analyse

Les quatre missions qui attendent François De Smet à la tête de DéFI

©Tim Dirven

Le député fédéral François De Smet a été élu dimanche à la tête de DéFI avec 62,3% des suffrages. Parmi les nombreux challenges qui l’attendent figure l’implantation wallonne sans oublier Bruxelles où il faut conquérir de nouveaux bastions pour survivre à la poussée écologiste.

Un an à peine après avoir rallié les amarantes, François De Smet succède à Olivier Maingain à la tête de DéFI. Lors du scrutin interne organisé à Bruxelles ce dimanche, l’ancien directeur de Myria, le Centre fédéral migration, l’a emporté avec 62,3% des voix, soit une confortable majorité qui a permis d’éviter un second tour. Le nouveau président affrontait pourtant trois autres candidats, Christophe Magdalijns (34,5%), Julie Leclercq (1,9%) et Jean-Claude Crémer (1,3%).

Souvent dépeint comme le candidat d’Olivier Maingain, François De Smet s’inscrira donc dans la continuité en poursuivant le travail entamé par son prédécesseur visant à se départir de l’étiquette d’une formation politique essentiellement axée sur le communautaire pour devenir le grand parti généraliste centriste. Même si le changement de nom qui illustrait ce tournant a été opéré avec succès par le président sortant, les missions qui attendent le nouveau patron des démocrates fédéralistes sont nombreuses.

1. Percer en Wallonie

Les deux candidats bruxellois ont remporté ensemble près de 97% des suffrages exprimés ne laissant que des miettes à leurs deux adversaires wallons.

Malgré la volonté affichée de s’implanter en Wallonie lors du scrutin du 26 mai dernier, DéFI demeure un parti encore essentiellement bruxellois. Les résultats de l’élection interne en sont d’ailleurs une preuve supplémentaire. Les deux candidats bruxellois ont remporté ensemble près de 97% des suffrages exprimés ne laissant que des miettes à leurs deux adversaires wallons. Même si le nouveau président des amarantes ne se fixe pas d’objectifs chiffrés, la volonté est de transpercer une bonne fois pour toutes le seuil d’éligibilité de 5%. Et pour y arriver, François De Smet entend développer un programme plus en phase avec les enjeux wallons voire ruraux.

Selon lui, les grands thèmes fédéraux et régionaux abordés durant la campagne, parmi lesquels la bonne gouvernance, n’étaient pas assez centrés sur les réalités locales. Enfin, il faudra faire émerger de nouvelles personnalités wallonnes. François De Smet n’exclut pas la possibilité à l’avenir de mettre en place un ticket aux élections internes, avec un président d’une région et un vice-président issu de l’autre.

2. Sortir des bastions à Bruxelles

"Je crois que nous avons les moyens de rassembler tous ceux qui se disent libéraux, au sens authentique du terme."
François de Smet
Président de DéFI

François De Smet compare Olivier Maingain, Didier Gosuin et Bernard Clerfayt à trois grands arbres autour desquels pas grand-chose n’a réussi à pousser. Comment renforcer l’assise bruxelloise du parti sans compter uniquement sur ses vieilles locomotives? Pour le néo-président amarante, DéFI devra impérativement sortir de ses bastions et oser partir à la conquête des communes qui se trouvent de l’autre côté du canal. "Il faut s’intéresser à un public et une jeunesse qui ne nous connaît parfois tout simplement pas ou qui n’est pas encore sensibilisé à notre message d’émancipation et de réussite sociale. Je pense aussi qu’on a un effort à faire sur la diversité", explique François De Smet qui rappelle qu’au sein du MR, c’est le FDF qui portait à l’époque le social et la diversité. "Mais pour des raisons que je ne m’explique pas, on a peu abandonné cette diversité qui est pourtant toujours là. Il y a des représentants de la diversité dans nos rangs, mais on ne leur fait pas assez confiance alors qu’on a besoin d’eux pour être présents dans cette couronne de l’ouest de Bruxelles qui m’intéresse beaucoup. Sans qu’il soit question de faire du racollage", précise-t-il.

3. Devenir le grand parti centriste

"Je crois que nous avons les moyens de rassembler autour de nous tous ceux qui se réclament d’être des libéraux au sens authentique du terme, sociaux et progressistes"
François De Smet

Fortement menacé par les écologistes dans ses bastions historiques et pas encore durablement implanté en Wallonie, DéFI pourra-t-il devenir le grand parti du centre et comment y parvenir? "Je crois que nous avons les moyens de rassembler autour de nous tous ceux qui se réclament d’être des libéraux au sens authentique du terme, sociaux et progressistes, et tous ceux qui croient en l’économie de marché tout en réalisant que les dérives du capitalisme financier nous emmènent tout droit dans le mur", résume François De Smet qui ajoute l’ascenseur social et la laïcité parmi les messages principaux portés par DéFI. En revanche, la défense du droit des francophones qui ne sera plus portée en étendard s’inscrira dans le combat pour un État fédéral plus efficace et la défense de toutes les minorités.

4. Réformer la structure du parti

Le parti amarante doit à la fois se professionnaliser et se décentraliser.

La révision des structures internes représente un défi majeur pour le nouveau président car le mode de fonctionnement très pyramidal en vigueur sous l’ère Maingain était très critiqué à la fin de son mandat. Le parti amarante doit à la fois se professionnaliser et se décentraliser. Durant la campagne interne, plusieurs mandataires ont en effet clairement demandé que l’on passe d’une présidence-ténor à un mode de direction plus "polyphonique" permettant à plusieurs personnalités d’émerger.

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