Manneken-Pis serait-il un faux ?

©AFP

Des scientifiques de la VUB soumettent le "petit homme" plusieurs fois enlevé à un test d'authenticité.

L'heure est grave. C'est l'authenticité du symbole du folklore bruxellois, de l'attraction que les touristes bornés s'entêtent à vouloir venir admirer qui, aujourd'hui, est remise en question. Oui, il s'agit de Manneken-Pis, la plus célèbre statuette de bronze belge de 56 petits cm et 17kg. 

Le "petit homme" de bientôt 400 ans va en effet être soumis à un test d'authenticité par des scientifiques de la VUB. Une analyse par rayons x et des examens d'échantillons devront déterminer si l'oeuvre actuellement exposée au Musée de la Ville de Bruxelles a bien été réalisée en 1619 par le sculpteur Jérôme du Quesnoy l'ancien.

En 1747, les Anglais emportèrent le Manneken-Pis dans un fourgon. Les habitants de Grammont trouvèrent un moyen de le récupérer en secret, mais il fut très rapidement réclamé par les Bruxellois. Peu de temps après, il est dit qu'il fut enlevé par les Français.

En 1817, la statuette fut dérobée par un prisonnier nommé Lycas et retrouvée dès le lendemain. Un journal de l'époque commente sa réapparition avec exaltation : "que toutes les démonstrations de joie publique l'accompagnent ; qu'un cortège brillant et nombreux le réinstalle ; que tous les habitants de Bruxelles viennent lui rendre hommage"

1965 est finalement la date de son dernier enlèvement. Le "petit homme" fut arraché de son socle avec une telle violence qu'il n'en restait plus que les pieds et les chevilles. Le corps fut néanmoins retrouvé, deux ans plus tard et dès lors conservé à l'abri.

Il faut dire que son histoire n'est pas des plus tranquilles. Le "petit homme" aurait subi plusieurs enlèvements : en 1745 par les soldats anglais, en 1817 par un prisonnier et enfin en 1965. A chaque fois l'oeuvre originale aurait ressurgi, comme en 1966 lorsque la partie supérieure a été repêchée dans le canal Bruxelles-Charleroi. Mais était-ce bien le véritable "Manneken-Pis" qui était alors retrouvé ? 

"Plus aisé de déclarer qu'il s'agit d'un faux"

 Dans un premier temps, l'analyse par rayons x du "petit homme" a fait pensé à l'équipe de scientifiques qu'"il est plus aisé de déclarer qu'il s'agit d'un faux, que d'affirmer avec certitude l'authenticité", explique le professeur Herman Terryn.

Pour une analyse plus précise, quelques échantillons de l'arrière de la statue seront prélevés par les chercheurs de la Ville de Bruxelles afin d'étudier en laboratoire la composition de l'alliage du bronze, la corrosion et la surface. 

©Marleen Daniels/Hollandse Hoogte

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