Le couvre-feu attaqué de toutes parts, Bruxelles en mauvaise posture

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort ©REUTERS

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort réunira les bourgmestres de la capitale au cours de la semaine à venir pour faire le point sur les mesures spécifiques en vigueur à Bruxelles.

La Région de Bruxelles-Capitale a décidé de faire cavalier seul en termes de couvre-feu lors de l'avant-dernier Comité de concertation, le maintenant entre 22h et 6h du matin, là où la Wallonie se rangeait du côté des horaires fédéraux: tout le monde chez soi entre minuit et 5 heures.

Cette mesure spécifique dans la capitale sera discutée lors d'une réunion des bourgmestres bruxellois la semaine prochaine, a confirmé le ministre-président Rudi Vervoort (PS) ce dimanche. "Je réunirai les bourgmestres sur les mesures en vigueur à Bruxelles. L'idée sera d'accompagner le calendrier (NDLR: des mesures adoptées par le Comité de concertation pour les prochaines semaines) de façon à ce qu'on en sorte", a-t-il précisé lors de l'émission "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL TVI). Sans toutefois présager de perspectives pour un assouplissement immédiat.

Actuellement, plus de 50% des contaminations à Bruxelles sont dues au variant britannique, plus contagieux.

Le couvre-feu de 22h à 6h du matin est en vigueur à Bruxelles depuis le 23 octobre dernier, tout comme le port du masque, la fermeture de tous les commerces à 20h et l'interdiction de la consommation d'alcool dans l'espace public.

Bruxelles en mauvaise posture

Vendredi, le comité de concertation a décidé de mesures d'assouplissement du confinement en trois vagues d'ici le début de mois de mai, et liées à l'évolution de la pandémie. Or selon la commission communautaire commune, le taux d'incidence - le nombre d'infections pour 100.000 habitants - a augmenté significativement au cours des derniers jours à Bruxelles, passant à 344 vendredi, contre 287 le 26 février dernier. Le taux de positivité est passé de 7,5% le 26 février à 7,6%, vendredi dernier, alors que le nombre de tests effectués est en légère augmentation. Actuellement, plus de 50% des contaminations sont dues au variant britannique, plus contagieux. Les autres variants sont également en augmentation à Bruxelles.

On observe aussi une augmentation des hospitalisations à Bruxelles depuis une dizaine de jours. Celles-ci sont passées à 318 le 4 mars, contre 279 le 26 février. Idem pour le nombre de personnes en unités de soins intensifs, passé à 68 le 03 mars contre 61 le 26 février.

"Une atteinte très grave à notre liberté"

En outre, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) espère que la question de l'opportunité du couvre-feu pourra être abordée lors de la prochaine réunion du Comité de concertation, prévue le 26 mars. Il estime déjà que ce sera une discussion difficile, bien qu'il ne soit pas question de l'anticiper.

"Il nous semble raisonnable de lever le couve-feu en avril dans la mesure où c'est une forte restriction de notre liberté."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

"Si le couvre-feu devait être prolongé unilatéralement, ce serait contraire à l'esprit dans lequel nous avons travaillé jusqu'à présent. Je serai du côté des partisans de son abolition, le jour où il en sera question", a-t-il annoncé ce dimanche au cours de l'émission "De Zevende Dag" (Eén-VRT).

Le parti nationaliste flamand annonce par ailleurs le dépôt d'une proposition de loi à la Chambre pour abolir le couvre-feu, a indiqué le chef de groupe Peter De Roover. "En déposant notre proposition, nous obligeons le gouvernement à justifier sa politique en la matière et tous les députés à montrer leurs couleurs dans cette affaire", a-t-il dit, ajoutant compter sur le soutien de l'Open Vld.

