Le tunnel Annie Cordy et les limites de la participation citoyenne

©Photo News

Sans surprise, la chanteuse Annie Cordy est la grande gagnante parmi les 15 candidates proposées au vote du public pour renommer le plus long tunnel du pays.

La participation citoyenne a ses limites. Le gouvernement bruxellois voulait renommer le sinistre tunnel Léopold II, objet d’une profonde rénovation, pour féminiser l’espace public. Et pour impliquer la population, il a organisé une consultation citoyenne.

Dimanche soir, les internautes qui suivent sur Twitter la ministre bruxelloise de la Mobilité Elke Van den Brandt et la secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances Nawal Ben Hamou ont pu découvrir au compte-gouttes les 15 premiers noms du classement, puis le trio de tête. Un insoutenable suspense qui a atteint son paroxysme ce lundi matin avec l’annonce du nom de la grande gagnante, pile-poil pour la journée internationale des droits des femmes.

Si la volonté était de mettre en avant une personnalité ayant véritablement œuvré pour le droit des femmes comme Marie Popelin, c’est raté.

Sans aucune surprise et comme au premier tour, Annie Cordy s’est largement démarquée des autres candidates en remportant plus de 22% des suffrages. Tout ça, pour ça. C’est la limite de ce type de consultation populaire. La personnalité la plus connue du grand public remporte le plus grand nombre de votes, c’est d’une logique implacable.

Si la volonté était de mettre en avant une personnalité ayant véritablement œuvré pour le droit des femmes, comme Marie Popelin par exemple, c’est raté. La première femme docteure en droit de Belgique et créatrice de la ligue belge du droit des femmes a hérité de la sixième place. Résistante durant la Seconde Guerre mondiale et cofondatrice du réseau Comète ayant permis l’évasion de centaines de soldats anglais et américains face aux soldats allemands, Andrée de Jongh se retrouve, de justesse, dans le top 10.

On ne critique pas le choix de l’interprète de Tata Yoyo, on dit juste que si l’on veut à l’avenir mettre en avant des personnalités féminines injustement tombées dans l’oubli, il faudra accepter l’idée de ne pas forcément passer par la case "participation citoyenne". En clair, il faudra décider et assumer, ce qui peut encore exister au XXIe siècle. La question reste de savoir si ces dernières auraient apprécié être associées à l'un des endroits les plus sombres et pollués de la capitale.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés