Le PS pour un plan national signé SNCB, Stib, TEC et De Lijn

Les socialistes bruxellois s'attaquent à l’engorgement de la capitale. Les quatre sociétés de transport public doivent intégrer leurs services et proposer un plan national de mobilité, selon le député Ridouane Chahid. Il estime que la taxation au kilomètre est une nécessité pour Bruxelles.

C’est une évidence, la mobilité à Bruxelles souffre plus que jamais de l’éclatement des compétences politiques au niveau des différentes entités du pays. Le train au Fédéral, les trams et les métros aux Régions, la fiscalité automobile entre les deux. Résultat: l’absence patente d’une stratégie nationale concertée pour faire en sorte de désengorger la capitale. Les oppositions partisanes n’arrangeant rien à l’affaire. Sans perspective de changement à court terme, le PS de Bruxelles propose de sortir de l’ornière politicienne en mobilisant les entreprises publiques concernées.

"C’est un appel, on devrait charger les CEO de la SNCB de la Stib, de De Lijn et du TEC de rédiger un plan national de mobilité intégrée."
Ridouane Chahid
Chef de groupe adjoint du PS au Parlement bruxellois

"C’est un appel, on devrait charger les CEO de la SNCB de la Stib, de De Lijn et du TEC de rédiger un plan national de mobilité intégrée, avance Ridouane Chahid, chef de groupe adjoint du PS au Parlement bruxellois. Il doit être possible de faire cela d’ici 2019 pour que les prochains gouvernements disposent dès leur installation d’une feuille de route. Lutter contre la congestion automobile est un combat commun que nous avons avec les autres régions et le Fédéral." à un débat idéologique entre partis, il propose donc de substituer un procédé pragmatique axé sur l’expertise des acteurs.

Le député prône aussi une approche plus participative de la problématique. Celle-ci repose sur le principe de l’interconnection. "Une politique connectée à deux niveaux, développe-t-il. D’une part via une application unique au service de tous les acteurs de la mobilité, ensuite en assurant une liaison effective des différents réseaux de transport." D’où l’intérêt de s’adresser d’abord aux entreprises précitées. "Nous ne sommes pas contre la voiture mais nous souhaitons que les mentalités changent, l’enjeu est de faire en sorte que les usagers utilisent tel ou tel mode de transport en fonction du trajet à effectuer."

Zone métropolitaine

Alors que le débat sur une éventuelle extension de la taxation au kilomètre patine en Wallonie (lire ci-dessous), le PS bruxellois revient avec l’idée de remplacer les taxes existantes (de mise en circulation et de circulation annuelle) par une tarification kilométrique. Son principe est connu: plutôt que de taxer le véhicule lui-même, on taxe son utilisation. "En procédant ainsi, on encourage l’automobiliste à planifier ses déplacements de manière plus rationnelle", plaide Ridouane Chahid.

Cela fait plusieurs années que les socialistes bruxellois ont choisi cette option sans jamais pouvoir l’imposer. Les performances de ce dispositif nécessitent qu’il s’affranchisse des frontières régionales de la capitale pour s’appliquer à une zone métropolitaine, bassin économique de Bruxelles composé d’une trentaine de communes de la périphérie. Ce projet se heurte également aux réticences du cdH, en majorité à Bruxelles. Pour le PS, cette tarification doit être proportionnelle aux revenus et modulées selon l’impact environnemental des véhicules taxés. Les recettes générées par le système devront être injectées dans les transports publics et les politiques de sécurité routière, estime le député.

12 milliards €
L’estimation d’une extension du métro au-delà des frontières bruxelloise en liaison avec les chemins de fer.

Pour les socialistes, il conviendrait encore de mettre en œuvre des lignes de transports publics transrégionales, gérées conjointement par la Stib, De Lijn et les Tec dans la zone métropolitaine. "Nous sommes également partisans d’un réseau de métro qui s’étend à la zone métropolitaine et qui soit relié au réseau ferroviaire, ce qui correspond à un investissement d’environ 12 milliards d’euros, dessine Ridouane Chahid. Tout comme nous demandons la valorisation des 30 gares SNCB qui se trouvent sur le territoire bruxellois." Ce maillage devra également compter nombre de parkings de dissuasion. Le paiement de ceux-ci pourrait intégrer une application commune à toutes les sociétés de transport.

Politique, le retour?

Aussi séduisant soit-il, ce projet ne risque-t-il pas de se heurter à un mur? Les sociétés de transport public dépendent directement de leur gouvernement respectif et donc du monde politique. La formule pourrait donc ne faire que retarder dans le temps un débat politique sans fin. "Il faut que les gouvernements s’engagent à mettre en œuvre les mesures de ce plan qui sont praticables rapidement, répond Ridouane Chahid. L’objectif est justement de faire en sorte d’éviter de s’embourber dans des débats stériles."

La taxe au kilomètre divise toujours

Les différents gouvernements du pays ne semblent pas encore prêts à changer de paradigme en matière de fiscalité automobile. Mercredi, la Febiac, la Fédération belge de l’automobile et du cycle et la FEB ont profité de la diffusion des recettes générées par la taxe kilométrique appliquée aux poids lourds pour plaider l’extension du système aux véhicules particuliers.

"Aujourd’hui, les camions paient un montant identique même lorsqu’ils roulent en dehors des heures de pointe (…). Mais pour lutter contre les embouteillages, il faut une taxe kilométrique intelligente, aussi pour les automobilistes", estime la Febiac. Cette prise de position a suscité l’opposition nette du CDH, membre du gouvernement wallon. Le député wallon Dimitri Fourny évoquait à la radio une double peine fiscale, le carburant étant déjà frappé par les accises. Il craint également une pénalisation des usagers vivant en zones rurales peu desservies par les transports en commun.

Le gouvernement flamand a quant à lui fait savoir que son étude en cours sur cette réforme ne serait pas prête avant la fin de la législature. "Ce sera certainement un dossier pour le prochain gouvernement qui aura tous les éléments à sa disposition pour prendre une décision en connaissance de cause", a précisé Ben Weyts, ministre N-VA de la Mobilité.


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