Les initiatives multilingues cartographiées à Bruxelles

En charge de la promotion du multilinguisme, le ministre Sven Gatz souhaite que tous les enfants bruxellois maîtrisent au moins le français, le néerlandais et l’anglais à l’âge de 18 ans. ©BELGA

La cartographie démontre la diversité des initiatives existantes. Il faut capitaliser sur ces acteurs déjà actifs en vue de déployer des dispositifs plus largement, estiment les auteurs de cette analyse du Brussels Studies Institute.

Dans sa note d'orientation consacrée à la politique du multilinguisme présentée fin 2019, le ministre bruxellois Sven Gatz (Open Vld) avait annoncé que les budgets, très limités dans un premier temps, serviraient d'abord à cartographier l'offre existante. C'est chose faite. Et les auteurs de cette analyse réalisée par le Brussels Studies Institute (BSI) de la VUB et de l'ULB en ont extrait les grandes lignes au parlement régional ce lundi.

"L'objectif n'était pas de dresser une liste exhaustive, mais d'avoir une image de la diversité des initiatives du multilinguisme et d'identifier les éventuelles lacunes."
Aurélie Tibbaut
Policy Lab SciencePo ULB

Seules les initiatives combinant le français, le néerlandais avec l'anglais ou une autre langue ont été retenues. Le second critère était d'avoir un public cible de cent personnes au moins. C'est ainsi qu'une centaine d'initiatives sont désormais répertoriées et classées dans quatre catégories: éducation et formation; outils et supports; information-promotion; offre, service et organisations multilingues. "L'objectif n'était pas de dresser une liste exhaustive, mais d'avoir une image de la diversité des initiatives du multilinguisme et d'identifier les éventuelles lacunes", précise Aurélie Tibbaut (Policy Lab SciencePo ULB).

Au rayon des lacunes justement, les auteurs relèvent que les services publics régionaux sont peu multilingues au regard du caractère multiculturel de Bruxelles. Dans l'enseignement supérieur, la notion de multilinguisme se traduit le plus souvent par des programmes donnés uniquement en anglais. Du côté des services de santé, ils ont constaté peu de services internes d'interprétariat social dans les hôpitaux. Mis à part Bruzz, l'absence de médias multilingues en Région bruxelloise est aussi épinglée.

Centraliser l'information

L'information relative au multilinguisme fait également défaut. La mise sur pied d'une plateforme en ligne centralisant toute l'information à destination des particuliers et des professionnels est dès lors vivement recommandée. "Cela permettrait déjà de faire la promotion du multilinguisme en capitalisant sur les initiatives existantes. En ce sens, ce projet n’est aucunement dépendant du déploiement d’une nouvelle politique du multilinguisme", font valoir les auteurs, qui ajoutent que la cartographie a aussi mis en lumière le manque de coordination entre les communautés et qu'il convient donc de capitaliser sur l’existant dans l’autre communauté en redéployant les initiatives existantes sur des publics plus larges.

Le ministre Sven Gatz a fait savoir qu'il "prenait à cœur" les recommandations du rapport. Par ailleurs, des projets innovants seront sélectionnés dans le cadre d'un futur appel à projets.

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