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Les conditions de travail précaires des coursiers confirmées par la VUB

Les coursiers bruxellois sont souvent de jeunes hommes issus de l'immigration, parfois sans papiers et parfois mineurs, selon l'étude de la VUB. ©ZUMAPRESS.com

Selon l'échantillon sur lequel s'est basée l'étude de la VUB, 43% de coursiers actifs dans la capitale ne sont pas nés en Belgique.

Les livreurs de repas doivent-ils être salariés ou indépendants et peuvent-ils bénéficier du statut de prestataire de l'économie collaborative? C'est la question qui sera bientôt tranchée par le tribunal du travail de Bruxelles dans l'affaire Deliveroo. Et c'est dans ce contexte que la VUB a publié les résultats d'une étude relative aux conditions de travail de ces travailleurs. Dans le cadre de son doctorat, la chercheuse Elief Vandevenne a examiné le degré de précarité et le bien-être de 170 livreurs de repas actifs dans la Région-Capitale auxquels elle s'est adressée directement dans la rue.

Ses conclusions? Les coursiers obtiennent un score plus élevé en matière de précarité que les autres groupes de travailleurs. "La comparaison vaut également avec les employés du secteur des transports qui effectuent un travail similaire sans l'intervention d'une plateforme digitale", précise la chercheuse qui a constaté une relation nette entre les emplois de coursier les plus précaires et le degré de bien-être.

Les coursiers sont surtout de jeunes hommes, parfois sans papiers et parfois mineurs. L'échantillon se compose à 43% de coursiers qui ne sont pas nés en Belgique ou ont des parents issus de l'immigration (22%). On apprend encore que 16,3% des coursiers sont au chômage et que 9,8% travaillent exclusivement comme coursiers. Les coursiers qui ne peuvent pas créer de compte parce qu'ils n'ont pas de permis de séjour valide en louent un et travaillent sous un autre nom. "Cela se fait généralement via des groupes de coursiers sur les réseaux sociaux."

"Pour les personnes qui n'ont pas accès au marché du travail régulier, ce type d'emploi, malgré des conditions de travail précaires, offre une chance d'obtenir un revenu bien nécessaire."
Elief Vandevenne
Chercheuse à la VUB

Selon Elief Vandevenne, cette situation n'est pas de nature à faciliter l'ambition des syndicats de lutter contre la précarité des coursiers. "Après tout, supposons que la conclusion du procès soit que les coursiers doivent être considérés comme des employés. Que se passera-t-il alors pour les coursiers sans-papiers ? Pour les personnes qui n'ont pas accès au marché du travail régulier, ce type d'emploi, malgré des conditions de travail précaires, offre une chance d'obtenir un revenu bien nécessaire."

Un argument retoqué par Me Sophie Remouchamps: "On devrait alors arrêter les contrats de travail dans la construction et l'horeca parce qu'il y a des sans-papiers dans ces secteurs? Si on part de ce principe, on jette le droit social à la poubelle. Le véritable problème, c'est de conditionner l'accès au marché du travail à un titre de séjour. Mais on ne nie pas le problème des sans-papiers puisqu'on milite par ailleurs pour leur accès au marché du travail", souligne l'avocate de la CSC dans l'affaire Deliveroo.

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