Parking à Bruxelles, le grand souk

Allessandro Giambarasso fait partie de la trentaine de stewards qui travaillent pour Parking. brussels, l’agence de stationnement régionale dont l’objectif est d’harmoniser les règles de stationnement des communes bruxelloises. ©LAURIE DIEFFEMBACQ

Toujours pas de plan de stationnement régional et l'agence Parking.brussels ne parvient pas à fédérer. Résultat? Confusion et désorganisation.

"Dans une rue, il y a dix places de parking en voirie. Six se trouvent sur la commune d’Anderlecht et quatre sur Molenbeek. Si l’automobiliste a pris son ticket à l’horodateur d’Anderlecht mais qu’il s’est garé sur une place de Molenbeek, on doit lui donner une redevance. Les gens deviennent fous avec ça. Car ils ont payé. Mais pas au bon tarif. Et la redevance n’est pas non plus la même. À Anderlecht, c’est 15 euros. À Molenbeek, c’est 25 euros", explique Allessandro Giambarasso, steward de Parking. brussels, l’agence de stationnement régionale.

L’agence a été créée en 2009 dans le but de permettre l’harmonisation des règles de stationnement à Bruxelles. L’exemple vécu par Allessandro Giambarasso démontre effectivement que cela simplifierait la vie de beaucoup d’automobilistes.

Mais dès le départ, l’agence régionale s’est heurtée à des obstacles. Il a été reproché à la ministre en charge du dossier à l’époque, Brigitte Grouwels (CD&V), de vouloir mettre la charrue avant les bœufs puisque le plan de stationnement régional n’était pas encore adopté. Il ne l’est toujours pas aujourd’hui…

Ensuite, il faut savoir que le stationnement est une compétence communale et non pas régionale. Il faut donc convaincre les communes bruxelloises (il y en a 19), d’adhérer au projet. Et ça, ce n’est toujours pas gagné non plus.

"L’image de l’agence est en train de changer. On a de bons résultats depuis 8 mois", assure François Robert, porte-parole de Parking.brussels. Car si l’agence a été créée en 2009, elle n’est véritablement active que depuis janvier 2014, date où son directeur a été nommé. Il s’agit d’Eric Dubois, ancien responsable du stationnement à Anvers (sp.a). Il est à la tête d’une équipe d’une soixantaine de personnes.

"D’une rue à l’autre, les règles et les tarifs ne sont pas les mêmes. Ça rend les gens fous."
Allessandro Giambarasso
steward de parking.brussels

La moitié de son personnel sont des stewards, à l’instar d’Allessandro Giambarasso. "Je suis le steward qui a imposé la première redevance régionale à Molenbeek." En janvier 2015, la commune de Molenbeek a choisi de déléguer le contrôle et la perception des redevances de stationnement à Parking.brussels. Deux autres communes l’avaient précédé: Ganshoren et Berchem-Sainte-Agathe. Actuellement, seules 3 communes sur 19 ont donc choisi de rejoindre l’agence. "En 2016, quatre autres communes devraient aussi nous rejoindre", indique François Robert.

"Moi, je ne déléguerai pas, indique Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d’Etterbeek. Car j’estime qu’une commune doit garder une latitude d’appréciation. Si elle délègue, elle perd tout contrôle. Or, elle doit pouvoir gérer quand elle reçoit une plainte contre un steward excessif. La personne peut aussi s’être garée sans payer parce que c’était un cas de force majeure", explique-t-il.

Certaines communes ont aussi des contrats avec des sociétés privées auxquelles elles ont délégué le contrôle du stationnement.

Serait-ce aussi par clientélisme que les communes veulent garder la mainmise? "Que les communes soient des lieux de clientélisme, cela peut arriver. Mais c’est aussi des lieux de recours. Et il faut pouvoir humaniser la relation entre les services publics et les habitants", répond cet autre bourgmestre qui préfère ne pas affirmer tout haut qu’il n’abandonnera pas le contrôle et la perception des redevances de stationnement.

15% des recettes

Même si elles ne délèguent pas, les communes sont obligées de verser 15% de leurs recettes en redevances de stationnement à l’agence. Pour 2014, toutes l’ont fait sauf une. Mais l’agence ne préfère pas indiquer laquelle. Elle ne veut pas heurter les sensibilités.

Certains bourgmestres réfractaires se demandent à quoi sert cet argent. "On voudrait des réponses plus précises." François Robert indique qu’il va notamment servir à financer à hauteur de 40% un parking de dissuasion de 200 places à Jette, dont les travaux vont démarrer en janvier.,

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