Manifestation contre le projet de livraison de McDonald's

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Une manifestation s'est tenue ce lundi matin devant le restaurant McDonald's de la Bourse à Bruxelles. Des centaines de syndicalistes dénonçaient les mauvaises conditions de travail des livreurs.

Depuis l'annonce en juin dernier du partenariat entre la société de livraison de repas à domicile UberEats et le géant de la restauration rapide McDonald's, la peur d'être exploité règne chez les livreurs.

"L'impact ne peut pas être sous-estimé car McDonald's est l'une des plus grandes entreprises au monde. Si elle choisit d'utiliser un tel système, les autres regardent"
Alain Detemmerman
Co-président de la FGTB Horval

Afin de s'opposer à cette union, des syndicalistes de la FGTB Horval (horeca-alimentation-services) et de la CSC Alimentation et services se sont réunis devant le restaurant de la Bourse à Bruxelles, où le service de livraison est en phase de test. Ils dénoncent les conditions de travail précaires des livreurs.

"La plupart des gens sont de faux indépendants, avec tous les risques qui y sont liés, au niveau des droits à la sécurité sociale notamment", explique Alain Detemmerman, coprésident de la FGTB Horval. "L'impact ne peut pas être sous-estimé car McDonald's est l'une des plus grandes entreprises au monde. Si elle choisit d'utiliser un tel système, les autres regardent".

Les syndicats préconisent plutôt la livraison via des livreurs attachés à l'entreprise de restauration et non le recours à des sociétés comme UberEats ou Deliveroo. Detemmerman continue: "Une partie des livreurs de Deliveroo a obtenu des contrats de travail, avec des conditions qui ne sont pas des plus correctes, mais au moins ils sont reconnus comme des travailleurs, pas comme des indépendants. À partir du moment où les conditions de travail sont respectées, il n'y a plus de problème."

Rappelons que Quick, le concurrent belge de McDonald's, s'est essayé à la livraison à domicile sans avoir recours à des sociétés extérieures en début d'année passée. Le bilan de l'expérience est mitigé et peu de restaurants de la chaîne proposent encore la livraison.

La manifestation de ce lundi matin s'est inscrite dans le courant d'un mouvement international appelant à un salaire minimal de 15 dollars de l'heure, notamment au sein des fast-foods.

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Première grève de l'histoire de McDonald's au Royaume-Uni

Ce lundi, la politique de McDonald's a aussi été contestée au Royaume Uni, qui a connu les premières grèves de son histoire. Cela s'est passé dans 2 restaurants de Cambridge et Crayford (sud-est de Londres).

Selon l'AFP, 40 employés de la chaîne se sont rendus aux abords du parlement britannique. Ils ont plaidé pour de meilleures conditions de travail, une augmentation de salaires et des horaires fixes. Pour le moment, McDonald's utilise des contrats appelés "zero hour", qui ne garantissent pas de salaire fixe et qui ont inspirés nos flexi-jobs. Les salariés demandent un salaire minimum de 10 livres de l'heure et davantage de sécurité au travail. Ce mouvement a été soutenu par le syndicat anglais du secteur de la restauration et par le parti travailliste de Jeremy Corbyn.

Pour McDonald's, seuls 14 employés ont participé à l'action. Et depuis avril 2016, trois hausses de salaire ont eu lieu, augmentant le salaire minimal de 15%.

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