"Pas de jeu politique"

De son côté, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) défend toujours la mesure, mais elle a déclaré que le Comité de concertation devra vérifier à chaque réunion si sa justification tient toujours. Le président de son parti, Joachim Coens, a toutefois appelé ce lundi à ne pas faire de "jeu politique" autour de la question du couvre-feu. S'il considère la mesure spécifique à Bruxelles "problématique" et plaide pour une coordination avec la Wallonie et la Flandre, il rappelle que le couvre-feu fait partie d'un ensemble de restrictions visant à limiter la propagation du virus.

"Nous devons nous pencher sur l'évolution des chiffres", a-t-il indiqué dans l'émission De Ochtend (Radio 1). "Ce n'est par exemple pas parce que le secteur de la restauration rouvre que le couvre-feu doit nécessairement être levé. Il s'agit d'un ensemble de mesures. Le 26 mars, tout sera à nouveau examiné."

Dimanche, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait également souhaité la levée du couvre-feu le plus rapidement possible. "Il nous semble raisonnable de le lever en avril dans la mesure où c'est une forte restriction de notre liberté. Il nous semble nécessaire qu'il disparaisse le jour où l'Horeca rouvrira ses portes", a-t-il dit. Le chef de file des libéraux francophones préférerait également que les établissements Horeca rouvrent plus tôt que le 1er mai, date qui a été avancée vendredi. "C'est vers le 1er mai au plus tard, car je pense que la vaccination devrait s'accélérer", a-t-il déclaré.

Voici le calendrier de déconfinement

A/ Le 8 mars

  • La bulle de contacts à l'extérieur passe de 4 à 10 personnes. 
  • Les funérailles pourront réunir 50 personnes maximum, au lieu de 15 actuellement.
  • Les enfants de moins de 13 ans pourront participer à des activités dans des groupes de 10 à l'intérieur ou de 25 à l'extérieur.
  • Les jeunes de moins de 19 ans pourront, eux, participer à des activités dans des groupes de 10 à l'extérieur. Cela reste interdit à l'intérieur.
  • Les photographes pourront à nouveau recevoir des clients, avec un maximum de 1 client par 10 mètres carrés. L'ouverture des saunas privés est également prévue et sera autorisée aux personnes habitant sous le même toit. Par contre, les jacuzzis, les cabines à vapeur et les hammams resteront inaccessibles.

B/ Le 15 mars

  • Les élèves des écoles primaires et secondaires pourront participer à des activités scolaires extra-muros, telles que des excursions d’une journée.
  • Les étudiants de l'enseignement supérieur vont pouvoir revenir en présentiel 1 jour par semaine.
  • Les étudiants "vulnérables", en enseignement spécial et enseignement professionnel à temps partiel, pourront revenir à temps plein à l'école.

C/ Pour avril

  • Les activités extérieures organisées pourront rassembler 10 personnes maximum, quel que soit leur âge.
  • Toujours en extérieur, les évènements, culturels ou non, comme les services du culte, seront permis pour des groupes de 50 personnes maximum.
  • Les parcs d'attractions vont pouvoir rouvrir.
  • Les marchés seront également rouverts.
  • Pendant les vacances de Pâques, les activités organisées et camps de mouvements de jeunesse pourront se tenir avec maximum 25 jeunes de moins de 19 ans. Le camp pourra avoir lieu si tous les participants ont été testés avant et à la fin de celui-ci. 
  • L'interdiction des voyages non-essentiels devrait être levée le 18 avril, bien que les voyages seront toujours fortement déconseillés après cette date. Une mise à jour sera faite lors du prochain Codeco le 28 mars.
  • À partir du 19 avril, après les vacances de Pâques donc, les élèves du primaire et du secondaire seront de retour tous les jours à l'école.

D/ Pour mai

  • Les bars et restaurants vont pouvoir rouvrir, en intérieur comme en extérieur.
  • Il y a aura plus de possibilités à l'intérieur et à l'extérieur, entre autres en matière de: contacts sociaux, shopping, commerce ambulant, culture, évènements, marchés, foires, animations pour les jeunes, vie associative, sport, services de culte, soins à domicile et fitness.

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