Les voitures diesel et essence bannies de Bruxelles en 2035

©Kristof Vadino

Le gouvernement bruxellois est le premier à déposer sa contribution au Plan national énergie climat. L’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% en 2030 par rapport à 2005 et d’atteindre le "zéro carbone" en 2050. Pour ce faire, le moteur thermique sera interdit dans l’agglomération bruxelloise à partir de 2035.

Hasard ou pas, alors que 600 manifestants défilaient ce jeudi pour le climat dans les rues de la capitale, le gouvernement bruxellois adoptait la version finale de sa contribution au Plan national énergie climat (PNEC) pour 2030. Ce plan, qui est la concrétisation de l’Accord de Paris, doit être transmis à la Commission européenne pour le 31 décembre au plus tard. Bruxelles est la première des trois Régions à avoir rendu sa copie.

Peu d’éléments vraiment neufs dans ce plan climat, puisque tout se trouve déjà dans la déclaration de politique régionale. Par contre, cette version finale va plus loin que la version provisoire de juillet 2018 en termes d’objectifs de réduction des émissions de CO2. On vise ainsi 40% d’émissions en moins par rapport à 2005, contre 32% dans le plan initial. À voir à présent comment y arriver.

Fin du chauffage  au mazout en 2025

De nombreuses mesures auront trait aux bâtiments, responsable à lui seul de 60% des émissions dans la capitale. La fin du chauffage au charbon est fixée à 2021, celle du chauffage au mazout à 2025. Pour ce faire, le ministre de la Transition climatique, Alain Maron (Ecolo) a promis un renforcement des primes à la rénovation ainsi qu’une extension des prêts à taux zéro"Les fonds publics ne suffiront pas pour réussir la transition énergétique. Nous voulons mobiliser l’épargne privée par le biais de green bonds ou de sustainable bonds."

Une taxe kilométrique viendra remplacer la taxation forfaitaire actuelle (taxe de roulage et taxe de mise en circulation) et aura pour objectif de dissuader l’utilisation individuelle de la voiture en ville.

L’autre grand producteur de CO2, c’est le transport (30% des émissions à Bruxelles). Une taxe kilométrique viendra remplacer la taxation forfaitaire actuelle (taxe de roulage et taxe de mise en circulation). Elle aura pour objectif de dissuader l’utilisation individuelle de la voiture en ville. Les normes de la zone "basses émissions" seront également durcies après 2025. À cela s’ajoute l’interdiction progressive des moteurs thermiques. Le diesel sera ainsi banni de Bruxelles en 2030, l’essence et le LPG en 2035. Ce processus sera plus rapide encore pour le Pentagone où une zone "zéro émissions" devrait voir le jour.

Les efforts seront aussi amplifiés pour les énergies renouvelables, tandis qu’une stratégie d’investissements extra muros est prévue de manière à disposer de 700 GWh de production renouvelable supplémentaire d’ici 2030. La production de déchets devra diminuer de 20%. Le tri des déchets organiques (sacs orange) deviendra obligatoire en 2023. Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) a pour sa part promis que les mesures projetées ne viendront pas accentuer la fracture sociale à Bruxelles en pénalisant les habitants les moins nantis.

Parler avec la Flandre

Reste à trouver un terrain d’entente avec le Fédéral et les deux autres Régions pour certains volets du dispositif. Ainsi, on imagine difficilement Bruxelles faire cavalier seul avec une taxe kilométrique tandis que la Wallonie et la Flandre auraient une vignette payée à l’année. Ou encore la Flandre ajouter des bandes de circulation au ring de Bruxelles sans en aviser les autorités de la capitale. En tout état de cause, "la Flandre ne nous empêchera pas d’avancer", a prévenu Alain Maron.

"La Flandre ne nous empêchera pas d’avancer."
Alain Maron
Ministre bruxellois de la Transition climatique

De son côté, Rudi Vervoort a promis de discuter avec la Flandre, sans pour autant dévier de sa feuille de route, notamment sur la fiscalité automobile"Nous continuons de penser qu’une taxe kilométrique est la meilleure solution. Elle est d’ailleurs souhaitée par le monde économique, y compris le patronat flamand du Voka." En ce qui concerne le ring, il estime que Bruxelles a "le devoir d’intervenir si elle estime qu’un tel projet porterait atteinte à la santé de ses habitants".

Quant au ministre bruxellois des Finances, Sven Gatz (Open Vld), il n’a pas souhaité fournir de détails quant à la mise en œuvre d’une telle taxe au kilomètre. "Il faut que cela tienne la route juridiquement et financièrement. C’est sur ces aspects que nous allons travailler ces prochains mois."

Du côté de l'opposition, le MR a déploré le fait qu'avec cette première contribution au Plan National Energie-Climat, le gouvernement Vervoort coupait l'herbe sous le pied à la concertation interfédérale qui devait avoir lieu dès le mois de novembre. "Le PNEC est un plan national qui doit être concerté avec le Fédéral et les deux autres régions. En travaillant dans son coin, le gouvernement bruxellois prive la Belgique d'un plan global qui aurait pu être davantage concerté afin de décupler les efforts et les résultats. Cela démontre le peu de respect qu'il a pour les organes de concertation comme le comité de concertation dans un contexte où on en a pourtant plus que jamais besoin", a ainsi dénoncé le groupe MR du parlement bruxellois dans la foulée.

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