Le viaduc Herrmann-Debroux enterré par le gouvernement bruxellois

En moyenne 35.000 voitures empruntent quotidiennement le viaduc Herrmann-Debroux. ©BELGA

Le gouvernement bruxellois adoptera ce jeudi le projet de plan d’aménagement directeur (PAD) Herrmann-Debroux. À travers ce plan, l’exécutif prend la décision formelle de démolir le viaduc. Aucun calendrier précis n’est fixé, mais Didier Gosuin (DéFI) estime qu’il sera difficile de défaire cette décision.

Le gouvernement bruxellois de Rudi Vervoort (PS) avait entamé la législature 2014-2019 sur des chapeaux de roues en démolissant le viaduc Reyers à Schaerbeek. À dix jours du scrutin régional, il acte sa volonté de raser un autre ouvrage d’art: le viaduc Herrmann-Debroux. En effet, le gouvernement adoptera ce jeudi en première lecture le plan d’aménagement directeur (PAD) Herrmann-Debroux ainsi que son rapport d’incidences environnementales. Le périmètre de 43,5 hectares qui s’étend principalement sur la commune d’Auderghem et accessoirement sur Watermael-Boitsfort comporte plusieurs sites qui doivent encore faire l’objet d’une urbanisation ou d’un réaménagement, à savoir Beaulieu, le triangle Delta, Triomphe, Delta P+R et Demey.

"Au début, on me prenait pour un fou même dans ma propre commune."
Didier Gosuin
Ministre bruxellois de l’Économie et de l’Emploi

Mais dans ce dossier, l’attention se concentre principalement sur le sort du viaduc quotidiennement emprunté par 35.000 voitures. L’exécutif avait déjà déclaré qu’il désirait trancher cette question avant la fin de la mandature dans le cadre du PAD. "Composé de tissus urbains juxtaposés, le projet de PAD entend renouer les rives de l’E411 autour d’un boulevard urbain contemporain", peut-on lire dans la note au gouvernement qui propose de soumettre le projet de PAD à l’enquête publique.

Si cette décision qui s’inscrit dans une logique plus globale consistant à réaménager l’ensemble des entrées de ville n’est pas étonnante, il s’agit quand même d’un soulagement pour Didier Gosuin (DéFI). Le ministre bruxellois (sortant) de l’Économie et de l’Emploi qui redeviendra bourgmestre de sa commune d’Auderghem après les élections rappelle qu’il était bien isolé lorsqu’il a évoqué pour la première fois la destruction du viaduc Herrmann-Debroux en 2006. "Au début, on me prenait pour un fou même dans ma propre commune. Et il faut bien reconnaître que cela continue de susciter le débat. Le soulagement, c’est d’être rejoint aujourd’hui dans cette analyse. C’est une satisfaction d’avoir l’assurance que l’on va recoudre un tissu urbain qui a été fracturé par des ouvrages autoroutiers. C’était la vision dans les années 60…"

"Je ne verrai pas la disparition du viaduc de mon vivant politique, mais j’espère le voir comme habitant d’Auderghem."
Didier Gosuin
Ministre bruxellois de l’Économie et de l’emploi

Le ministre amarante estime que cette décision, prise suite à des nombreuses études réalisées par perspective.brussels et des années de réflexion, sera difficile à défaire par un autre gouvernement. En revanche, Didier Gosuin précise que le plan d’aménagement directeur ne fixe aucun calendrier. "Pour moi, le plus tôt est le mieux, mais il faut être réaliste. En matière de mobilité, il y a quand même des étapes intermédiaires à franchir et cela nécessite des politiques de coordination avec les autres régions. Je sais que cela prendra encore du temps. Je ne verrai pas la disparition du viaduc de mon vivant politique, mais j’espère le voir comme habitant d’Auderghem", déclare-t-il.

La transformation des entrées de ville en boulevards urbains figure dans le plan régional de développement durable (PRDD) qui sert de fil rouge en matière de développement territorial. Pour rappel, la fin de l’autoroute E40 à l’entrée de Bruxelles en venant de Liège est réduite d’une bande de circulation depuis lundi dernier. Selon les premières observations, la mesure n’a pas entraîné d’embarras de circulation

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