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Pas de retour à l'équilibre budgétaire à Bruxelles avant 2025

Le parlementaire d'opposition Christophe De Beukelaer (cdH) s'inquiète de l'écart grandissant entre les recettes et les dépenses de la Région bruxelloise.

C'est ce qui ressort du rapport de la Cour des comptes relatif au projet de budget 2022. Pour le député Christophe De Beukelaer (cdH), ce budget qui sous-estime les coûts covid n'est pas réaliste.

Le budget bruxellois 2022 sera discuté ce lundi en commission Finances. Les députés s'appuieront notamment sur le rapport de la Cour des comptes selon lequel le retour à l'équilibre structurel annoncé pour 2024 n'aura lieu qu'en 2025. "C'est un élément qui abîme la crédibilité du gouvernement qui parlait encore il y a quelques semaines de 2024. Cela devient difficile d'avoir confiance dans les données qu'on nous transmet", réagit le député Christophe De Beukelaer (cdH) qui affirme que cela vient s'ajouter aux erreurs sur le compte 2020 et au retrait des recettes de l'hypothétique projet SmartMove.

"Ils partent de nouveau du principe que la crise est derrière nous alors qu'on reparle de télétravail..."
Christophe de Beukelaer (cdH)
Député bruxellois

La Cour ne table toutefois que sur un déficit de 18,2 millions en 2024. "C'est très théorique en effet, mais cela confirme notre sentiment que la trajectoire pluriannuelle n'est pas réaliste. Notamment en raison de la sous-estimation du coût de la crise." Dans le budget 2022, les aides covid ne s'élèvent d'ailleurs qu'à 115,5 millions. "Ils refont la même erreur que l'an dernier. Ils avaient un budget initial de 147 millions qui est passé à 370 millions à l'ajusté. Ils partent de nouveau du principe que la crise est derrière nous alors qu'on reparle de télétravail..."

Comme l'année passée, c'est l'état de la dette qui inquiète particulièrement l'opposition : "Les dépenses augmentent toujours plus vite que les recettes et l'écart qui se creuse est toujours plus grand. C'était déjà le cas avant le covid qui n'a pas amélioré les choses. Cela semble assumé par le gouvernement, donc on ne voit pas comment les choses vont structurellement changer."

8,6
Milliards
Selon la trajectoire pluriannuelle de la Région, la dette directe pourrait atteindre 8,6 milliards d’euros au terme de l’année 2022

La dette directe qui était de 3,4 milliards en 2018 pourrait atteindre 8,6 milliards d’euros au terme de l’année 2022. "Et si l'on tient compte de la dette garantie de 3 milliards d'euros, on atteint en réalité déjà les dix milliards", souligne Christophe De Beukelaer. Et de préciser que les charges d’intérêts de la dette à long terme pour 2022 sont évaluées à 184,1 millions d’euros contre 157,7 millions au budget ajusté 2021, soit une progression de 16,4 % liée à la hausse de l’encours de la dette directe, selon la Cour des comptes.

Rationaliser la fonction publique

Pour l'humaniste, cette gestion budgétaire ne laisse plus à l'exécutif beaucoup de latitude dans ses choix politiques. "Toutes les dépenses diminuent par rapport à 2019, à l'exception du soutien à la Cocom et aux pouvoirs locaux - qui doivent assumer le coût des aides sociales en hausse - et du maintien des budgets en mobilité. "Si au moins l'endettement pouvait servir à financer un plan climat ambitieux avec la preuve d'investissements rentables, mais ce n'est pas un budget qui répond au défi climatique !", déplore Christophe De Beukelaer qui a relevé une hausse de 4 millions de plus pour l'efficacité énergétique, mais le statu quo pour l'environnement et la gestion des déchets.

"Il faut rationaliser les organismes publics qui coûtent 790 millions d'euros par an. Plus personne n'y voit clair."
Christophe De Beukelaer (cdH)
Député bruxellois

L'opposition reproche à la majorité à la fois de s'endetter et de ne pas mener de politiques ambitieuses. Comment résoudre cette équation ? "Il faut rationaliser les organismes publics qui coûtent 790 millions d'euros par an. Plus personne n'y voit clair", répond l'élu cdH qui préconise aussi la mise sur pied d'un budget base zéro, promis par le ministre du Budget Sven Gatz (Open Vld). "Il nous mène en bateau en disant que cela se fait petit à petit. Or, cela nécessite de repartir vraiment de zéro partout comme si on créait la Région aujourd'hui, en justifiant chaque dépense vis-à-vis de la politique à mener. On se donne ensuite deux ans pour mettre ce budget en œuvre, car cela nécessite de remettre en cause des projets et de remanier les équipes."

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