Libéraux bruxellois cherchent figure charismatique

©Didier Bauweraerts / Isopix

Alors que Vincent De Wolf ne s’est pas imposé comme leader du MR à Bruxelles, Charles Michel pourrait y débarquer avant 2018.

Sacrés libéraux. Alors que le gouvernement bruxellois va, cahin-caha, et suit son (petit) chemin, avec son attelage PS-FDF-cdH, assez atone, les libéraux ne parviennent pas à utiliser la formidable plate-forme que constitue le fait d’être un parti mammouth dans l’opposition pour exister – demandez au Parti socialiste, qui a trouvé la formule au Fédéral. Bref, qui a vu les libéraux bruxellois? Pas nous. Tous les pontes du parti, de Charles Michel à Didier Reynders en passant par le nouveau président Olivier Chastel, pour une fois tous joliment unis, partagent le constat: "on a un gros problème à Bruxelles", dit l’un d’entre eux. Un autre: "le constat est sévère, mais assez exact".

À qui la faute? On ne va pas se faire un ami, mais l’actuel chef de file du MR au Parlement bruxellois, Vincent De Wolf, pour l’écrire de manière nuancée, peine à insuffler dynamisme et enthousiasme aux libéraux de la capitale. L’Etterbeekois reste inconnu et impopulaire alors qu’il dispose d’un boulevard à huit bandes devant lui. Il est souvent à contretemps dans ses interventions, et la majorité ne lui accorde par le crédit et l’attention qu’elle pourrait donner au leader d’une grande formation politique d’opposition. Particulièrement frappant aussi lorsqu’on établit le parallèle avec l’échelon wallon, où les Pierre-Yves Jeholet, Jean-Luc Crucke, voire maintenant le jeune Georges-Louis Bouchez, qui est en train de se faire les dents, sont capables de peser sur les débats – c’était le cas sur le budget – et sont en tout cas craints et respectés par la majorité PS/cdH à Namur. À Bruxelles, Vincent De Wolf, qui rêvait de devenir ministre, ne parvient pas à faire bouger les lignes de la même manière et à trouver les failles dans une coalition qui n’est pourtant pas flamboyante non plus.

"Mesquineries"

Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, est les trois-quarts du temps à l’étranger et n’a donc pas vocation à mettre les mains dans le cambouis face au gouvernement Vervoort. "En outre, estime-t-on dans son entourage, De Wolf a placé des hommes et femmes à lui un peu partout dans la structure, ce qui la paralyse". Bref: "De Wolf n’a qu’à s’en prendre à lui-même si les libéraux bruxellois sont à la ramasse", ajoute-t-on. "Les petites mesquineries de De Wolf, on a déjà donné".

Que faire, alors? La solution pourrait-elle venir du Hainaut? Alors qu’il était encore à la Toison d’Or, en 2012, Charles Michel avait demandé à Denis Ducarme si celui-ci voulait venir s’établir à Bruxelles pour y doper les libéraux. Né à Boitsfort, Ducarme n’est pas insensible aux charmes de la capitale. Il avait donc hésité, pesé le pour et le contre avant de finalement décider de ne pas faire le grand saut. Aujourd’hui chef de file du MR au Parlement fédéral, Ducarme a pris du galon et son atterrissage bruxellois – dans quelle commune? – pourrait être de nature à peser sur les débats bruxellois. Michel a été un des premiers à croire en Denis Ducarme et le Hennuyer lui sera fidèle quoiqu’il arrive: si Michel décide que Ducarme doit venir à Bruxelles, Ducarme le fera. "Je ne ferme jamais aucune porte de toute façon", répond Ducarme avec le sourire quand on l’interroge sur un éventuel déménagement.

Mais Ducarme s’effacera, de toute manière, si Charles Michel décide de venir à Bruxelles. L’actuel locataire du 16 rue de la Loi est également bourgmestre de Wavre, dans le Brabant wallon – une ville où il est en majorité absolue. Le MR dompte le Brabant wallon de la tête et des épaules et le vase d’expansion pour le parti, la marge de progression, est quasiment inexistante désormais. Charles Michel en est bien conscient et pourrait être tenté de débarquer sur Bruxelles pour y faire jouer à plein l’effet Premier ministre sortant. "Les équipes sont bien en place à Wavre, ça tourne bien, pourquoi ne pas se lancer un nouveau défi", s’interroge un des proches du Premier ministre. Holà: à ce stade, aucune décision n’est arrêtée.

Dans d’autres formations politiques aussi, la réflexion autour de Bruxelles va bon train. Tiens: Laurette Onkelinx sera-t-elle une troisième fois tête de liste pour le PS à Schaerbeek en 2018? À voir. Mais le nom de d’un de ses proches, l’Etterbeekois Rachid Madrane, circule pas mal au PS, ces derniers temps pour assurer la relève schaerbeekoise. Enfin, au cdH, l’Uccloise Célline Fremault, barrée dans sa commune, où les libéraux avalent tout ce qui bouge, pourrait elle aussi devoir déménager – pourquoi pas – vers Schaerbeek – si elle veut utilement profiter de son capital de notoriété ministérielle…

2018, c’est encore loin. Mais gageons que pas mal de responsables politiques passent déjà du temps sur Immoweb. Rien ne sert de courir, il faut se loger à temps.

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