Philippe Close défend le prix des consultances au Heysel

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Philippe Close et Henri Dineur défendent leur bilan et la procédure choisie. Ils reconnaissent des erreurs de parcours, corrigées depuis. Et ils persistent: pour s’entourer d’experts indépendants, il faut y mettre le prix. Et c’est rentable à terme.

Avis de tempête sur le plateau du Heysel. Dans la foulée de l’affaire du Gial, certaines rémunérations et consultances ont atterri sur la place publique. Non sans susciter une nouvelle volée de critiques sur la gestion de la Ville et de ses structures parapubliques, notamment dans la presse néerlandophone.

Le résumé

 

Philippe Close et Henri Dineur défendent leur bilan et la procédure choisie.

Ils reconnaissent des erreurs de parcours, corrigées depuis.

Et ils persistent: pour s’etourer d’experts indépendants, il faut y mettre le prix. Et c’est rentable à terme.


La coupe est pleine pour Philippe Close (PS) et Henri Dineur (PS). Le premier est bourgmestre PS de la Ville et président de l’ASBL Brussels Expo, qui gère le palais des expositions. Le second est aujourd’hui administrateur délégué de la SCRL NEO qui pilote le vaste projet de redéveloppement du plateau du Heysel. On parle ici d’un milliard d’euros d’investissements au bas mot et de 70 hectares de foncier public.

C’est Unibail-Rodamco , associé avec Besix et CFE , qui a emporté le premier marché public. Au programme: un nouveau quartier urbain associant logement, loisirs, infrastructures et équipements publics autour d’un centre commercial. L’enjeu est énorme. Close et Dineur sortent donc du bois. C’est fréquent pour le premier, exceptionnel pour le second.

Entrons dans le vif de la polémique: le statut de Henri Dineur. L’ex-chef cab’ de Charles Picqué et ami de longue date du nouveau bourgmestre de Bruxelles pilote NEO, dont il est administrateur délégué, tout en étant payé par l’ASBL Brussels Expo. "Oui et cela va rester ainsi!, répond Philippe Close. Au départ, je suis engagé pour mener une réflexion sur la localisation de fonctions urbanistiques manquantes (salle de concert, centre de convention) sur le plateau du Heysel, dont Brussels Expo est opérateur historique, ajoute Henri Dineur. Par la suite, le projet prend forme et devient NEO".

"C’est moi qui ai voulu qu’Henri reste à Brussels Expo, ajoute Close. Je ne veux d’ailleurs pas que le lien direct entre la Ville et NEO soit coupé. Brussels Expo est actionnaire minoritaire dans NEO. Il doit d’ailleurs y avoir un lien organique entre les deux. Sinon on s’expose à un risque: créer des outils qui entreraient en concurrence sur le même espace. C’est donc un choix politique. Au Heysel, les fonctions doivent rester complémentaires et sous une seule coupole."

"J’ai une règle: rester sous le plafond imposé aux parlementaires."
Philippe Close
Bourgmestre de Bruxelles

Les salaires octroyés aux directeurs de Brussels Expo relèvent-ils de l’indécence? "Par rapport à quoi?, réagit Philippe Close. Moi, j’ai une règle: rester sous le plafond imposé aux parlementaires (150% de l’indemnité d’un député). J’ai d’ailleurs diminué les salaires dès 2014, sans attendre le bashing actuel. Notre plafond? Environ 185.000 euros bruts par an tout compris." Les quatre patrons de Brussels Expo, dont le CEO Denis Delforge, gagnent entre 170.000 et 190.000 euros par an. Cela ne changera pas.

"Aujourd’hui, la structure Brussels Expo entend devenir un pouvoir adjudicateur et passer des marchés publics", reprend le bourgmestre. Et en attendant cette prochaine étape, l’expertise de Henri Dineur a permis de valider la déconsolidation de NEO, la cinquième à son actif. Version française: les 165 millions réinjectés par la Région bruxelloise dans le projet ne viendront pas grever le budget public grâce à une formule de partage du risque financier. "Henri est un des seuls à avoir réussi ces déconsolidations. C’est un levier financier public précieux", loue le bourgmestre.

Et les consultants externes recrutés par Neo, dont les contrats ont fait l’objet de remarques de la Cour des comptes? Philippe Close répète qu’à l’époque de leur engagement, EXCS, la S.A, dissoute en 2015 et précurseur de la SCRL qui porte aujourd’hui NEO n’était pas soumise à la loi sur les marchés publics. Ce qui est le cas de la SCRL: les contrats – il en reste trois – seront donc régularisés. Quant aux coûts des consultances, Henri Dineur les défend: "À l’époque des recrutements à EXCS, tous les partis étaient présents autour de la table. Il nous fallait une équipe solide, indépendante et discrète." Les services de Paul Delesenne, Raphaël Polet, Thomas Simon et coûtaient alors la bagatelle d’un million par an…

Close: "Cela s’imposait car le projet NEO allait nous mettre face à des requins. Seuls, on se serait plantés. Il fallait protéger le bras public par une petite équipe professionnelle fiable et d’une loyauté totale. Nous avons été chercher des experts, soucieux de l’intérêt général. Le résultat fait preuve: on est parti de 60 millions et à la fin de la négociation, on dispose de 165 millions à réinjecter dans les équipements publics."

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