Les finances des maisons de repos bruxelloises sous pression

Promis à la fermeture, le home Sebrechts n'était pourtant pas un canard boîteux. ©Tim Dirven

Armonea Belgium, qui gère 85 maisons de repos en Belgique, va fermer le home Sebrechts, à Molenbeek. D'autres pourraient suivre, surtout en Région bruxelloise.

Au siège d’Armonea Belgium, à Malines, impossible de joindre la direction ce mardi pour avoir des explications sur l’information transmise par les syndicats au terme d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Ceux-ci ont annoncé la prochaine fermeture d’une maison de repos bruxelloise de l’opérateur belge, passé voici deux ans sous le giron du groupefrançais Colisée, qui gère 25.000 lits.

Plan Renault

Selon l'annonce de la direction, relayée par les seuls syndicats pour l'instant, le bâtiment situé au 40 de l’avenue François Sebrechts, à Molenbeek-Saint-Jean, ne répondrait plus aux normes de sécurité. Autre argument avancé: le taux d’occupation de cette maison de repos serait trop bas pour rentabiliser l’exploitation.  

Au home Sebrechts, 108 travailleurs (29 ouvriers et 79 employés) seraient directement concernés par la fermeture. Une procédure Renault va être activée. Une première phase d’information est planifiée le 19 avril. D’ici là, il n’est pas exclu que des actions soient menées dans d’autres établissement du groupe Armonea Belgium.

Le bât blesse en Région bruxelloise

Chez Femarbel, la Fédération belge des maisons de repos, le secrétaire général dit avoir été averti très rapidement du dossier et en avoir informé lui-même les pouvoirs de tutelle et l'administration. Interrogé sur l'état de santé actuel du secteur, Vincent Frédéricq se veut globalement rassurant, mais avoue devoir montrer du doigt la Région bruxelloise.

"À Bruxelles, sur les 15.000 lits disponibles, 11.000 seulement étaient remplis avant la pandémie."
Vincent Frédéricq
Secrétaire général de Femarbel

Pour trois raisons: d'abord pour son offre actuellement excédentaire de lits; ensuite, pour le montant global des loyers; enfin, pour le manque de soutien du gouvernement bruxellois au secteur concerné. Un refrain déjà entonné par d'autres. "En Wallonie et en Flandre, avant la pandémie, on atteignait des taux d'occupation des lits disponibles de l'ordre de 94,5%, ce qui correspond, vu les entrées et sorties, à une quasi-saturation. Par contre, à Bruxelles, sur les 15.000 lits disponibles, 11.000 seulement étaient remplis. Or, tous les frais fixes sont en moyenne plus importants dans la capitale, à commencer par les loyers. Si vous ne remplissez pas un lit, comme dans le secteur hôtelier, la perte est sèche et définitive. Le loyer et les salaires courent, mais vous n'avez plus les rentrées pour les honorer. Et le soutien financier qui nous est promis en Région bruxelloise, un peu comme pour les restaurateurs, est trop réduit - dans la durée et dans le montant - par rapport à nos coûts structurels", détaille le secrétaire général.

En Flandre, par contre, l'immunisation forfaitaire promise est de 100% pour les lits inoccupés. Et en Wallonie, le gouvernement planche pour l'instant sur une décision qui devrait être du même tonneau qu'au nord du pays, pour trois trimestres au moins.

On comprend dès lors mieux pourquoi certains opérateurs préfèrent repenser leur offre différemment sur le territoire belge. D'autant que les actionnaires qui arbitrent ces décisions sont souvent, comme pour Armonea Belgium, des fonds internationaux bien éloignés des lieux où ces arbitrages ont des effets sociaux et humains.

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