Pas de hausse du prix de l'eau à Bruxelles

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L’assainissement du réseau d’égouttage bruxellois va engendre des investissements importants. Pour y faire face, Vivaqua indique qu’une réflexion sur le prix de l’eau doit être menée. La Région bruxelloise, qui fixe les prix, s’oppose à toute hausse.

"Le prix de l’eau à Bruxelles est le plus bas des trois Régions", constate Yvan Mayeur (PS). Le président de Vivaqua a comparé les tarifs pratiqués dans plusieurs villes du pays (voir infographie). Le résultat est favorable aux Bruxellois. Le tarif pratiqué dans la capitale n’a pas évolué depuis 2012.

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Mais d’après Yvan Mayeur, "la situation est devenue intenable". Car des investissements importants vont devoir être réalisés. "En particulier à Bruxelles où 200 kilomètres d’égoûts doivent subir un assainissement". Le coût de l’opération est estimé à 75 millions par an pendant 20 ans, soit une facture totale de près 1,5 milliard. "Nous ne pouvons pas réaliser ces investissements et maintenir l’emploi avec un prix de l’eau aussi bas", affirme-t-il.

 

1.600 personnes travaillent pour Vivaqua. Cette intercommunale va prochainement fusionner avec une autre intercommunale elle aussi active dans le domaine de l’eau: Hydrobru qui emploie, elle, 3 personnes. La fusion a été annoncée hier et devrait être avalisée le 8 novembre par les instances des deux intercommunales. "Cette fusion va rendre les choses plus claires pour les citoyens mais aussi pour les communes qui ne comprennent pas toujours qui fait quoi", indique Yvan Mayeur.

"Aujourd’hui, le prix est fixé politiquement. On n’est pas face à un raisonnement économique mais politique voire électoral."
Yvan Mayeur
Président de Vivaqua

"Une réflexion sur le prix devra être menée"

 

Yvan Mayeur affirme également "qu’à terme, une réflexion sur le prix devra être menée". Celui-ci est fixé par l’autorité régionale. "C’est simple: soit la Région subsidie les investissements soit elle revoit le prix l’eau", explique-t-il. Et de poursuivre: "Aujourd’hui, le prix est fixé politiquement. On n’est pas face à un raisonnement économique mais politique voire électoral", dit-il. Il propose donc de confier la question du prix de l’eau à un organe indépendant de régulation tel que Brugel, le régulateur de l’énergie bruxellois afin de dépolitiser le sujet.

Suite à ces déclarations, la ministre régionale en charge de la politique de l’eau, Céline Fremault (cdH), a réaffirmé qu’elle était opposée à toute hausse des prix. Elle rappelle également à Yvan Mayeur que l’idée de confier les missions de contrôles des prix à Brugel n’est pas neuve. Le texte législatif sera déposé dans les prochains jours sur la table du gouvernement. "Avant de parler d’augmentation des prix, il faut avoir une analyse globale de la situation", indique son cabinet.

Perte de recettes

Plusieurs éléments troublants sont apparus dans le chef de Vivaqua. Premièrement, une perte de recettes de près de 20 millions d’euros qui va intervenir dès 2019. Celle-ci est la conséquence d’un contrat signé entre Vivaqua et l’un des clients, Farys, une intercommunale gantoise. Vivaqua s’est engagé à livrer moins de volume d’eau et à un tarif moins élevé (moins chers que le tarif appliqué aux ménages bruxellois). Ces engagements sont valables jusqu’en… 2038.

À ce manque à gagner, s’ajoute la menace de perdre d’autres clients, dont les communes de la périphérie bruxelloise regroupées dans l’intercommunale (IWVB). "On a essayé de revoir certains contrats mais cela s’avère impossible", a indiqué Yvan Mayeur qui n’était pas président de Vivaqua à l’époque de la signature du contrat avec Farys.

Autre élément qui a suscité de nombreuses interrogations: la création de la filiale Vivaqua Consult, une société commerciale dont la vocation serait de diversifier les activités de Vivaqua afin de trouver de nouvelles sources de revenus. "Tous ces éléments, on les abordera plus tard. Une réorientation de notre stratégie est en cours. Mais ces questions doivent intervenir après la fusion", a réagi Yvan Mayeur. Une analyse a été commandée au bureau d’études KPMG.

Certains s’interrogent sur la gestion de Vivaqua. Par la voix du député régional, Arnaud Pinxteren, Ecolo a régulièrement interpellé la tutelle régionale quant à la nécessité d’une plus grande transparence de Vivaqua sur ses coûts de production. Le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (Défi) reste lui sceptique par rapport au projet de fusion entre Vivaqua et Hydrobru "qui risque de rendre encore plus opaque la structure de coûts alors qu’il y a un réel enjeu sur le prix de l’eau".

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