Obama: "La Crimée n'est pas le Kosovo"

©REUTERS

Le président américain Barack Obama a quitté le sol belge peu après 19h30. Il avait prononcé auparavant, dans la grande salle du Palais des Beaux Arts de Bruxelles, son unique discours de sa tournée européenne de six jours, en présence du roi Philippe et de plusieurs centaines de jeunes et de nombreuses personnalités. Barack Obama y a réitéré ses critiques contre "l'agression russe contre l'intégrité territoriale de l'Ukraine". Et rejeté le parallèle établi par la Russie entre l'annexion de la Crimée et l'indépendance du Kosovo.

Air Force One, l'avion du président américain Barack Obama, a décollé de Bruxelles-National peu après 19h30 pour gagner Rome, où le chef de la Maison Blanche doit notamment rencontrer le pape François.

La visite de Barack Obama en Belgique aura duré un peu moins de 24 heures. Mais le programme était chargé et le dispositif sécuritaire mis en place impressionnant. Retour étape par étape sur cette première visite du premier américain en Belgique.

Mardi

Barack Obama est arrivé mardi soir en Belgique, seconde étape de sa tournée en Europe et en Arabie saoudite. L'avion présidentiel Air Force One, en provenance des Pays-Bas, où Barack Obama a participé à une réunion du G7 sur l'Ukraine et à un sommet sur la sécurité nucléaire à La Haye, s'est posé à 21h22 sur la piste de l'aéroport de Bruxelles.

Après une nuit de repos, le président américain Barack Obama a quitté mardi sur le coup de 9h15 l'hôtel bruxellois où il a passé la nuit.

Mercredi matin

Son imposant convoi, composé notamment de deux limousines surnommées "The Beast", a pris la direction de l'aéroport militaire de Melsbroek, où il a embarqué à bord d'un hélicoptère afin de se rendre à l'aérodrome de Wevelgem avant de rejoindre le cimetière américain de Waregem.

Dans un discours au cimetière Flanders Field, il a rappelé les liens forts qui unissent son pays à la Belgique, qu'il a décrit comme "l'un des plus proches partenaires des Etats-Unis".

Vers 11h, s'est entretenu avec le roi Philippe et le Premier ministre Elio Di Rupo. Ils ont ensuite, chacun à leur tour, déposé une couronne de fleurs devant la chapelle située au milieu du cimetière, avant que les hymnes belge - en version bilingue français et néerlandais - et américain soient interprétés a capella.

Le roi Philippe a ensuite exprimé la reconnaissance éternelle de la Belgique envers les soldats qui se sont sacrifiés lors de la Première Guerre mondiale, qu'ils aient été tués, blessés ou traumatisés par cette expérience.

Le Premier ministre a ensuite, "au nom de la Belgique, honoré la mémoire des soldats américains et de leurs familles pour leur terrible sacrifice, qui ne sera jamais oublié".

Mercredi après-midi

Arrivé avec près d'une heure de retard au Bozar, Barack Obama a salué le combat partagé par Américains et Européens pour faire prévaloir la démocratie. "Des centaines de millions de personnes en Europe vivent aujourd'hui en sécurité et sont plus prospères parce que nous avons lutté ensemble pour faire prévloir les idéaux que nous partageons", a dit le président américain dans son discours prononcé devant 2.000 personnes au Bozar.

Comme attendu, la question ukrainienne a constitué la partie centrale du discours du président américain. Celui-ci a réitéré ses critiques contre "l'agression russe contre l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

"Au 21e siècle, les frontières ne peuvent être redessinées par la force", a lancé Barack Obama.

Evoquant la Crimée, Barack Obama rejette le parallèle effectué par Moscou avec la déclaration d'indépendance du Kosovo. "L'Otan n'est intervenue que parce que des gens ont été maltraités et tués pendant des années. Tout cela n'est pas arrivé en Crimée", a-t-il souligné. Pour le locataire de la Maison Blanche, "il n'y a pas de recul possible sur la question de la capacité des nations et des personnes à faire leurs propres choix".

