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Plus aucun moteur diesel ou essence à Bruxelles d'ici 2035

Les jours du moteur thermique à Bruxelles sont comptés. ©EPA

Le moteur thermique sera banni des rues de la capitale d'ici quinze ans. Cela se fera par étapes selon un échéancier actualisé vendredi par le gouvernement bruxellois.

Le gouvernement bruxellois a confirmé vendredi la sortie du diesel en 2030 et de l’essence/LPG en 2035. Les moteurs thermiques seront ainsi bannis des rues de la capitale d’ici quinze ans.

L'objectif principal est d'améliorer la qualité de l'air en ville, à l'image de ce que prévoient d'autres grandes villes européennes (Paris, Londres, Amsterdam, Oslo, Lyon...). À cet égard, l'exécutif se félicite du premier bilan des zones de basses émissions (LEZ) instaurées en 2018. Elles ont permis de réduire d'environ 10% la pollution aux particules fines et d’éviter une centaine de décès prématurés par an.

2025
Seules les voitures diesel/hybrides euro 6 pourront encore rouler à Bruxelles en 2025.

Un nouvel échéancier de sortie de la motorisation thermique a dès lors été avalisé. Il prévoit ainsi que seules les voitures diesel/hybrides euro 6 (immatriculés après août 2019) pourront encore rouler en 2025. En 2028, ne seront plus admis que les véhicules diesel/hybride de la norme euro 6d (immatriculés à partir de 2021).

Le délai est un peu plus long pour les véhicules essence/hybride: les euro 3 (immatriculés après 2005) seront encore autorisés jusqu'en 2027, tandis que les euro 4 (immatriculés après 2010) seront admis jusqu'en 2029 et les euro 6 (immatriculés après août 2019) jusqu'en 2032. 

Les scooters essence seront interdits dès 2025. Ce sera également le cas pour les motos et quads en 2028.

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Mesures d’accompagnement

Un certain nombre de mesures seront adoptées dans les années à venir pour faciliter cette transition. "Il faut que ce soit socialement juste", a insisté le ministre-président Rudi Vervoort (PS).

"Personne ne sera laissé au bord du chemin."
Alain Maron (Ecolo)
Ministre bruxellois de l'Environnement

Ainsi, il y aura des investissements dans les bornes de chargement pour les véhicules électriques. L’objectif est d’atteindre 22.000 bornes à Bruxelles contre… 320 actuellement.

Dans le même ordre, il est prévu un quadruplement du budget alloué à la prime régionale Bruxell’Air pour les particuliers qui laissent tomber la voiture. La prime sera remodelée en fonction des revenus du ménage.

Des investissements massifs seront, par ailleurs, réalisés dans les transports en commun pour fournir une alternative crédible à la voiture. Rien que cette année, la Stib bénéficiera d’1 milliard d’euros d’investissements, principalement pour étendre le réseau et augmenter les fréquences.

"Tout le monde ne peut pas se passer d'une voiture ou acheter sur le pouce un véhicule utilitaire électrique."
Alexia Bertrand
Cheffe de groupe MR au parlement bruxellois

"Personne ne sera laissé au bord du chemin", a assuré le ministre bruxellois de l’Environnement Alain Maron (Ecolo). Il fait référence au prix actuellement très élevé des véhicules électriques. Il se dit confiant qu’avec la généralisation de ce genre de motorisation, les prix vont drastiquement baisser.

"Communication anxiogène"

Dans l’opposition à Bruxelles, le MR, par la voix de la cheffe de groupe Alexia Bertrand, juge l’idée de bannir les véhicules à combustion interne "excellente" mais regrette l’approche "unilatérale". "Tout le monde ne peut pas se passer d'une voiture ou acheter sur le pouce un véhicule utilitaire électrique. (…) Cette communication est particulièrement anxiogène pour la population en l'absence d'alternatives concrètes."

Le cdH, également dans l’opposition, pointe "l’absence d’alternatives crédibles et cohérentes pour les Bruxellois et les navetteurs". Le cdH se demande par ailleurs si le gouvernement bruxellois tient compte des émissions directes et indirectes des véhicules électriques (construction, recharge selon le type d’énergie utilisée,…).

Plus étonnant, la fédération PS du Brabant wallon reproche au gouvernement bruxellois (où siège le PS) d’avancer sans se concerter avec les autres entités fédérées, "comme s’il était seul sur son île déserte".

"Simplisme et cynisme"

Les secteurs concernés se montrent au moins aussi circonspects. Interdire aux citoyens d'utiliser une voiture diesel à partir de 2030, puis essence à partir de 2035, "c'est allier simplisme et cynisme", estime Mobia, la fédération regroupant Febiac (constructeurs et importateurs automobiles), Renta (loueurs de véhicules) et Traxio (réparation automobile).

"Simpliste dès lors que l'on ne connaît encore rien des progrès dont va bénéficier le moteur thermique haute technologie à haut rendement, ni des carburants synthétiques zéro émission", souligne Andreas Cremer, administrateur délégué de la Febiac.

"Rien ne garantit qu'il y aura une offre suffisante et abordable de véhicules à émissions zéro."
Stefan Delaet
Renta, fédération des loueurs de véhicules

Stefan Delaet, patron de Renta, note que "rien ne garantit qu'il y aura une offre suffisante et abordable de véhicules à émissions zéro pour les particuliers d'ici 2030. En conséquence, la mobilité individuelle motorisée risque d'être réservée à ceux qui en ont encore les moyens."

L’ONG environnementale Greenpeace juge au contraire que Bruxelles n’est pas assez ambitieuse et aurait dû, comme Amsterdam et Oslo, viser 2030 au lieu de 2035 pour éliminer les moteurs thermiques.

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