Maître Joëlle Milquet est de nouveau avocate

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Joëlle Milquet, l'ex-ministre de l'Intérieur, est de nouveau avocate depuis mardi soir. Le conseil de l'ordre, après un avis favorable du parquet général, a validé sa réinscription. A priori, l'ex-ministre pourrait se réinstaller à son propre compte.

Depuis ce mardi soir, l’ex-ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet est de nouveau avocate. Sa candidature à la réinscription au barreau de Bruxelles a été validée par le conseil de l’ordre, a-t-on appris à bonne source. Après avoir exercé comme avocate de 1985 à 1992, Joëlle Milquet va donc pouvoir à nouveau revêtir sa toge pour aller défendre la veuve et l’orphelin. L’affaire, nous dit-on, est passée comme une lettre à la poste, ce qui n’était pas gagné d’avance.

Avis du parquet général

Même si les réunions du conseil de l’ordre sont confidentielles, il nous revient que la bâtonnier Pierre Sculier a fait le choix de se tourner vers le parquet général afin de lui demander son avis et pour vérifier si l’inculpation de Joëlle Milquet ne posait pas de problèmes pour sa réinscription au barreau. Le bâtonnier n’était pas obligé d’agir de la sorte, mais il a probablement souhaité " blinder " le dossier. En tout état de cause, le parquet général n’a rien trouvé à redire à cette réinscription.

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On le sait, Joëlle Milquet, alors ministre francophone de la Culture et de l’Education, a été inculpée dans le courant du mois d’avril pour prise illégale d’intérêts. L’enquête de la Justice porte sur l’engagement d’une série de collaborateurs au cabinet de Joëlle Milquet, la question étant de savoir s’ils travaillaient pour le cabinet ou pour les intérêts électoraux de Joëlle Milquet. La ministre avait démissionné dans la foulée de son inculpation afin d’assurer sa défense. Rappelons, s’il en était besoin, qu’une inculpation ne porte en rien atteinte à la présomption d’innocence.

Le 14 novembre dernier, sa demande de réinscription à l’ordre du barreau de Bruxelles avait, comme le veulent les usages, été affichée aux valves du couloir du bureau du bâtonnier au palais de justice de Bruxelles. A partir de ce moment-là, les opposants à cette réinscription avaient 15 jours pour faire connaître leurs griefs. Soit jusqu’au 29 novembre.

Maître Milquet devrait travailler seule

A notre connaissance, seul un avocat s’est ému de cette possible réinscription. Il s’en était ouvert au bâtonnier dans un courrier dont nous avions pu prendre connaissance. En voici quelques extraits. "Je serais particulièrement étonné que notre barreau accepte une telle inscription avant de connaître l’issue de l’affaire pénale en cause. Ceci me paraît de nature à d’autant plus ternir l’image de notre barreau qu’en raison de cette inculpation, sa carrière politique est en suspens. Ceci pose question", précisait l’avocat avant de se demander si le barreau était devenu une voie de repli pour des "personnes politiques avec une image ternie".

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Le seul opposant (à notre connaissance) à cette réinscription n’a pas été entendu, son courrier étant arrivé hors délai. La réinscription de Joëlle Milquet aurait donc dû être traitée par le conseil à partir du 29 novembre, mais à cette date, le dossier n’était toujours pas revenu des Archives du royaume où il avait été classé. Perdu, diront les chagrins, trop bien rangé, répliqueront les taquins.

Bref, nouvelle année, bonnes résolutions, la dossier de l’ex-ministre de l’Intérieur a fini par refaire surface et est arrivé hier sur la table du conseil de l’ordre, un organe composé du bâtonnier et de seize membres. La réinscription de madame Milquet n’a pas fait de vagues, a-t-on appris à l’issue du conseil. A priori, alors que la rumeur avait vu Joëlle Milquet intégrer l’un ou l’autre cabinet bien établi sur place, il nous revient que maître Milquet devrait travailler seule, à son propre compte.

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