat de Michel Leroy. Elle sera ensuite remplacée par Mohamed Ouriaghli, échevin PS, en 2012.

Les faits

Le 25 février 2015, le conseil d'administration de Gial avalise l'engagement de Fabrice Voogt, pas pour travailler pour Gial, mais pour "travailler dans la cellule communication de l'administration bruxelloise nouvellement créée", nous explique-t-on au cabinet de Mohamed Ouriaghli, tout en précisant que "l'un des objectifs (de cette cellule) était de moderniser la communication de la Ville et de développer un nouveau site internet et des réseaux sociaux au sein de Gial", un travail réalisé "sous l'autorité du secrétaire général, chef de l'administration".

Tous les membres du conseil d'administration votent oui pour cet engagement, sauf Didier Wauters (cdH), dans l'opposition, qui s'abstient.

"Pour moi, il n'est pas normal que GIAL prenne sur son payroll un collaborateur qui va se charger de la communication de la majorité."
Didier Wauters

Ce jour-là est également recrutée une deuxième personne, la future adjointe à la Cellule communication en charge des réseaux sociaux de la Ville de Bruxelles, Aude Vilain, fille de Serge Vilain à la tête de la SRIB (Société régional d'investissement de Bruxelles) depuis 27 ans. Didier Wauters s'abstient une deuxième fois.

"Le président de Gial et le directeur général de l'époque nous rassurent en nous disant que Gial s'occupe justement de la digitalisation de la Ville de Bruxelles. Mais pour moi, il n'est pas normal que Gial prenne sur son payroll un collaborateur qui va se charger de la communication de la majorité. Cet engagement doit se faire au niveau de la Ville de Bruxelles. À la fin des débats, je ne suis toujours pas rassuré, je ressens un malaise et je décide de m'abstenir. Une abstention en signe d'opposition en fait", explique Didier Wauters à nos confrères de la RTBF.

En début d'année dernière, Fabrice Voogt a quitté son poste. Il est aujourd'hui porte-parole du CPAS de la Ville de Bruxelles. La Ville de Bruxelles tiendra son prochain conseil communal le 26 février prochain.

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