Le chef de la Maison Blanche reste néanmoins confiant. Il se dit convaincu que les valeurs communes défendues par les Etats-Unis et l'Europe finiront par triompher. La Russie finira par comprendre qu'elle n'atteindra pas ses objectifs "par la force" en Ukraine, a-t-il souligné. "Avec le temps, le peuple russe se rendra compte" qu'il ne peut pas atteindre ses objectifs "par la force brutale".

 

Enfin, le président Obama s'est dit "honoré" d'avoir été accueilli au Flanders Field, "un lieu saint", et a remercié la Belgique de veiller sur les soldats qui y reposent. "Cet endroit nous rappelle le courage de la petite Belgique." M. Obama a souligné que la Belgique et les Etats-Unis avaient toujours été des alliés depuis la Première Guerre mondiale, notamment lors de la Deuxième Guerre mondiale, la Guerre froide ou encore en Afghanistan.

 

Mercredi après-midi

Le président des Etats-Unis a ensuite repris le chemin de la capitale. Vers 13h00, il est arrivé au Conseil européen, où il a été reçu par Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso pour un déjeuner.

Express

"Obama, un homme très fraternel"

Le Premier ministre Elio Di Rupo, qui rencontrait pour la quatrième fois le président américain, a salué le côté "immédiatement très fraternel" du locataire de la Maison Blanche. "C'est un véritable plaisir que de discuter avec lui", a-t-il dit en expliquant avoir évoqué avec lui de la situation en Ukraine, lutte contre le terrorisme, des négociations commerciales en cours entre Washington et l'Union européenne et du "respect de la vie privée" après les révélations sur les écoutes massives de l'agence nationale de sécurité (NSA).

Cette relation est "non seulement très bonne, mais elle est renforcée", a-t-il affirmé à l'issue du volet bilatéral de la visite du président américain en Belgique. "Nous sommes un pays de taille moyenne mais qui avons une véritable existence, à part entière, aux Etats-Unis", a assuré Di Rupo à quelques journalistes à son retour de Waregem où il s'est rendu en compagnie du roi Philippe et de M. Obama au cimetière militaire américain Flanders Field.


Barack Obama a recommandé aux Européens d'accélérer la diversification de leurs sources d'approvisionnements afin de réduire leur dépendance énergétique vis à vis de la Russie. La crise avec Moscou a montré que "plusieurs pays européens sont plus dépendants que d'autres de l'énergie achetée en Russie", ce qui pose problème au moment d'adopter des sanctions, a-t-il souligné.

"Cette situation montre la nécessité pour l'Europe de chercher comment elle peut diversifier encore plus ses sources d'énergie", a-t-il insisté.

"Les Etats Unis ont la chance d'avoir pu développer des sources d'énergies additionnelles et nous avons autorisé l'exportation d'autant de gaz naturel que l'Europe peut avoir besoin, mais cela se fera via le marché mondial sur lequel cette énergie est vendue", a-t-il averti.

C'est dans la grande salle du palais des Beaux Arts de Bruxelles, chauffée par un quintette de musiciens militaires américains, que le président Barack Obama doit prononcer mercredi après-midi son unique discours de sa tournée européenne de six jours, en présence du roi Philippe et de plusieurs centaines de jeunes et de nombreuses personnalités.  Le président américain doit prononcer ce discours consacré aux relations transatlantiques et aux valeurs partagées sur les deux rives de cet océan devant un public de plus de 2.000 personnes à partir de 17h15, était toutefois annoncé avec un peu de retard

 



Le président américain repartira mercredi en fin d'après-midi de la capitale belge pour rejoindre Rome et le Vatican, où il doit notamment rencontrer le pape François, avant d'achever sa tournée à Ryad.

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