Le PS bruxellois attendu au tournant sur le décumul intégral

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Les débats furent tendus mardi en commission Affaires intérieures du Parlement bruxellois. À l’ordre du jour, une proposition Ecolo/Groen, PS/sp.a, DéFI visant l’incompatibilité totale entre les mandats de députés et les mandats exécutifs dans les communes. En d’autres mots, le décumul intégral.

Comme attendu, le texte fut voté sans difficulté, trouvant une majorité simple en commission. Il devrait en être tout autrement lors de son passage obligé en séance plénière du Parlement bruxellois, le 30 mars prochain. Pour être voté, le texte devra faire l’objet d’une double majorité (parmi les 17 députés néerlandophones et parmi les 72 députés francophones).

Or, il est clair que côté néerlandophone il n’y a que Groen et sp.a, (six députés au total), pour soutenir le décumul intégral. Open Vld, CD&V et N-VA annoncent voter contre. Pour passer en force, les promoteurs du texte devront alors trouver une majorité simple pour déposer une deuxième fois le texte. Celui-ci pourra ensuite passer avec l’aval d’un tiers seulement des députés néerlandophones.

Ce tour de passe passe a été imaginé pour contrer l’éventuel blocage de Bruxelles par l’extrême droite flamande, mais n’a jamais été utilisé jusqu’ici. Si ce scénario se réalise, les partis néerlandophones ainsi minorisés crieraient au scandale communautaire.

La députée Zoé Genot (Ecolo) n’en a cure. "Le citoyen ne comprendrait pas que le décumul soit bloqué alors qu’il y a une majorité pour le faire", dit-elle. Elle déplore l’obstination des CD&V et Open Vld. Quant à la N-VA, "62% de ses députés fédéraux sont bourgmestres ou échevins, claironne-t-elle. On comprend bien que ce ne sont pas les intérêts des néerlandophones de Bruxelles qui sont en jeu mais bien ceux des mandataires N-VA." DéFI ira jusqu’au bout également, confirme son chef de groupe Emmanuel De Bock, qui salue un "moment historique". Le sp.a dit qu’il ne changera pas d’avis en cas de blocage côté néerlandophone. Pour le PS, Caroline Désir est moins claire. "On n’en est pas encore là", dit-elle à L’Echo. Une frilosité qui pourrait témoigner de dissensions internes et/ou de craintes pour la cohésion de la majorité régionale.

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