Les derniers mots de Nemmouche aux jurés: "J'ai été piégé"

©BELGA

Avant l'entrée en délibération du jury, Mehdi Nemmouche, l'accusé de l'attentat au musée juif, avait encore le droit de s'exprimer. Jugé depuis huit semaines aux assises de Bruxelles, il encourt la réclusion à perpétuité.

J'ai été piégé et Me Courtoy vous a expliqué les raisons pour lesquelles je me suis tu depuis le début.
Mehdi Nemmouche
accusé du quadruple assassinat au musée juif de Bruxelles

L'audience a repris ce mardi matin devant la cour d'assises de Bruxelles avec la possibilité, pour les accusés du procès de l'attentat au musée juif,  d'adresser un dernier mot au jury. Avant la délibération. L'arrêt quant à la culpabilité des accusés devrait être rendu jeudi matin, selon les prévisions.

Jugé depuis huit semaines aux assises de Bruxelles, Nemmouche, accusé du quadruple assassinat commis le 24 mai 2014 au musée juif de Bruxelles, encourt la réclusion à perpétuité.

L'accusé Mehdi Nemmouche a donc eu une dernière fois l'occasion de s'exprimer avant que le jury de la cour d'assises de Bruxelles n'entre en délibération. "J'ai été piégé et Me Courtoy vous a expliqué les raisons pour lesquelles je me suis tu depuis le début", a-t-il maintenu. "Ne percevez pas cela comme une attitude irrespectueuse, je n'ai pas voulu être licencieux. Si c'était à changer, je changerais tout. Je vous remercie pour votre attention pendant deux mois", a-t-il laconiquement adressé aux jurés.

Pour Me Lys, qui représente l'Association française des victimes du terrorisme, "c'est un procès un peu historique, c'est le premier procès d'un attentat commis par l'Etat islamique sur le sol européen, donc évidemment ça aura une valeur de précédent". "Ceux qui ont été victimes à Paris le 13 novembre 2015, ceux qui ont été victimes à Bruxelles le 22 mars 2016 nous regardent. Ils regardent ce qu'il se passe ici. Il faut leur montrer qu'on peut leur rendre justice dans des conditions sereines."

Le jury aura à répondre à 56 questions sur la culpabilité des accusés

 La cour d'assises de Bruxelles a communiqué mardi la liste des questions auxquelles les jurés devront répondre durant leur délibération. Cette liste comporte exactement 56 questions, relatives aux crimes, au caractère terroriste des actes et aux infractions sur les armes. Les vingt premières questions posées concernent Mehdi Nemmouche et les trente-six autres concernent Nacer Bendrer.

Comment ça fonctionne?

Pour chaque victime, les jurés devront tout d'abord déterminer si Mehdi Nemmouche est coupable d'être auteur d'un homicide volontaire dans un contexte terroriste ou d'un homicide volontaire "simple". Et pour chacune de ces questions, ils devront également dire s'il y a eu préméditation ou non. S'ils répondent "non" aux questions principales (homicide "simple" ou à caractère terroriste), Mehdi Nemmouche est alors acquitté des crimes. Ensuite, les jurés devront répondre aux questions sur les armes, soit Mehdi Nemmouche a-t-il détenu une arme prohibée (la kalachnikov) et a-t-il détenu une arme nécessitant un permis sans en posséder (le revolver). Comme pour les quatre crimes, les questions sur les armes sont posées deux fois, une première fois en tenant compte de la circonstance du contexte terroriste et une seconde fois sans contexte particulier.

Pour Nacer Bendrer, les questions sont plus nombreuses étant donné que le ministère public a demandé à ce que la question de la complicité soit posée, en plus de celle de la corréité (co-auteur) pour laquelle Nacer Bendrer a été renvoyé devant la cour d'assises.

Ainsi, pour chaque victime, les jurés devront tout d'abord déterminer si Nacer Bendrer est coupable d'être co-auteur d'un homicide volontaire dans un contexte terroriste ou d'un homicide volontaire "simple". Et pour chacune de ces questions, ils devront également dire s'il y a eu préméditation ou non. Mais aussi, ils devront déterminer si Nacer Bendrer est coupable d'être complice d'un homicide volontaire dans un contexte terroriste ou d'un homicide "simple", avec à nouveau la question subsidiaire de préméditation pour chacune de ces questions. S'ils répondent "non" aux questions principales (co-auteur d'un homicide "simple" ou à caractère terroriste, complice d'un homicide "simple" ou à caractère terroriste), Nacer Bendrer est alors acquitté des crimes. Enfin, les mêmes questions relatives aux armes seront posées concernant Nacer Bendrer.

 

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