Le Sablon vent debout contre un projet d'Immobel

Conçu par un consortium d'architectes composés de MLA+ et KSA, le projet porté par Immobel a été sélectionné par le bouwmeester. ©Immobel

Immobel veut démolir l'ancien bâtiment Belgacom en aval du Sablon pour construire des immeubles à appartements, des commerces, un hôtel et un vaste parking. Un projet disproportionné selon les riverains.

La commission de concertation relative au projet d'Immobel dans le quartier du Sablon se tiendra ce mardi 19 janvier. Plus mobilisés que jamais, les riverains et les commerçants réunis au sein du comité de quartier Lebeau ont à nouveau fait entendre leurs nombreuses critiques à l'approche de cette échéance.

Le promoteur Immobel souhaite obtenir l'autorisation de démolir les anciens bâtiments de Belgacom, sis entre les rues Lebeau, de la Paille et de Ruysbroeck, pour y construire un vaste complexe de 40.000 m2 comprenant des logements, des bureaux, un hôtel, des commerces ainsi qu'un parking de 365 places. Tout un îlot est donc voué à disparaître, hormis l'Hôtel Central téléphonique qui ferait l'objet d'une rénovation.

Perspectives modifiées

Les critiques récurrentes des riverains concernent la densité du projet ainsi que la hauteur des bâtiments prévus par Immobel. Avec une hauteur de 35 mètres, le nouveau bloc de logements surplombera de trois à quatre étages les maisons d'en face, dans la rue Lebeau. Des tours de 50 mètres de hauteur et de 13 à 15 étages sont également prévues dans les angles.

"Le retour du logement dans les parties supérieures, l'hôtel et les bureaux apporteront la mixité nécessaire pour que les lieux vivent en permanence."
Guillaume Gosse
Senior project seveloper chez Immobel

De quoi modifier certaines perspectives et dénaturer à jamais le charme du quartier du Sablon, dénonce le comité de quartier qui estime qu'une rénovation de certains des bâtiments est préférable pour des raisons patrimoniales, esthétiques et écologiques. Enfin, le parking ne répondrait à aucun besoin vu les places encore disponibles dans le parking de l'Albertine, situé quelques mètres plus bas.

Comme souvent pour les projets d'une telle envergure, Immobel a bénéficié d'un accompagnement régional. Conçu par un consortium d'architectes composés de deux bureaux internationalement reconnus, MLA + et KSA, le projet porté par Immobel a été sélectionné par le bouwmeester.

Redynamiser le quartier

"Alors que l'ancien bâtiment Belgacom étaient orienté vers l'intérieur, les commerces prévus sur une double hauteur vont redynamiser la rue Lebeau et réactiver la connexion piétonne entre le Sablon et la Grand-Place. Le retour du logement dans les parties supérieures, l'hôtel et les bureaux apporteront la mixité nécessaire pour que les lieux vivent en permanence. Tous ces occupants vont interagir avec le quartier d'un point de vue économique et social", fait valoir Guillaume Gosse.

La Commission royale des monuments et sites ne s'était pas prononcée favorablement sur une demande de classement des bâtiments Belgacom en mars dernier.

Envisagée, la rénovation est impossible selon ce développeur de projets chez Immobel. "Le changement d'affectation de bureaux en logements ne permettait pas de faire des appartements qualitatifs. Il n'était, par exemple, pas possible d'inclure des terrasses. Or, la crise du Covid a montré à quel point c'était indispensable", souligne Guillaume Gosse, qui ajoute que le repositionnement des volumes sur les côtés permet de remplacer les constructions en intérieur d'îlot par un jardin privatif de 15 ares.

Moins de soleil le matin

Immobel réfute aussi les soucis de perspectives. "Les bâtiments les plus hauts sont implantés à l'est, dans le bas de la rue, pour limiter l'impact sur le quartier. Il y aura un impact sur l'ensoleillement uniquement le matin et les bâtiments seront visibles depuis la Grand-Place. Tout cela ne s'est pas fait sans réflexion: nous avons fait une étude d'élévation avec une trentaine de points de vue dans la ville pour veiller à ce que la modification soit qualitative."

Dans ce dossier, les deux parties feront sans doute valoir la position de la Commission royale des monuments et sites, mais sous des angles différents. Bien que la CRMS plaide avec force pour le maintien et la mise en valeur de ce patrimoine de la fin du XIXe siècle, elle ne s'était pas prononcée favorablement sur une demande de classement des bâtiments Belgacom en mars dernier.

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