Maintenir ensemble l'économie, l'emploi et la formation: l'appel aux négociateurs bruxellois

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Actiris, Bruxelles Formation et VDAB Brussel demandent au futur gouvernement bruxellois de maintenir l’économie, l’emploi et la formation dans un seul portefeuille ministériel.

Les patrons d’Actiris, de Bruxelles Formation et du VDAB Bruxelles ne s’en cachent pas, ils sont plutôt fiers du travail accompli durant la législature écoulée. Même si Bruxelles demeure la Région avec le taux de chômage le plus élevé du pays, les indicateurs démontrent une évolution positive en matière d’emploi. En baisse depuis 72 mois consécutifs, soit six années, le chômage des jeunes vient de repasser tout juste sous la barre des 20%.

Avec 463.107 Bruxellois à l’emploi en 2018, le record absolu de la population active occupée a été enregistré. Et malgré la démographie galopante qui caractérise la capitale, le taux d’emploi y a progressé deux fois plus vite que dans les autres Régions.

"Ces chiffres s’expliquent entre autres par l’exclusion d’une série de personnes de l’accès aux allocations d’insertion et par une hausse du nombre d’emplois engendrée par une conjoncture économique positive. Mais si l’on compare la trajectoire de Bruxelles avec celle des autres grandes villes du pays, on constate une évolution plus rapide malgré une croissance démographique importante difficile à absorber", souligne Grégor Chapelle.

Aux yeux du directeur général d’Actiris, ces résultats prouvent que la politique d’hyperactivation menée au travers de la garantie jeune et du contrat d’insertion a porté ses fruits. "Depuis 2014, l’augmentation du nombre de jeunes de moins de 25 ans ayant été formés dans un centre de Bruxelles Formation et de ses partenaires s’élève à 22%. Et nous avons dépassé l’objectif des 3.000 places annuelles destinées aux jeunes", fait valoir Olivia P’tito, directrice générale de Bruxelles Formation.

Si l’on compare la trajectoire de Bruxelles avec celle des autres grandes villes du pays, on constate une évolution plus rapide malgré une croissance démographique importante difficile à absorber.
Grégor Chapelle
directeur général d’Actiris

Mais ce n’est pas pour se congratuler que ces derniers étaient réunis ce lundi, aux côtés de Geert Pauwels, directeur du VDAB Brussel. Alors que les consultations se poursuivent en vue de former un nouveau gouvernement bruxellois, les trois opérateurs vont faire part, dans un courrier, de leurs revendications aux futurs négociateurs. Une demande en ce sens a été émise par les partenaires sociaux lors d’une réunion conjointe des comités de gestion d’Actiris et de Bruxelles Formation.

Des moyens supplémentaires

Dans cette missive également approuvée par le VDAB Brussel, la volonté de maintenir dans un seul et unique portefeuille les compétences de l’économie, de l’emploi et de la formation est mentionnée. Rassemblées sous la houlette de Didier Gosuin (DéFI) depuis 2014, ces matières étaient autrefois réparties entre plusieurs ministres. Émise en filigrane, la crainte est qu’un retour en arrière nuise à "l’excellente coopération" entre les trois opérateurs.

L’un des résultats les plus tangibles de cette collaboration accrue est la Cité des métiers, inaugurée en 2018 dans la Tour Astro à Saint-Josse. Les visiteurs peuvent y bénéficier d’un service d’orientation gratuit de la part des trois opérateurs, sans que la complexité de la tuyauterie institutionnelle se fasse ressentir. "On constate que cela fonctionne quand on tire tous ensemble dans la même direction. Nous sommes convaincus qu’il faut poursuivre sur la même lancée", insiste Olivia P’tito.

On constate que cela fonctionne quand on tire tous ensemble dans la même direction.
Olivia P’tito
directrice générale de Bruxelles Formation

La sixième réforme de l’État a permis d’utiliser du budget régional bilingue pour commander de la formation à Bruxelles Formation et au VDAB (8,6 millions d’euros en 2019). Les trois opérateurs souhaitent que cette pratique, opérée chaque année sur base d’une décision des comités de gestion, soit ajoutée à l’accord de coopération conclu le 9 février 2012 entre la Région bruxelloise et la Cocof. Une fois encore, l’objectif est d’éviter que ce mécanisme puisse être remis en question par le futur exécutif.

D’autant que des moyens financiers supplémentaires seront nécessaires pour mener à bien l’octroi de la garantie jeune à tous les demandeurs d’emplois ainsi que la généralisation de la prime d’un euro/heure à tous ceux qui se forment, et ce dès septembre 2019. "C’est le seul moyen d’encourager des personnes dans une situation d’urgence sociale à investir dans leur futur en s’engageant dans des formations parfois longues", affirme Olivia P’tito.

D’autres doléances seront transmises aux négociateurs comme la nécessité d’améliorer le dispositif d’équivalence des diplômes et d’assurer la gratuité de cette démarche administrative. Les trois services publics réclament encore le renforcement des actions en lien avec les métiers en pénurie et les entreprises ainsi que la garantie d’obtenir des financements européens qui représentent une part non négligeable des budgets d’Actiris et de Bruxelles Formation.

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